Cachées dans un petit pot en céramique, près de l’église du village de Lalbenque Lot, les pièces noircies par le temps se sont révélées être un trésor de monnaies précieuses du XIIIe siècle. Ce qui devait être de rapides fouilles préventives de neuf jours autour de l’église Saint-Quirin du petit village de Lalbenque, dans le Lot, a finalement abouti à de bien belles découvertes… Les archéologues ont mis au jour plus de 200 pièces de monnaie, des deniers de Cahors et de Rodez, les deux villes historiques importantes aux alentours. En alliage cuivreux, elles dateraient du XIIIe ou XIVe siècle. Une datation précise sera apportée par l’étude numismatique. Un petit pot de terre Elles auraient pu ne jamais être découvertes. Les fouilles avaient été commandées dans le cadre d’un diagnostic préventif, comme cela est l’usage lorsque des travaux routiers, immobiliers ou industriels concernent le sol et les sous-sols. Comme l’explique Éric Labastie, archéologue en charge du chantier pour la cellule départementale d’archéologie du Lot, ce n’est que deux jours après la découverte d’un petit pot de céramique, de type ordinaire, d’une dizaine de centimètres de diamètre, que le trésor a fait son apparition. Le nettoyage a permis de le débarrasser de la gangue de terre dans lequel il était pris, révélant la surface noircie par l’oxydation de ses pièces en alliage cuivreux argenté. Sur les surfaces internes du pot, l’empreinte d’un tissage disparu laisse supposer aux archéologues que le précieux magot avait été placé dans une bourse ou une poche en tissu. À premier vue, il s’agirait sans doute d’un trésor dit de thésaurisation », un mode de stockage et d’enfouissement des richesses généralement lié à un contexte d’insécurité guerre civile, troubles ruraux, crise politique, etc. ou de dévaluation de la monnaie, par exemple. On distingue notamment ce type de trésor de ceux mis au jour dans une sépulture et dû à une pratique funéraire. Les fouilles avaient été commandées dans le cadre d’un diagnostic préventif ©️Thomas Campagne/Département du Lot Lors des fouilles, les archéologues ont également trouvé d’autres éléments dignes d’intérêts des vestiges de bâtiments et d’enclos ainsi que des traces de sépultures. Un cimetière pourrait avoir été présent sur le site jusqu’au début du XXe siècle. À l’issue de ces dernières découvertes archéologiques, le village de Lalbenque, célèbre pour son marché de truffes noires, a décidé d’aménager un amphithéâtre en plein air autour du site de fouilles. Les archéologues ont découvert le petit pot de céramique à proximité de l’église Saint-Quirin ©️Thomas Campagne/Département du Lot Le Lot, terre d’archéologie La région du Lot est habitée depuis l’époque préhistorique et Cahors, durant la période gallo-romaine, était une ville prospère de l’Empire. Le Quercy, ancien diocèse de Cahors, appartenait au Moyen Âge au puissant comté de Toulouse. La répression de l’hérésie cathare, les conflits de la guerre de Cent Ans ou encore les ravages de la peste noire pour ne parler que du XIIIe siècle ! y ont laissé de nombreuses traces qu’archéologues et historiens s’emploient à redécouvrir et à comprendre. En octobre dernier, un colloque organisé par la Direction régionale des affaires culturelles d’Occitanie service régional de l’archéologie, le Département du Lot, la Ville de Cahors et l’Institut national de recherches archéologiques préventives Inrap faisait le point sur les nombreuses découvertes archéologiques de ces dernières années dans la seule ville de Cahors, dont le passé antique, médiéval et moderne ne cesse de se révéler. En 2019, c’est un sarcophage mérovingien, datant du VIIe siècle, qui avait été découvert au cœur de la ville. Cinq ans plus tôt, dans un bois de Montauriol, quatre promeneurs avaient découvert un autre trésor de près de 200 monnaies celtiques en argent.Dansun amphithéâtre Y’avait un macchabée Qui sentait fort des pieds Ce macchabée disait Ce macchabée gueulait « Ah ! c’qu’on s’emmerde ici » On va le disséquer Avec un spéculum On en f’ra du pâté Qui nous f’ra dégueuler. 27 Au travers de l’euphémisme de la puanteur des pieds, c’est, d’une part, la prégnance de la pestilence qui est ici encore soulignée en I. — LES JUIFS. De toutes les entreprises dirigées contre Dieu, il n'en est pas de plus odieuse et de plus ridicule que la prétention des Juifs à le représenter sur terre. Un seul Dieu, le nôtre ; un seul temple, le nôtre ; un seul peuple, le nôtre, voilà toute la religion des Juifs. On s'explique qu'avec une telle foi, exclusive de tout le reste de l'humanité, les Juifs n'aient jamais pu trouver le chemin du cœur, et que, pour les admettre dans la grande famille sociale, on ait été si souvent obligé d'en appeler de l'instinct à la raison, et du préjugé à la justice. Dieu a fait la terre pour les hommes, et comme elle est toute petite en comparaison de lui, ils se sont rencontrés dès les premiers jours. Pour des sauvages, se rencontrer, c'est se battre. Pour les gens civilisés, se battre, c'est se fondre. Les nations se forment de peuplades fatiguées d'être tribus, de tribus lasses d*être familles. Emportées par un mouvement dont nous ne percevons que les effets, elles capitulent selon la loi du plus fort, les unes s'affaiblissant par la victoire, les autres se fortifiant par la défaite, car il n'est pas de règle en ces hautes matières. Entre tous les peuples anciens dont l'histoire nous intéresse ou nous éblouit, un seul nous inquiète et nous étonne c'est le juif. Le mystère de ses origines est pour peu dans le sentiment de curiosité qu'il nous cause. Il n'importe qu'il vienne de Crète, de l'Inde, de la feue Atlantide ou de plus loin encore. Ce qui nous frappe, absolument comme dans un animal, c'est la faculté qu'il a de se hérisser, de se mettre en boule, et de rouler toujours sans s'user jamais. Avec cela, un pouvoir inouï de résistance et d'envahissement ; c'est là dureté du kyste combinée avec l'avidité du cancer. Presque toujours vaincus sauf quand ils combattent contre eux-mêmes, esclaves ou maîtres, le plus souvent parasites, quelquefois exportés tout entiers comme une cargaison de chair et d'os, ruinés chez eux, ruinant les autres, en quelque état que la fortune les ait mis, les Juifs font carrière dans l'exil et fortune dans la misère. On les opprime, on ne les comprime pas. On les écrase, on ne les détruit pas ; on les humilie, on ne les abaisse pas ; même quand on les dépouille, on ne les appauvrit pas. Et ce serait un spectacle étrangement beau que l'histoire des Juifs, si l'on y pouvait découvrir une seule page je ne dirai pas d'amour, mais de considération pour les autres hommes. Ils ont répandu autour d'eux une telle semence de haine que cette semence germe encore après trente siècles écoulés. Les Grecs sont les premiers qui aient essayé de les réduire autrement que par les armes. Toutefois il leur fallut longtemps pour monter jusqu'à la Ville Sainte où était l'âme des Juifs, enfermée dans le Temple et dans la Loi. On les vit d'abord dans les colonies d'Alexandre comme Pella, Mygdonie, Piérie, Gérasa, Dium, mais la Galilée leur resta close. Lorsque la domination de Rome se fît sentir dans l'Orient, l'influence grecque diminua politiquement, mais elle avait déjà pénétré la langue, malgré la réaction des synagogues. Un peu delà pensée hellénique, plus claire, plus douce,, se glissait dans ces têtes aussi dures que la dure assiette du Temple. Il y eut d'heureux scandales un grand prêtre helléniste ; un autre encore ; une citadelle grecque en face de Sion, avec Jupiter Olympien dans le temple ; puis, malgré les Macchabées, des monnaies judéo-grecques, et, malgré le vieux parti pharisien, une certaine détente d'idées et de mœurs, la joie du boire, du manger et du reste montrant le nez dans des livres à demi sacrés comme l'Ecclésiaste. Lorsque la traduction en grec des livres dits saints fut décidée, il se trouva dans chaque tribu six hommes sachant assez la langue pour faire ce travail difficile. Le courant était devenu assez fort, un siècle avant Tibère, pour donner la couleur hellène à une société religieuse d'origine juive, celle des Esséniens. Il semble qu'on y ait enseigné le grec, puisque l'historien Josèphe fut leur disciple pendant trois ans et qu'il les quitta parlant cette langue et l'écrivant comme la maternelle. Semblables pour les mœurs aux caloyers des Iles ioniennes, les Esséniens avaient mis la mer Morte entre Jérusalem et eux, vivant du travail commun dans une commune discipline, pacifique confrérie d'environ quatre mille individus dont on ne soupçonnerait même pas l'existence si deux Juifs hellènes, Josèphe et Philon, et Pline, Romain trempé d'hellénisme, ne nous en avaient curieusement parlé Josèphe, avec une certaine reconnaissance[1]. Les Juifs d'Egypte, les Alexandrins surtout, sans cesser d'être Juifs étaient moins farouches que ceux de Jérusalem. Ceux-ci, par contre, s'étaient rejetés au fond du pharisaïsme, prétendant détenir le secret des textes hébreux, revendiquant le monopole des interprétations vraies, s'indignant au dedans d'eux-mêmes que ceux d'Alexandrie s'ingérassent d'en discuter, de les révéler dans une langue impie. Sans doute, lorsque les Juifs d'Alexandrie venaient au Temple adorer le vrai Dieu, les mains pleines de présents, ils étaient accueillis comme des frères, mais comme des cadets qui ne doivent parler qu,après les aînés, et plus bas, à la table de famille. II. — L'ESPÉRANCE D'ISRAËL. Je n'ai point à chercher si l'exécration encourue par les Juifs — c'est le mot d'Isaïe — a des causes ethniques[2]. Mais j'ai à chercher si elle en a de religieuses, et j'en trouve une qui rentre dans mon sujet, car elle appartient à l'histoire c'est l'idée de la prédestination des Juifs à gouverner le monde. Cette idée se traduit au dehors et au dedans par cette formule très simple Dieu nous a faits maîtres des hommes, et il le prouvera un jour par son Christ. L'idée christienne a varié avec les temps. Elle a été plus ou moins aiguë, plus ou moins lancinante pour quelques-uns, minorité infime, ère de réparation, mais tellement sûre que les païens eux-mêmes y sont tolérés après circoncision ; pour la plupart, ère vengeresse où le Juif tient tous les autres hommes sous le talon. La personne du Christ est souvent absente ; Dieu n'a pas besoin de Messie, il fait ses affaires lui-même. Seul son Jugement est certain, jugement fait d'avance, dicté par les prophètes et tout entier en faveur des Juifs, à part quelques apostats et quelques impies équitablement précipités dans l'enfer. Petit à petit, l'idée prend corps dans un envoyé de Dieu qui détient pour plus ou moins de temps, avec des attributions plus ou moins étendues, une parcelle du pouvoir divin, puis grandit dans les imaginations surchauffées, occupe toute la terre et tout le ciel, cachant un peu Iahvé par sa stature colossale. Tout Juif portait en lui l'idée christienne comme en vase clos. Au point où elle était sous Auguste, il ne restait plus qu'à régler protocolairement la réception du Messie in persona et specie. Il était d'autant plus -attendu qu'il était nécessaire. Qu'un Messie dût venir, pas un Juif n'en doutait. Mais sous quelle forme, avec quels pouvoirs, à quelle époque et pour combien de temps ? Autant de questions sur lesquelles on se divisait. Et comme toujours on revenait aux prophètes, divisés eux-mêmes sur son rôle et sur sa personne. Une fois venu, que fera-t-il ? Sera-t-il le Christ-Epée, le grand Messie régnant sur le monde enjuivé ? Sera-t-il un peu moins le Messie pratique qui commence par libérer le territoire, quitte à aviser ensuite ? Sera-t-il le Messie-Juge partial, bien entendu qu'a entrevu le Psalmiste ? Voilà sur quoi les Juifs pouvaient différer d'opinion selon leur tempérament ou leur éducation. Ce qu'il importe de savoir, c'est si, avant la confection du Jésus des Evangiles, ils avaient entrevu le Christ-Martyr, contraire à toutes leurs Ecritures, voire celles d'Isaïe, à toutes leurs espérances, à la définition même du Messie. Nulle part ce pis-aller n'eût été plus déplacé que parmi les Galiléens, chez qui s'incarnait l'idée d'intransigeance patriotique. Là il eût été non -seulement anormal, mais impie, injurieux. Un Messie-Martyr eût été un monstre, une Bête comme aucune Apocalypse n'en avait entrevu dans ses cauchemars les plus effroyables. Car, dans leur soif de puissance encore plus que de liberté, les Juifs étaient allés jusqu'à donner le nom de messie à un païen qui les avait servis. Dans Isaïe Iahvé appellera Cyrus son soldat et son christ, bien que Cyrus s'incline devant d'autres dieux ; mais il a obligé les fils d'Israël, il les a renvoyés dans leur maison, cela suffit Je te ceins, dit Iahvé, alors même que tu m'ignores ! Un Juif hardi pouvait donc réclamer pour lui, fils d'Israël ou de Juda, le nom que Iahvé avait donné à un païen par la bouche d'Isaïe, mais ce nom une fois pris, il fallait le mener à la victoire. C'est surtout pendant les occupations étrangères, les captivités, les servitudes que le christianisme s'exaspère. Lorsqu'avec Pompée, Rome s'établit sur la terre juive, la Louve fut une Bête nouvelle — la Bête de l'Apocalypse — dont les Juifs firent le tour avec une curiosité indignée. Les Écritures l'avaient prévue et annoncée, cette Bête vomie par l'Occident, mais il y a des choses qu'on ne croit qu'en les voyant. Toutes les autres Bêtes étaient venues d'Assyrie, de Macédoine ou d'Egypte on était habitué à leur poil et à leur cri, mais là vraiment, Bête nouvelle, Bête hérissée de crocs, de griffes, armée d'une gueule d'où sortait un bruit atroce, la langue des tribuns, des centurions et des aquilifères. Dans l'arsenal des docteurs et des scribes, aucun christ capable de lutter contre cette Bête-là, contre ce Dragon de pourpre et de fer dont la queue s'appuyait sur la pointe des îles britanniques. Des trois sectes qui se partageaient la Judée, deux sont avant tout des partis politiques. Nous défalquons les Esséniens qui, vivant reclus, peu nombreux en somme et plus vénérés que puissants, goûtent, au milieu des pires tourmentes juives, les douceurs de la vie agreste et de la retraite volontaire. Les Saducéens sont un clan de grandes familles, une caste plutôt qu'une secte. Tout leur est bon, le grec et le romain, pourvu qu'ils soient aux places, et que, faisant le sanhédrin, ils le gouvernent. Juifs d'abord, cela est évident, mais de sentiment patricien, étrangers au peuple et cherchant secours n'importe où pour posséder, conserver et conduire. Les Romains trouvèrent en eux des hommes tout prêts à partager les profits et à contenir par en haut ces bourgeois de Pharisiens qui d'en bas, appuyés sur la masse, montaient à Tassant des charges et gagnaient chaque année quelques échelons. Certains de ces Pharisiens, plongeant dans le peuple par les racines, avaient fini par se nouer avec lui, épousant ses haines, compatissant à ses misères, s'enfonçant en terre juive profondément pour y pomper quelque sève inconnue. Les Pharisiens, qui professaient l'idéal patriotique de toute la nation, se fussent contentés d'un messie davidique, d'un descendant quelconque de ce Napoléon juif à qui Iahvé avait fait de si magnifiques promesses. Un héros guerrier qui ne pactisât point avec Rome eût suffi à toutes leurs ambitions, et même ils lui eussent pardonné quelques-uns des vices d'Hérode pourvu que sa filiation fût régulièrement établie. Voilà le messie qu'attendaient la plupart des Juifs messie capable de plusieurs choses réservées à Iahvé. Le Dieu des Juifs n'avait certainement pas son compte dans ce messie-là, mais les Pharisiens y eussent trouvé le leur. Ils n'en entrevoyaient pas d'autre qui pût leur rendre le gouvernement du Temple passé aux Saducéens. Que d'horribles visions Rome avait réveillées ! Le Temple pillé sous Antiochus Epiphane, les sacrifices abolis pendant plus de trois ans, la circoncision défendue, et, chose pire que tout, la plus impure des bêtes, le pourceau sacrifié sur l'autel au lieu de l'agneau sans tache ; un second Temple bâti dans Héliopolis, comme s'il y avait deux Iahvé, deux peuples juifs ! Jérusalem assiégée de nouveau sous Hircan, cet Hircan obligé de violer la tombe de David qui contenait trois mille talents pour en donner trois cents à Antiochus, et achetant le salut de la ville au prix d'un sacrilège ; Pompée emportant le Temple d'assaut, les sacrificateurs immolés en vaquant aux choses saintes ; les barbares pénétrant dans le Saint des Saints, violant Dieu ; le chandelier, les lampes, la table d'or, les vaisseaux d'or pour les encensements, les parfums, le trésor sacré, souillés par leurs regards profanes ; tout l'or du Temple, avec les deux mille talents que Pompée n'aVait pas pris, enlevé par Crassus ; Jérusalem assiégée de nouveau par Félix, puis par Antigone, prétendant assisté des barbares, et cette fois, la bataille livrée en plein marché, le camp ennemi posé en plein Temple, la ville occupée par les Parthes ! Pour comble de misère, Jérusalem assiégée par Hérode pendant cinq mois avec l'appui des Romains ; le roi de Judée obligé de conquérir sa capitale sur d'autres Juifs, puis de défendre le Temple contre l'indiscrète badauderie des troupes romaines associées à sa victoire ! Enfin ne suffisait-il pas d'avoir des yeux pour comprendre qu'Hérode, le dernier roi qui méritât ce titre, n'avait pu constituer son royaume que par la grâce d'Auguste succédant à celle d'Antoine ? La Judée ne se survivait à elle-même que par la pitié des Romains. III. — LE REFUGE DU FANATISME. Blessé par ces spectacles offensants, le fanatisme s'était réfugié soit en Galilée, la vieille Terre promise, la terre de lait et de miel, la terre de vin et d'huile, le Jardin et le Grenier de la Judée, soit dans les districts forestiers de TransJordanie. Vaillants, batailleurs même, ici bateliers habiles, là rudes bûcherons, les Galiléens étaient bien près de considérer le Carmel, qui avait été à eux avant d'être aux Tyriens, et le Basan, le Basan surtout, comme leurs montagnes saintes, rivales du Garizim samaritain et de Sion. Supportant mal les limites que la politique leur avait assignées, ils aimaient à franchir celles que la nature leur dessinait entre la Phénicie qui leur cachait la mer, les montagnes qui leur barraient la Syrie, le Grand Champ qui les séparait de la Samarie, le lac de Génézareth et le Jourdain qui les baignaient à l'orient. L'idée messianique flambait en Galilée, l'attaque et la fuite étant plus faciles à cause de la montagne au nord, et du désert à l'est. Jamais de révolte au sud, serré entre les légions de Césarée et celles d'Egypte, point de refuge dans les villes du littoral toutes grecques ou toutes phéniciennes et qui avaient l'horreur du Juif ; l'émeute gronde toujours dans le pays adossé aux cavernes et aux forêts du Liban, et qui s'ouvre à l'Orient sur l'immensité du désert. Le bûcheron avec sa cognée, le pêcheur avec sa rame, le moissonneur avec sa faux, voilà les soldats de l'idée ; leur cœur se soulève quand une cuirasse romaine fait une lueur de cuivre sur le fond vert des oliviers. La grande voie qui monte vers Damas traverse le pays avec sa cohue de marchands païens où qu'on se tourne, c'est Satan qui passe. Il n'y a pas là que des paysans exaltés. La Galilée n'avait point cessé d'être un repaire de brigands, toujours bien armés de belles armes qu'on trempait au Jourdain. Hérode qui très jeune en avait eu le gouvernement, du temps de César, avait fort agi contre eux, et laissé le souvenir d'un homme qui entendait mal la liberté du pillage. Et plus tard, la figure d'Hérode fut l'épouvantail des montagnards galiléens, un croquemitaine pour les enfants de cette gent émeutière et dévotieuse. C'est en Galilée qu'Hérode avait grandi dans l'esprit des Juifs et s'était insinué dans la confiance des Romains, allant au-devant du tribut par des cadeaux, achetant la couronne sur les produits de la contrée. C'est par la Galilée qu'il rentra en Palestine, quand de Rome il revint roi. Il retrouva les mêmes hommes de caverne, à qui l'air de l'indépendance semblait aussi important qu'à Hérode la couronne de Judée, bandits luttant à force ouverte contre tout le monde Romains, Tyriens, Séphoritains et Galiléens de plat pays, rebelles à tous et souvent à leurs chefs, escarpés comme leurs montagnes, altiers comme leurs cèdres il n'eut raison de ces troglodytes qu'en les murant ou en les faisant cuire. Tandis que le Temple, reconstruit par lui en la quinzième année de son règne, veillait de loin sur la religion de Moïse, il semblait, à voir les villes nouvelles et leurs monuments païens, que Jérusalem fût vouée à Auguste et la Judée au Sénat. Les vieux noms hébreux s'effaçaient de la carte et des plans ce n'étaient que Césaréon, Agrippion, Sébaste, Césarée à Sébaste un temple d'Auguste s'éleva ; à Panéas, un autre tout de marbre blanc, d'autres encore la Tour de Straton, hier rade ouverte et battue par les vents d'Afrique, devient, sous le nom de Césarée, un Pirée juif, avec un peu de la splendeur romaine, des statues d'Auguste et de Rome, un théâtre, un amphithéâtre, une ville neuve où Israël se cogne dans Rome et culbute dans Athènes. Magnifique, voire au dehors, Hérode avait comme redoré le blason juif dans les îles, dans les grandes villes de Syrie, de Grèce même. En mourant il laissera aux Juifs le souvenir d'un roi tolérant pour les païens, aux Galiléens celui d'un tyran monstrueux et, qui sait ? capable de trahir Sion pour le Palatin. Superbe en tout même en forfaits, aïeul de Barbe-Bleue, avec les neuf femmes qu'il eut, fécond en assassinats, personne ne fut plus criminel envers ses enfants, personne n'eut d'enfants plus criminels envers leur père et envers eux-mêmes. Par le père, par les enfants, par les serviteurs, la famille d'Hérode fut l'école de toutes les cruautés. La fameuse prophétie de Jacob Le sceptre ne se départira point de Juda, ni le Législateur Moïse, image de la Loi d'entre ses pieds jusqu'à ce que le Scilo Christ vienne, avait reçu des démentis répétés. Depuis la captivité de Babylone, il n'y avait eu de Juda que Zorobabel après quoi, sceptre et Loi, tout était allé de mal en pis pour la tribu qui pourtant avait absorbé toutes les autres dans le grand nom de Judée. Le sceptre et la Loi s'étaient départis de Juda pour passer aux Asmonéens et aux Iduméens, on allait voir les Romains réclamer le serment et l'impôt. Et le Scilo ne tenait pas ! Il était temps que Iahvé suscitât un messie qui fit cesser cette abomination. C'était bien le moins qu'avant de régner sur les autres hommes le Messie qu'on pourrait appeler constitutionnel, commençât par délivrer les Juifs des Hérodiens et des Romains. On se fût contenté de celui qui aurait commencé par là, un messie libérateur du territoire, Hérode n'étant au fond qu'un préposé de la puissance romaine, vivant à la romaine, le plus souvent hors de Jérusalem ou dans des villes façonnées à la romaine, avec des théâtres et des cirques. Les Juifs, qui avaient le sentiment national, regardaient ce roi nominal comme un vendu, un fermier-général couronné, un roi-publicain. Il y eut de la poussière messianique au-dessus du Jourdain on en était comme aveuglé. Chacun put espérer se faire roi-prophète pour commencer. Pour détourner les prophéties de leur sens, il suffisait d'en effacer la date. Alors elles revivaient, rajeunissaient. Les plus vieilles, n'ayant plus d'âge, redevenaient fraîches, dataient d'hier, bonnes pour aujourd'hui et pour demain. Point de Juif de basse naissance qui n'y pût trouver une phrase pour lui, passer ainsi de la charrue à l'épée, sauter de l'étable au palais. Un berger, un gardeur de moutons pouvait, sans ridicule, jeter son bâton au vent et lever des hommes pour assaillir le trône vacant de David. Il y avait toujours dans le village de petits prophètes assez grands pour lui trouver les signes et le proclamer Oint. Messie d'occasion, l'occasion en débarrassait la terre. Coq de village, il perdait la crête au village voisin où se levait un autre messie combats de coqs. Le pauvre messie, les yeux crevés, les pattes en sang, gisait devant la haie qui donnait de l'ombre à ses bêtes. IV. — JEHOUDDA LE GAULONITE. En ces temps désespérés, Auguste étant maître du monde, un homme de la tribu de Lévi, nommé Jehoudda eut des Révélations. Il était du même sang qu'Abia, fils de Samuel, et, d'autre part, il descendait du roi David. Juif complet, il pouvait prétendre à la grande-prêtrise et à la couronne. Né dans un bourg de Gaulanitide, Gamala, nid de vautours haut perché sur la rive orientale du lac de Génézareth, il avait grandi sous Hérode, sa famille avait souffert d'Hérode, gouverneur de la Galilée, elle souffrit d'Hérode, roi de Judée, elle souffrira de tous les fils d'Hérode l'ennemi, ce n'était pas seulement César, c'était Hérode, l'esclave iduméen affranchi par Rome. Ces Iduméens n'avaient embrassé le judaïsme que par force sous Hircan c'étaient des profanes et des usurpateurs. On a accusé Antipas, père d'Hérode, d'avoir adoré Apollon dans Ascalon. Iahvé retirait sa main de son peuple, et il semblait que, condamnant tous les prophètes qui promettaient aux Juifs l'empire du monde, il n'écoutât plus que la voix de Balaam, ce misérable devin de Chaldée. Une fureur jalouse s'alluma dans le cœur de Jehoudda lorsque, crevant les murs du vieux Temple, Hérode édifia le Iahvé-Palace qui fit l'admiration de tous les Juifs jusqu'à la chute de Jérusalem. Jadis face à l'orient, l'entrée était maintenant au sud, tournée vers le pays natal d'Hérode. Israël passait après Edom. La terrasse orientale, l'aire sacrée sur laquelle s'élevait le Portique de Salomon, c'était maintenant la Cour des Gentils. Les païens foulant aux pieds la terrasse par où le soleil entrait dans le Temple, quelle impiété ! Plan, élévation, contenance, tout cela était dans Ezéchiel ; de quel droit, changeant le sens de la construction, l'iduméen faisait-il de l'entrée principale une porte de côté, de l'aire aux Juifs une cour de Goym ? Moïse avait tourné le tabernacle vers l'orient, afin qu'à son lever la gloire du Seigneur y lançât ses premiers rayons ; Hérode avait trahi la Loi en le plaçant face au sud, et les prêtres avaient laissé faire ! Au lieu de présenter la figure à l'occident pour adorer, comme le voulait Ezéchiel, on allait la présenter au nord. Ce jour-là, le Seigneur devint, comme dit l'Évangile, la pierre que les bâtisseurs ont rejetée, et le Temple hérodien fut la maison maudite sur laquelle il avait à venger l'affront qui lui était fait. V. — LA RÉVÉLATION DU VERBE-CORPS. Evincé du trône et de l'autel par Hérode, entraîné par les doctrines d'un certain Joshua ben Peraia, dont on ne sait rien sinon qu'il était versé dans toutes sortes de kabbales[3], Jehoudda chercha le sens secret des Ecritures juives, le sens de derrière la lettre, celui qui échappait aux Saducéens ou que les Saducéens ne voulaient pas voir. A côté de la Loi, des Prophètes et de quelques livres historiques, comme les Rois, il y avait des livres hermétiques, joanniques, des livres d'initiation à certains mystères des Écritures. Ce sont les Livres d'Ieou ou Iaô[4], c'est-à-dire les Révélations d'Iaô à ses Iaôannès — d'où est venu le nom de Joannès — depuis le commencement du monde, avant et après le déluge. Ces livres avaient été faits à l'imitation des livres chaldéens de même nature, avec cette différence que toutes les Révélations d'Iaôannès étaient à l'avantage des Juifs, et on ne les conçoit point autrement. Jamblique parle de vingt mille discours placés sous le nom d'Hermès ! Les Juifs n'en avaient mis que deux ou trois sous le nom d'Iaôannès. C'était peu, mais grâce à leur industrie, tout le christianisme en est sorti. Dans tous ces Livres même définition de Ieou, la lumière universelle, qui deviendra Iaou, Iahvé, Iaoua, Jehovah ; même définition de son Fils, le Théanthrope solaire, qui deviendra le Fils de l'homme de l'Apocalypse et le Jésus de l'Evangile. Tout ce que le Verbe dira dans l'Apocalypse Je suis le commencement, le milieu et la fin ; je suis celui qui est, qui a été, qui sera ; je suis l'Aleph et le Thav l'Alpha et l'Oméga des traductions grecques, vient des Livres de Iâo. Le Joannès de l'Apocalypse n'a fait que transcrire sur le papyrus ce que les ouvriers égyptiens stylés par les prêtres avaient partout gravé dans la pierre. Les variations du Quatrième Évangile sur le Verbe procèdent de ces formules éternelles[5]. Sur les stèles, le Soleil est le Premier-né, le Fils de Dieu, le Verbe de Dieu. Sur une muraille du temple de Philœ, sur la porte du Temple de Medinet-Abou, on lit, tracée quinze siècles avant Jehoudda, la définition du Verbe par le Quatrième Évangile C'est lui qui a fait tout ce qui est, et rien n'a été fait sans lui jamais[6]. Quoi de plus clair que cette définition, et comment ne pas voir immédiatement dans Jésus la personnification allégorique du Théanthrope solaire ? A qui les scribes essaient-ils de faire croire que Jésus est la véritable lumière qui éclaire tout homme venant au monde, que ce monde même a été créé par lui, s'il n'est lui-même le Verbe incarné ? Je m'adresse aux gens de sens rassis et je leur demande s'ils pensent qu'un Juif ait paru sous Tibère, disant de lui-même Je suis la lumière et la vie, sans que les autres Juifs engagés dans cette solennelle proposition n'aient immédiatement compris que ce personnage était descendu tout exprès du ciel pour la démontrer par des miracles allégoriques. Appuyé sur la vieille cosmogonie chaldéenne, sur l'astrologie et sur les Ecritures, Jehoudda codifia en quelque sorte la superstition du Christ céleste. Que le Christ fût un Verbe-corps, on n'en saurait douter quand on le voit converser dans le Paradis terrestre avec Adam et Eve, avec Caïn, avant, pendant, après le déluge, avec Noé, avec Abraham, avec Moïse et avec tous les prophètes. Que l'homme fût à sa ressemblance, on en pouvait douter quand on regardait un païen, mais on en était sûr quand on regardait un Juif. Moïse a vu quelqu'un et qui lui a parlé. Le Père ? Non. Qui eût commandé au monde pendant que le Père parlait à Moïse ? Mais le Verbe du Père. Et le Verbe est de chair puisque le Père est vivant. Sa chair est de feu, comme celle du Père. A la fois corps et feu, Homme de feu en un mot. Jehoudda le vit assez distinctement pour décrire sa forme, sa figure, ses vêtements, ses outils et ses armes[7]. Entre Juifs on l'appelait le Fils de l'homme comme s'il était de la famille, et en effet il en était le chef. Ces idées nous étonnent, nous avons peine à croire qu'il se soit trouvé des mortels pour les professer. S'ils pouvaient revivre, c'est nous qui les étonnerions. Dieu est chair ab æterno ! s'écrie Apollinaris, au quatrième siècle. Et Rien n'est uni à Dieu comme la chair du Christ ![8] Il est distinct du Père, puisqu'il est son Fils, et bi-sexuel, puisqu'Adam, formé à son image, était mâle et femelle[9]. Sans doute Adam n'était pas de la même substance, puisqu'il y a en lui de la terre et de Peau, mais il avait été créé immortel et il vivrait encore, s'il n'avait point écouté Satan. Le Christ peut refaire ce qu'ont défait Adam-Eve et Satan. Le Père n'a qu'à le lui commander, et il rendra l'immortalité aux Juifs. VI. — LE MILLÉNARISME. A l'instar des Mages Jehoudda estimait que Dieu avait divisé son Œuvre en Douze Cycles millénaires divisés eux-mêmes en deux groupes de six mille ans, — l'un avant, l'autre après la création de l'homme, — de manière que la consommation de l'Œuvre, l'homme compris, fût renfermée dans les Douze Cycles. Jehoudda n'inventait rien. Il empruntait ses grandes lignes aux Genèses chaldéennes. Celle des Hébreux n'en est qu'une version plus ou moins fidèle. Ces thèmes de Création et de Consommation admettent que la Genèse a pris six jours, et que dans ce calcul mille ans sont comme un jour et un jour comme mille ans. Ayant été créé le sixième jour, Adam représentait à lui seul le septième Mille, et il aurait vécu éternellement si sa moitié féminine, séparée de lui par Dieu, n'avait pas cédé au Serpent faute irréparable qui avait amené Dieu d'abord à chasser le couple du Ciel-sur-terre ou Paradis terrestre, et ensuite à noyer ce Paradis dans le déluge. L'Arbre de l'Eden était éternel, et c'est pour avoir mangé de son fruit qu'Adam n'avait pas atteint mille ans. Le jour où tu en mangeras, tu mourras, lui avait dit Dieu. Ainsi l'entend Isaïe lorsqu'il prédit un ciel nouveau, une terre nouvelle et le retour des jours de l'Arbre les jours de mon peuple seront comme ceux de l'Arbre, des jours de mille ans[10]. La Juive que, moins d'un siècle après la mort de Jehoudda, Juvénal décrira lisant dans les lignes de la main, interprète de l'Arbre, dit-il, c'est la millénariste du pavé de Rome sous Domitien. Certains Psaumes de David s'inspirent de la même théorie[11], point de départ de tout le christianisme. L'Eglise a rejeté du canon la Lettre de Barnabé d'où il résulte que le millénarisme était la doctrine dominante des temps apostoliques, mais nous avons mieux que la lettre de Barnabé ; dans l'Apocalypse nous avons le manifeste des apôtres, et la Lettre de Pierre est d'un millénariste imbu de la tradition jehouddique. Sur les six premiers Mille correspondant aux six premiers jours, tous étaient d'accord, même ceux qui assignaient treize, quatorze ou quinze mille ans à la durée du monde. En restant avec les Chaldéens et les Sabéens, Jehoudda s'enferme dans le cadre duodécimal qui lui est imparti par le cours du soleil à travers le Zodiaque douze signes, douze mois, douze cycles. Ces six mille ans avaient été des temps de lumière, gouvernés par les bons principes, et ils étaient représentés sur le Zodiaque par les signes du printemps et de l'été. Ils étaient dits Mille d'Ieou, ayant commencé avec l'Agneau, signe du passage, pesach ou pâque du Soleil dans notre hémisphère, et fini avec la Vierge, en englobant le Taureau, les Gémeaux, le Cancer et le Lion. C'est entre le sixième signe et le septième que le Monde avait commencé. Or les six Millenia assignés à ce Monde étaient en cours, gouvernés par les mauvais principes, ceux de l'automne et de l'hiver, et représentés sur le Zodiaque par la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Zachû Verseau et le Zib Poissons. Ils étaient dits Mille du Serpent ou de Satan. En effet, c'est entre la Vierge et la Balance que se trouve placé sur les sphères le vilain Serpent céleste, père des ténèbres, qui chaque année recommence ses méfaits et, chaque année aussi, s'enfuit vaincu quand le soleil passe sous l'Agneau, signe du Christ réparateur du mal du monde. Ce Serpent était fort chaldéen, car les Juifs ne se sont pas bornés à dépouiller leurs voisins de leur Dieu, ils les ont dépouillés de leur Diable. C'est Satan qui a tenté Eve, et qui momentanément a battu Dieu. Le ciel a eu avec la terre des relations directes qu'Adam a connues, mais que sa faute a interrompues et le déluge brisées définitivement. Dieu renouera-t-il jamais ? Ce monde a déjà eu bien des aventures. De premiers cieux ont existé, et une première terre tirée de l'eau et se tenant par l'eau, grâce au Christ[12]. Ils ont fait naufrage sous l'effort de la cataracte diluvienne, et ils ont été remplacés parles cieux et la terre dont on jouit sous Hérode Dieu se propose de purifier cette terre par le feu et de la replacer dans la lumière originelle. Il n'a pas pu faire durable une Œuvre sur laquelle les Juifs ne règnent pas définitivement. C'est à recommencer. Ainsi ce qu'attendait Jehoudda, c'est un troisième Monde, une troisième terre surmontée d'un autre ciel, celui d'alors étant visiblement raté, puisque la lumière propre à Dieu ne le traversait pas d'une manière régulière et continue. On vivait sous un ciel qui gardait encore les traces des épreuves passées et portait la marque de puissances hostiles. Ce ciel, lui aussi, empêchait le Christ de revenir, c'était plus qu'un voile, c'était un obstacle. Car toute la voûte, c'est-à-dire la couche la plus rapprochée de la terre, était aux mains de Satan et de ses, anges qui faisaient un véritable abus de cette mitoyenneté contre les Juifs. Au-dessus du ciel de Satan il y en avait deux autres, stratifiés. L'un était occupé par l'armée de Dieu à laquelle commandait en chef le Christ-Verbe, entouré des Douze Cycles de Mille ans ou Apôtres[13], ayant sous leurs ordres Trente-six Chefs ou Décans[14], avec douze légions de douze mille anges chacune, formant ensemble Cent quarante-quatre mille puissances qui participaient de la divinité. L'autre, le troisième ciel, était plus spécialement affecté à Dieu, qui y avait son trône et son sanctuaire, et vivait là. Père de toute lumière, au milieu de Vingt-quatre Vieillards ou Presbytres qui représentaient les Vingt-quatre Heures de l'heureux temps où le jour était sans nuit. C'est là sa famille éternelle et son éternel ministère. Les Hébreux se rattachèrent à cette organisation par les douze tribus auxquelles président d'en haut les Douze Apôtres. Les Juifs de bon jugement reconnaissent volontiers qu'il n'y a jamais eu douze tribus[15], mais un certain nombre de clans placés sous la protection des douze signes. Le Père des Juifs, c'est Iahvé, père du Christ, Sujets de Iahvé, enfants du Verbe, par conséquent supérieurs par essence à toutes les nations, tels sont les Juifs dans la pensée créatrice, donc telle est la Loi. Qu'était-ce donc que l'Apocalypse de Jehoudda ? Celle de Jacob et de ses douze fils, celle de Joseph chez Pharaon. Joseph, cet accapareur de grâce et de grains, avait vu, dans une zodiacale vision, le Soleil, la Lune et onze étoiles qui l'adoraient, lui douzième. Qu'est-ce à dire, sinon que le ciel ne s'allumait que pour éclairer la marche des Juifs à travers le monde ? C'est de Joseph que Moïse et Aaron tiennent tout ce qu'ils savent. Toute leur Apocalypse, ce sont les Juifs sauvés sous l'Agneau, les païens détruits. Lisez l'Exode avec quelque attention[16], et si dépourvu que vous soyez de sens critique, vous verrez que la pâque juive n'est nullement une institution mosaïque, mais un signe de la prédestination. Au milieu des Égyptiens, les Israélites oubliaient leur vieille religion de Mésopotamie, et le sacrifice annuel de l'agneau, symbole du pacte d'éternité que Iahvé avait fait avec eux. La pâque est un rappel de l'Agneau, le signe astrologique sous lequel le Christ a donné le monde aux Hébreux. L'année ne commence le 15 nisan que par application de ce principe[17]. Ce jour-là le Seigneur passe, et ainsi repassera-t-il jusqu'à ce qu'il ne passe plus. C'est le passage du Seigneur et nullement celui de la Mer Rouge, on n'en est pas encore là. Le Seigneur passe la nuit du 14 au 15, et on la passe avec lui, bâton en main, comme des passants. L'agneau est blanc, les pains sont sans levain à cause de la pureté originelle ; la pâque dure sept jours parce que la Création en a pris sept. Ce n'est pas une fête de circonstance, c'est la fête du passé engageant l'avenir. Le mot pesach est chaldéen, comme nisan et les autres mois, comme Zachû Verseau, Zib Poissons et les autres signes, et comme est chaldéenne l'économie des Douze Cycles millénaires. Les deux Tables du témoignage que Iahvé donne à Moïse, il ne faut point les confondre avec les tables de la loi. Les deux Tables écrites des deux côtés par le doigt de Iahvé sont le Livre des destinées du monde et le Livre de vie. Un côté regarde le ciel, un autre la terre[18]. Pourquoi Moïse brise-t-il ces deux Tables devant les Juifs au pied de la montagne ? Parce qu'ils sont indignes de ce qu'on y lit, ayant adoré le veau d'or. Pardonnez-leur cette faute, dit Moïse à Iahvé, ou si vous ne le faites pas, effacez-moi de Votre Livre que vous avez écrit. Le Seigneur répond J'effacerai de mon Livre celui qui aura péché contre moi ; et au Jour de la vengeance je visiterai et punirai ce péché qu'ils ont commis[19]. VII. — LE RETOUR DE L'AGNEAU. Le Père a décidé que le monde finirait avec le Douzième cycle. Mais il y a une clause secrète pour les Juifs. Les Juifs sont les enfants de Dieu, le Père anéantira-t-il sa famille terrestre ? Grosse question, résolue déjà dans les conseils du troisième ciel. De même que Jupiter est dit Stator, Capitolin, Ammon, Tonnant, selon les cas, le Christ était dit Iehoschoua — mot hébreu qui signifie Sauveur, dont les Grecs ont fait lésons, et nous Jésus —lorsque, dédaignant toute autre besogne, il se consacrait spécialement à la défense des Juifs. Tout-puissant pour la destruction, il est tout-puissant pour le salut. C'est celui-là qu'enverra le Père. Ce que Moïse cache aux profanes, c'est le secret de cette prédestination secret fort mal gardé que tous les Juifs ont pressenti. Ce qu'Aaron demande à Iahvé, quand il lui immole l'agneau du passage, c'est de tenir la promesse qu'il a faite aux Hébreux de les épargner au Jour de la colère et de leur sacrifier les nations. Le costume du Grand Prêtre lorsqu'il se présente devant Iahvé, c'est le rational du Jugement, le Jugement confectionné, rédigé d'avance, lisible dans le ciel comme il l'était sur les deux Tables. Ce Mage, car c'en est un, porte, gravé aux épaules sur deux sardoines et répété sur douze pierres précieuses, le nom des Douze fils de Jacob, chefs des douze tribus, car les deux sardoines représentaient l'une le Soleil et l'autre la Lune, et les Douze pierres les Douze signes du Zodiaque, comme les Douze Pains de proposition représentaient les Douze Cycles de l'Œuvre, et le Chandelier à sept branches les Sept planètes. Ce prospectus astrologique, c'est la vision de Joseph[20]. Le Grand Prêtre ainsi vêtu, c'est le Livre des Destinées du monde, côté terre. Le côté ciel, c'est, encore plus juif que le Grand Prêtre, le Christ par lequel a été créé le monde. Il sera de la fin comme il a été du commencement, l'Aleph et le Thav[21]. Chaque année à Pâque on sacrifie l'agneau ; mais l'Agneau de Iahvé, l'Agneau divin qui est à nos agneaux ce que le Christ est à un Juif, l'Agneau astral, en un mot, ne meurt pas. Chaque année à l'équinoxe du printemps, il semble mourir et chaque année il renaît. Il est le principe et la somme de tous les agneaux sacrifiés depuis la première Pâque. Il est l'image du peuple juif, jusqu'ici la victime des nations, mais viendra l'Agneau de la revanche. Agneau, Pâque, Christ, c'est la même idée d'éternité. On disait du soleil pascal L'Agneau est revenu. Dans l'Apocalypse, l'Agneau est représenté sacrifié — c'est-à-dire en croix, tel qu'on le dressait pour la cuisson — au milieu des quatre points cardinaux de la sphère. Il est donc le signe du Christ étendu sur la croix céleste à l'équinoxe du printemps. Dès que ce signe apparaîtra sur la montagne de Sion, les douze tribus, reconnaissant leur marque de fabrique, marcheront à lui et l'environneront, prêtes à le suivre partout. Pour cette raison Jehoudda appelle les christiens disciples de l'Agneau. C'est le nom qu'on aurait pu donner, nonobstant leur idolâtrie, aux Juifs qui, du temps d'Ezéchiel, avaient représenté l'Apocalypse nationale sur les murailles intérieures du Temple. Car ils avaient peint toutes sortes de figures et de bêtes immondes, et toutes les Idoles de la maison d'Israël[22], c'est-à-dire les douze signes du Zodiaque et les Douze patriarches célestes, les Douze Apôtres du Christ, prototypes immortels des douze tribus. Et dans le Temple même on avait vu des femmes assises pleurant la Passion de Thammouz — c'est Adonis — comme les bonnes et aussi les mauvaises femmes d'à présent pleurent la Passion de Jésus le Vendredi saint[23]. Puisque le Fils de l'homme devait venir des cieux, c'est qu'il y avait un domicile, car s'il est vrai que, dans l'Evangile, il n'a sur terre aucun endroit où reposer sa tête, il habite au ciel un logis magnifique le Soleil qu'il emporte dans l'espace comme l'escargot entraîne avec lui sa coquille. Certes on ne peut pas dire que le Soleil soit proprement le Christ, mais il est sa lumière promenée, son tabernacle mobile[24]. Logé dans le Soleil, nourri de sa substance, vêtu de sa lumière, le Christ a douze maisons, douze mansions plutôt. Toujours on a comparé la course annuelle du Soleil, croissant et décroissant selon la saison, à la vie d'un homme qui naît et croit, décroît et meurt avec le temps. Il y a, vous le savez, un moment où la comparaison cesse d'être juste si elle l'était tout à fait, il n'y aurait plus de terre. Conçu sous la Vierge à l'équinoxe d'automne, enfant au solstice d'hiver, le Soleil est adulte lorsqu'il passe dans les Poissons, vers mars, mais quand, franchissant la ligne équinoxiale, sous l'Agneau, il entre dans notre hémisphère, il apparaît vraiment comme l'image sensible de Dieu, et le Roi des Rois, le Seigneur des Seigneurs de la terre lesquels n'ont pu se croire quelque chose qu'en son absence. Je ne veux pas vous atteler avec moi à son char, mais tenez pour certain qu'Hercule, Bacchus, Osiris, Mithra et presque tous les dieux y étaient déjà lorsque les évangélistes y firent monter Jésus. Sous tous les masques qu'il prend on voit étinceler ses regards de feu. Les Egyptiens l'adorent enfant, les Grecs homme, on le célèbre à la moisson, aux vendanges. On le chante dans les jours du printemps et de l'été, on le pleure dans les mélancolies de l'automne, on l'espère, disent les Marseillais, dans les intimités de l'hiver. Des siècles et des siècles avant que les Juifs ne rappelassent ou Schilo ou Messiah ou Ieschoua, l'Orient ne connaissait, au-dessous de l'Invisible, d'autre dieu que l'Invaincu, l'éternel tisseur de lumière. Le mystère que les prêtres cachent au fond de leurs tabernacles, c'est ce faux mystère dont tout le monde a la clef. Partout, depuis que l'homme a des yeux pour voir le jeu tournant des nuits et des jours, on tient que le Soleil naît de la substance divine à une date qui correspond à notre 23 décembre. Partout on vénère la céleste Vierge dont les flancs immaculés donnent ce beau fruit. Point de doute nulle part, celui-là est bien né des œuvres de l'Invisible. Le joli enfant ! vit-on jamais de plus beau sourire et des formes plus pures ? Que l'image de cette Vierge féconde se dresse dans les temples et sur les places ! Et que chaque homme en passant s'incline devant la mère immaculée qui presse sur son sein cet Enfant dont on ne nomme le Père qu'avec un tremblement dans la voix ! Qu'on l'appelle Horus ou Adonis, Atys ou Bacchus, Apollon, Sérapis ou Christ, qu'on le fête au moment de sa naissance ou de sa maturité, c'est toujours le Soleil, .père du temps, qu'on adore, le dieu aux mille noms, dit Orphée. Qu'il meure comme Adonis, blessé par un sanglier, ou comme Apollon, par le serpent Python, ou comme Osiris par Typhon, ce sont des Passions héliaques sur lesquelles on se lamente dans les mystères et d'éclatantes Résurrections qu'on célèbre. VIII. — LE ZIB LES POISSONS SIGNE DE GRÂCE. Mais le jour vient où l'Agneau ne passera plus, où il ne sera plus en croix. Il y a trop longtemps qu'il s'immole au salut de la terre ! Il ne fera plus ce sacrifice annuel, il brisera le thav, cette croix sur laquelle il passe depuis le commencement du monde. La grosse affaire pour les Juifs, c'est d'être dans les bras du thav, au delà duquel il n'y aura plus rien qui ne soit à Iahvé. Dans l'écriture juive — au propre et au figuré — la lettre suprême, c'est la dernière lettre de l'alphabet hébreu, c'est le Thav et le thav est une croix. La croix de l'Agneau, ou, si vous préférez, l'équinoxe du printemps, c'est le monde en équilibre périodique. C'est à cet équinoxe que l'équilibre se rompra. Mais cette rupture aura lieu au bénéfice des Juifs. Le Grand Agneau verra l'Accomplissement des temps, la Descente et la Victoire du Christ Jésus. Il faut donc être en deçà de la ligne, du côté du Zib. Les Poissons passés, il sera trop tard. Les Poissons étaient donc au premier et au dernier rang des signes du Zodiaque engagés dans le thème christien au dernier rang, parce qu'ils sont le Mille sous lequel Satan, chef des nations, devait être anéanti par le Christ ; au premier rang, parce qu'ils sont le signe précurseur de l'Agneau sous lequel devait commencer le Royaume de Dieu. L'idée du baptême rédempteur était inscrite au ciel dans le Zib. Il convenait que les Juifs fussent de ces Poissons-là. La première condition du salut pour un poisson, c'est d'être dans l'eau. Cette idée, fondement de la pisciculture, est également celui du baptême. Toute l'eau du ciel s'étant épuisée dans le déluge et le monde devant périr par le feu, il n'y avait de remède que dans l'eau sourdant de la terre, pour cela nommée eau vive. De là le caractère sauveur des sources comme celles du Jourdain, et des fontaines comme Siloë, Ænon, Kapharnahum. Contre le Christ la Terre est sans défense, masse énorme, mais immobile et faite pour recevoir ses coups sans pouvoir les rendre. Immobile, je le répète, comme le piédestal de cette croix mouvante qui est le Christ passant par les quatre points cardinaux. Sans la croyance à l'immobilité de la terre, point de croix, et point de Christ[25]. Car sur quoi s'appuiera la croix, et où le Christ posera-t-il le pied si la terre est ronde et qu'elle tourne[26] ? Iahvé négligea d'avertir Jehoudda que la terre était ronde et mobile. Quelle déception en effet si le Fils de l'Homme, au lieu de mettre pied à terre en Judée, allait descendre aux antipodes de Jérusalem, en un lieu où des hommes incirconcis auraient eu les pieds en haut et la tète en bas ! Jehoudda ne se demanda point par où les astres auraient accompli leur révolution si la terre eût été infinie, et il fut convenu que, devant les Révélations positives de Iahvé, on mépriserait profondément les sciences naturelles et physiques, source de tous les maux qui affligeaient les Juifs. On ne saurait en vouloir aux christiens d'avoir ignoré les formes du monde et les lois créées par Dieu. Beaucoup de savants païens et fort honnêtes pensaient là-dessus comme les Juifs. Lucrèce a soutenu qu'il n'y avait point d'antipodes et que le soleil n'était pas plus grand au ciel qu'il ne paraissait à l'œil. Cette thèse n'a rien de scandaleux dans la bouche d'un homme qui n'y mêle pas Dieu. Mais c'est un blasphème chez des gens qui disent Le dieu qui nous a révélé ces belles choses est le vrai Dieu, et qui ne tarderont pas à ajouter Si vous ne le croyez pas, nous vous tuerons de sa part. Le dieu qui a créé les lois de la pesanteur, de la gravitation et de l'attraction, et qui, semble-t-il, est le vrai Dieu, ne leur avait rien révélé du tout. S'il inspira des hommes sous Auguste, ce sont les païens sectateurs de Pythagore et d'où sont issus les Strabon et les Ampélius, que Jehoudda exclut du salut. La science antique nous a été volée pendant l'invasion christienne ; les paroles de Dieu à ses vrais enfants, les philosophes, ont été submergées par le flot des paraboles juives. Mais ils sont nombreux ceux à qui il avait dit à l'oreille Attention ! Je vous emporte à votre insu dans un mouvement rapide. La terre n'est point immobile dans le monde, ni le monde autour de la terre. Vous tournez autour de corps qui tournent autour de vous[27]. N'allez pas vous figurer que je descendrai un jour pour faire votre connaissance, et surtout ne m'insultez pas au point de croire que j'enverrai pour juger les hommes un petit Juif de Gaulanitide qu'on va crucifier sous Tibère pour crimes de droit commun. IX. — LA GRANDE ANNÉE, LE GRAND JOUR. L'Apocalypse de Jehoudda résultait et d'une tradition exaltée par le zèle religieux et d'un plagiat astrologique corroboré par quelques observations. Outre les Douze signes, les Sept planètes jouaient un rôle éminent à raison de la situation qu'elles occupaient au début du monde. Lorsque l'état du ciel les, ramènerait à leur point de départ, le Christ prendrait lui-même la direction des Douze Apôtres, et cette Année-là c'en serait fait de Satan qui gouvernait l& monde contre les Juifs[28]. Quand viendrait la Grande Année, le Mille du Zib, comme disait Jehoudda ? En l'an de Rome 739, il estimait qu'environ cinq cycles s'étaient écoulés depuis Adam, et que le Mille en cours ou Mille du Sachû le Verseau finirait avec le 14 nisan 788[29]. Le Douzième mille ou Mille du Zib commencerait le soir même et le Christ viendrait avec l'Agneau de la pâque. Toutefois il ne fallait pas que les Juifs s'imaginassent éluder le Jugement. Les Douze Apôtres jugeraient les douze tribus. Sur le Jugement de Dieu, toutes les Écritures s'accordaient. L'idée pouvait effrayer, elle ne pouvait pas surprendre. Moïse et les prophètes annonçaient tous cette terrible journée d'Iahvé, mais tous ne promettaient pas aux Juifs l'empire d'un monde créé exprès pour eux. Beaucoup croyaient qu'en ce jour il y aurait Fin du monde et Jugement sans appel. Il fut révélé à Jehoudda qu'avant cette solution le Christ viendrait renouveler la terre par un Jugement d'attente et pour une période de mille ans après laquelle le Père lui-même prononcerait l'arrêt définitif. Il dépendait des Juifs d'échapper à la destruction partielle en même temps qu'aux conséquences du Premier jugement, lesquelles n'étaient pas minces. En observant la Loi avec autant de rigueur contre les Juifs adultères que contre les païens, ils gagneraient le salut et régneraient mille ans avec le Christ, jusqu'à ce que vînt à son tour le Royaume éternel du Père. Ceux qui auraient abandonné cette Loi, révélée à Moïse par le Verbe, ceux-là iraient en enfer confondus avec les autres hommes — la plus dure de toutes les punitions ! Ceux qui l'auraient servie sans défaillance iraient dans l'Eden millénaire, et là ils jouiraient d'un bonheur dont ils ne pouvaient se faire qu'une faible idée, étant donné la pauvreté de l'imagination humaine. Mille ans, cela pouvait sembler long pour des esprits superficiels. Mais quoi ! le Verbe avait, au gré de sa puissance, fait vivre des hommes sept cents, huit cents, neuf cents ans, il avait modelé de ses mains Hénoch et Élie qu'il avait soustraits à la mort et transportés dans le ciel. A quoi bon pleurer le Paradis terrestre ? Iahvé pouvait le rendre à ceux qui croyaient en son Christ. Qu'était-ce, pour lui, de faire qu'on vécût en ce séjour une seconde vie égale à celle qu'avaient vécue les patriarches ? Mille ans, qu'était-ce pour celui qui avait créé le temps ? Les Juifs se plaignaient du raccourcissement de la vie, l'attribuant non au premier péché mais à ceux des générations nouvelles. Le premier péché, on l'expiait par la mort, mais celui des générations, par une diminution de longévité. Ah ! le bon temps que celui où les hommes atteignaient dix-neuf jubilés, près de mille ans ! Mais comme il a passé vite ! Quand on pensait qu'Abraham avait eu de la peine à vivre jusqu'à cent soixante-quinze ans ! Aujourd'hui on s'estimait vieux quand on arrivait à quatre-vingts ! Quelle misère ! Mais patience, voilà que Iahvé va faire périr cette terre souillée par l'existence des incirconcis, il la refera pour les Juifs seuls et leurs jours s'allongeront sans fin. Pendant tout le Mille du Zib c'est le Christ Jésus qui régnait[30]. Il coupait l'Arbre de la science du bien et du mal dont le fruit avait perdu Adam, le jetait au feu et replantait l'Arbre de vie dont le fruit était éternel. A la fin du Douzième mille, le songe de Joseph était accompli, et Iahvé se réunissait à son peuple sur les derniers débris du monde païen. Lauteur de l’attaque est mort, selon les premières informations communiquées par les forces de l’ordre. L’auteur de l’attaque est mort, selon les premières informations communiquées par les forces de l’ordre.[#item_full_content]
La mort a un double aspect elle est le non-être. Mais elle est aussi l’être, l’être atrocement matériel du cadavre M. Kundera, 1987 [1978] 262, cité par H. Guy, 2012 3.Car un cadavre est essentiellement une absence, une chose quittée [...] celui que nous aimons [...] laisse entre nos bras cette part de son être, la seule visible, la seule tangible, et qui pourtant ne lui ressemble plus F. Mauriac, 1934 53, cité par J. Candau, 2012 33. 1Je me propose ici de montrer que le cadavre possède naturellement toutes les qualités requises pour être investi du rôle dévolu dans des sociétés non occidentales, en l’occurrence océaniennes, à des artefacts considérés comme des plus sacrés qui ont focalisé l’attention d’un certain nombre d’ethnologues. Pour ce faire, je prendrai appui sur les travaux que j’ai menés sur l’un des objets cultuels des Aranda, un groupe aborigène du désert central australien le churinga ou tjurunga Moisseeff, 1994, 1995. De fait, cet objet occupe une place majeure, non seulement dans les rites des Aborigènes du désert central australien, mais aussi dans la littérature anthropologique. Or les conditions à même de rendre compte de la sacralité paradigmatique dont on le dote reposent, d’un côté, sur sa matérialité paradoxale, de l’autre, sur la charge émotionnelle qu’il est susceptible de générer. 2Dans la cosmologie des Aborigènes australiens, la différenciation de toutes les formes, qu’il s’agisse d’entités matérielles à proprement parler – traits du paysage, êtres vivants, objets cultuels, etc. – ou de principes organisateurs de la vie sociale et de traits culturels spécifiques, est attribuée à un même dynamisme, le mouvement spatial, que l’on désigne dans l’anthropologie de cette aire culturelle comme le Rêve ». Mais si le Rêve est la source de toute chose différenciée, il demeure pour sa part invisible. Seuls les churinga sont aptes à donner prise à une représentation tangible de ce dynamisme ontologiquement transparent. Cet objet plat, en bois ou en pierre, est, en effet, considéré comme une concrétion du Rêve sa surface est sillonnée d’empreintes exprimant de manière elliptique le mouvement du Rêve qui l’a généré et dont il représente lui-même la trace. Il est une parcelle de paysage porteuse des conditions de sa propre apparition et, en définitive, le seul référent auquel l’objet renvoie est lui-même, ce qui l’institue en objet autoréférentiel. Et c’est en vertu de ce statut qu’il est possible d’assigner au churinga un rôle de signifiant particulier lui permettant, sur les terrains cérémoniels où il est mis en scène, de présentifier la manifestation de l’instance à laquelle est attribuée l’efficacité rituelle, à savoir la transformation des novices en initiés ou la reconduction de la fertilité des différentes espèces. Sa matérialité énigmatique l’autorise à maintenir l’invisibilité de la transcendance qu’il prétend montrer et dont l’efficience se fonde précisément sur l’impossibilité de la voir. Si je qualifie la matérialité du churinga de paradoxale, c’est qu’elle montre autant qu’elle masque la représentation de la transcendance que l’objet est censé évoquer. 3Il est strictement interdit aux femmes et aux enfants de voir et a fortiori de manipuler des churinga. Les hommes adultes affiliés à un centre cultuel donné sont, en effet, les seuls à pouvoir utiliser, dans les rites dont ils ont la charge exclusive, les churinga associés à ce centre, de même qu’ils sont seuls à connaître la signification des signes apposés à la surface de ces objets. Toutefois, pour accéder à ce privilège, il leur faut subir de nombreuses épreuves au cours des étapes qui jalonnent la longue trajectoire initiatique masculine. 4Les initiés masculins attribuent à chaque enfant un churinga qui est le pendant, dans le domaine sensible, de l’esprit qu’il incarne. En effet, esprit et churinga sont tous deux associés à la singularité de l’identité personnelle et ils sont censés entretenir un lien intime spécifique rendant compte de l’étymologie du terme servant à désigner cet objet sacré paradigmatique. Tju qualifie quelque chose de secret ou de honteux, et runga signifie sien propre ». Or, en milieu aborigène, révéler la part secrète de soi est censé générer un sentiment de honte Myers, 1979. Si l’objet est tjurunga, c’est qu’en présentifiant, au travers de sa matérialité à la fois tangible et singulière, ce qui est invisible, en l’occurrence l’esprit, il expose la part la plus fragile et la plus intime de la personne à laquelle il est associé. Il est donc logique qu’il soit considéré comme l’objet le plus sacré et que son exhibition au cours des rites constitue une transgression fondamentale requérant, par là même, des procédures d’exception que les initiés masculins sont seuls habilités à mettre en œuvre. De fait, en toute autre circonstance, un tel objet doit demeurer parfaitement caché non seulement les inscriptions dont il est porteur participent à la dissimulation du sens qu’il est censé receler, mais il est à l’ordinaire revêtu d’un épais harnachement de ficelles de cheveux et dissimulé dans un endroit creux du paysage dont les environs sont strictement interdits aux non-initiés sous peine de mort. On comprendra donc que la cérémonie au cours de laquelle un homme est convié à rencontrer son churinga personnel soit l’étape ultime de son initiation et qu’elle soit décrite, en raison de l’intensité des émotions qu’elle suscite chez lui, comme étant de loin la plus impressionnante des phases initiatiques. 5Parmi les opérations pratiquées à cette occasion, la plus importante consiste à graver sur son front les inscriptions recouvrant la surface de son churinga personnel. Il est alors autorisé à voir et à toucher pour la première fois son churinga, et on lui révèle que l’esprit qu’il incarne a émané de cet objet. La nature sèche et solide et, par là, imputrescible du churinga le dote d’une permanence qualifiée d’éternelle à l’instar des autres éléments du paysage, alors que celle de l’initié est vouée, à terme, à une dissolution d’autant plus complète que tous les autres biens matériels associés à sa personne seront, à sa mort, entièrement détruits par le feu. Au moment de sa rencontre avec son churinga, l’initié voit donc simultanément la chose à partir de laquelle il est censé avoir émergé et ce qui subsistera de lui en tant que support unique de l’identité qu’il aura physiquement, mais seulement temporairement, incarnée. Lorsque le churinga et son propriétaire sont mis en présence, l’objet renvoie donc à la composante inaltérable qui sous-tend l’identité de l’initié, tandis que le corps de celui-ci renvoie, lui, à sa composante périssable et transitoire. 6L’esprit qui rattache le corps de tout individu à son churinga est censé disparaître quelque temps après l’exécution de la cérémonie clôturant la période de deuil prescrite aux proches du défunt dont la durée correspond au délai nécessaire à la dissolution des chairs. L’abandon du corps par l’esprit qui l’animait et qu’il incarnait – leur disjonction définitive – le transforme en une chose quittée », c’est-à-dire en une entité purement physique qui ne fait que se représenter elle-même dans la mesure où elle ne reflète plus la subjectivité du défunt. Le cadavre est, dans cette optique et à l’instar du churinga, un objet autoréférentiel mais, à la différence de ce dernier, chez les Aranda qui n’ont aucune propension au culte des restes humains, sa vocation ultime est de se dissoudre dans le paysage, les traces de son inhumation étant elles-mêmes, à terme, vouées à l’oubli. La remémoration cérémonielle des morts consiste, pour les initiés masculins, à examiner et à prendre soin des churinga des défunts suscitant chez eux les émotions les plus vives. 7En Occident, les restes humains ont récemment acquis une sacralité qu’ils n’avaient pas par le passé. Parallèlement, on leur fait subir, de plus en plus souvent, un traitement particulier dont a la charge un groupe restreint d’officiants, médicaux ou paramédicaux, ayant pour cela suivi une initiation spécifique les mettant directement en contact avec des cadavres. Les profanes que sont les proches des défunts tendent, en effet, à être mis à l’écart des procédures les plus violentes appliquées aux cadavres pour les apprêter de sorte à les leur rendre plus tolérables ils en sont les destinataires mais non les exécutants ni même, en général, les témoins. De fait, la matière cadavérique, nous y reviendrons, a des propriétés répulsives puissantes que l’on cherche ici à canaliser, son maniement étant relégué dans des enceintes interdites au public dans des institutions médico-légales et/ou des établissements funéraires. Dans le même ordre d’idées, on remarquera que le recours de plus en plus banalisé à l’incinération, à la thanatopraxie, voire à la plastinisation infra, incline à conférer un aspect imputrescible au cadavre, sinon analogue du moins comparable à la nature incorruptible des churinga. 8On relèvera, par ailleurs, que la présence lourde de la matérialité du churinga sous-tendue par son autoréférentialité peut être rapprochée de l’expérience universelle du non-être » de la dépouille atrocement matérielle », parce que laissée vacante, du défunt. Et c’est cette vacuité qui se montre, paradoxalement, d’une efficacité redoutable pour présentifier l’invisible l’absence du mort, son esprit, des forces surnaturelles. L’autoréférentialité, qu’elle soit artefactuelle ou naturelle, transforme ainsi des choses inertes, churinga ou cadavre, en agents inducteurs de violentes émotions. Chez les Aranda, le rôle des churinga vise à les susciter chez les officiants du culte qui leur est rendu. Dans les sociétés occidentales contemporaines, le traitement appliqué à la dépouille mortelle par les professionnels chez qui il persiste à provoquer les sensations les plus fortes, vise, semble-t-il, à en atténuer les effets émotionnels chez les proches. 9Dans les pages qui suivent, je vais établir un rapprochement entre certains aspects de cet objet cultuel exemplaire qu’est le churinga, qui rendent compte du rôle qu’on lui fait jouer dans les rites aranda, et certaines qualités intrinsèques au cadavre qui, selon moi, permettent aujourd’hui de lui faire jouer un rôle différent, mais tout aussi fondamental quoique passant souvent inaperçu, dans les sociétés occidentales contemporaines. En effet, en dépit de ce qui les oppose, artefact incorruptible, pour l’un, objet naturel putrescible, pour l’autre, il s’agit, dans les deux contextes culturels respectivement considérés, d’entités qui s’imposent comme des objets cultuels investis d’une sacralité en raison de leur aptitude à générer des émotions intenses, de leur matérialité autoréférentielle, et de leur prise en charge par un groupe restreint d’officiants légitimés à le faire en raison d’une initiation spécifique imposant la confrontation directe avec ces objets. 10Il est important de préciser qu’il ne s’agit pas ici de prôner une analogie entre ces deux types d’objets mais de mettre en relation, à des fins comparatives, les caractéristiques, communes et distinctives, de leur matérialité et de leurs rôles socioculturels respectifs pour mieux mettre en lumière le rôle d’objet cultuel exemplaire du cadavre dans les sociétés occidentales contemporaines. Pour ce faire, il convient d’examiner avec la plus grande attention la nature spécifique de la matérialité du corps mort et son aptitude à générer des émotions d’une singulière violence. De l’art d’évoquer l’effroi 11Le cadavre semble avoir une aptitude naturelle à provoquer des sensations difficilement contrôlables L’individu le plus aguerri aux cadavres n’est pas inaccessible à la peur. C’est un phénomène imprévisible auquel tout le monde est sujet », nous confia le [...] médecin-chef de la Morgue, habitué aux quotidiennes autopsies d’organismes en décomposition et aux pourritures des tombeaux. Une fois, dit-il, [...] devant le corps presque nu d’une femme assassinée, étendue sur le parquet de sa chambre, j’éprouvai une peur atroce, et sans que rien ne m’en fît découvrir la plus petite cause. Je fuis en claquant des dents et je ne serais jamais revenu auprès de cette morte avant d’être accompagné par plusieurs personnes » Ganche, 2012 [1909] 10-11. 12Cette capacité du cadavre de susciter une expérience émotionnelle d’une exceptionnelle intensité le rapproche de certains artefacts qualifiés de sacrés, plus exotiques Derlon, Jeudy-Ballini, 2010. Mais n’étant, lui, pas un artefact, il doit être considéré comme le prototype même de tels objets cultuels. Il partage, en effet, avec eux la disposition paradoxale d’exercer une force sur les vivants alors qu’il est inerte. Les citations que j’ai mises en exergue expriment remarquablement bien cette altérité foncière et paradoxale que revêt la dépouille d’un proche. Toutefois, le recours à l’hyperbole et/ou à l’amplification dont use la dramaturgie de la littérature horrifique, en évoquant plus directement les sensations physiques ressenties, est plus adéquat pour traduire la terreur provoquée par le spectacle de la matérialité abominable du cadavre. Qu’on en juge Et celle qui, partout accompagne la Mort [...], la Peur, résidait là [la morgue] dans son royaume. Elle détraquait les cerveaux des vivants, et pour eux savait animer les faces des morts, les agiter dans leur suaire, les mettre debout [...]. Elle agrippait aux épaules les hommes [...] leur soufflait dans la nuque ses frissonnantes terreurs, gelait leurs moelles, les secouait [...]. Les pauvres corps inanimés, enveloppes évacuées par la vie, [...] ne gardaient plus qu’un pouvoir, celui d’horrifier les vivants ou de les mettre en fuite, par leur hideur ou leur pestilence Ganche, ibid. 81-82. 13La sensation violente et captatrice, plutôt que la distanciation esthétique ou scientifique est, de fait, selon Georges Bataille, la voie privilégiée pour accéder à la connaissance directe, quasi organique Brazzini, 2010 57 de l’irréductible “hétérogène” du réel » Stronge, 2006 116. Et ce réel renvoie, pour lui, au numineux que Rudolf Otto auquel il se réfère désigne comme l’effrayant, le terrible, le hideux, et parfois même le répugnant » 1995 [1917] 99, ce qui nous est étranger et nous déconcerte, ce qui est absolument en dehors des choses habituelles, comprises, bien connues et partant “familières” » ibid. 46. Pour Bataille, comme pour Otto, ce tout autre » est le sacré Bataille, 1930 397. Selon moi, ces vocables s’appliquent aussi parfaitement au cadavre et aux sensations physiques qu’il produit. Et il n’est certes pas fortuit que Bataille, pour évoquer le sacré, fasse souvent appel au cadavre, dans son œuvre littéraire comme dans ses écrits théoriques. Mais dans ce dernier cas, c’est pour souligner l’inadéquation de la méthode scientifique en ce domaine parce qu’elle procède par abstraction et séparation » et que le sacré est l’exact opposé de tout objet abstrait ». Pour l’illustrer, il fait appel à l’image du corps d’un enfant sur une table de dissection en opposant les positions du scientifique, pour qui c’est un objet anatomique offert à l’observation savante », et de la mère, pour qui ce qui est en cause est la totalité de l’être » Bataille, 1988 [1951] 49, cité par Paul Stronge, ibid. 119 qui entre dans la méta-catégorie hétérogène du sacré ». Celle-ci n’est pas principalement déterminée du dehors [...], mais de façon générale du dedans et du dehors, quand il s’agit de réactions que nous-mêmes vivons » Bataille, 1988 [1946] 60, cité par Stronge, ibid. 117. On passe alors des catégories séparées du monde homogène et objectif de la science à l’aspect inassimilable et subversif du sacré de l’expérience vécue cf. Stronge, ibid. 130-131. 14Pour restituer l’expérience vécue par la mère, il faut donc adopter une démarche strictement inverse à celle consistant à procéder par distanciation, séparation et abstraction. On est alors à même de reconnaître que ces sensations sont à la fois déterminées du dehors, via la perception de la dépouille atrocement matérielle, et du dedans, via les émotions éveillées par la réalité incorporée de la relation intime et affective à la personne qui incarnait ce cadavre et dont le proche recèle en son for intérieur la part subjective qui s’en est échappée. Le poids de la corporéité en excès du cadavre révèle au public une intimité que la présence de la subjectivité du sujet vivant qui l’animait masquait avant sa mort. De l’inquiétante étrangeté du cadavre 15L’appropriation des corps par la médecine prend son élan au moment de la naissance concomitante, à la Renaissance, de l’anatomie et de la dissection Mandressi, 2003, 2013, c’est-à-dire de la chosification du cadavre à des fins profanes qui rendra possible son exposition ultérieure dans les musées. L’un des derniers avatars de ce type de réification de la dépouille mortelle renvoie aux installations esthétisantes de Von Hagen les écorchés sont aseptisés grâce au recours à la technique de plastination permettant de les dégraisser et de les rendre inodores et, par là, inoffensifs, l’odeur étant l’inducteur majeur du dégoût inspiré par les cadavres Walter, 2004a & b ; Candau, 2012 ; Bertrand, 2012. En conséquence, ils tendent, comme le remarquent certains visiteurs, à se révéler pour ce qu’ils sont vraiment des coquilles dépourvues d’âme, des lieux » autrefois habités, aujourd’hui abandonnés Walter, 2004b 476. Mais lorsque cette enveloppe impassible est pourvue d’un visage et est celle d’un proche, il en va tout autrement. Il en émane alors un effet d’ inquiétante étrangeté », formule forgée par Marie Bonaparte pour transcrire l’intraduisible expression freudienne das Unheimliche Stirn, 2014, renvoyant à l’angoisse étreignant un sujet lorsque l’intime surgit comme étranger, inconnu, autre absolu, au point d’en être effrayant. [...] Quelque chose alors dépasse le sujet, quelque chose qui vient d’ailleurs, d’un Autre qui impose son obscure volonté » Menès, 2004 21. 16Pour Freud, ce qui se rattache à la mort, aux cadavres et au retour des morts, aux esprits et aux fantômes » suscite à l’extrême, et de façon privilégiée, ce type d’expérience 1976 [1919 26]. De fait, le poids de la corporéité de celui qui est passé de vie à trépas a la capacité de métamorphoser l’intime familier en altérité radicale, en présentifiant avec une singulière acuité la disparition du défunt dont le souvenir internalisé peut alors venir hanter les survivants. Le spectre est la rémanence de l’image du corps animé restant imprimée dans le for intérieur des proches ou telle qu’elle peut être fantasmée par d’autres également confrontés à l’inanité de la matière cadavérique. Cette image désincarnée mais animée est, et c’est un paradoxe existentiel, ontologique, produite par le surgissement d’une entité incarnée mais inanimée dont la redondance de corporéité – son référent est la matière elle-même et uniquement elle – convoque une présence énigmatique l’inquiétante étrangeté. En une telle occasion, l’angoisse qui s’empare de nous fait rupture dans le vécu ordinaire et elle nous fait lâcher prise. Et c’est alors, comme l’énonce Bataille, que nous nous perdons, nous oublions nous-mêmes et communiquons avec un au-delà insaisissable » 2008 [1954] 2. Et, pour cet auteur, cet au-delà insaisissable, indicible, c’est l’expérience du sacré » Brazzini, 2010 69. 17La désertion de l’esprit » du défunt confère à son corps un poids matériel singulièrement lourd. Ce surcroît de corporéité va de pair avec l’aptitude exacerbée et paradoxale de la dépouille à évoquer la vacuité et, ce faisant, à convoquer la présence de l’absent en générant ce que Derlon et Jeudy-Ballini, se référant à des artefacts mélanésiens décrivent fort bien une expérience intrusive, déstabilisante, vécue sur le mode de l’emprise », c’est-à-dire un tel assujettissement de la personne qu’elle s’assimile parfois à une agression » 2010 78-79. Dès lors, l’opérateur d’efficacité » de ces objets-là, c’est-à-dire leur capacité à provoquer le saisissement des spectateurs et, par là, à présentifier des instances surnaturelles », se fonde sur la qualité esthétique distinctive qu’on leur reconnaît ibid.. En ce qui concerne le cadavre, on peut postuler que c’est son aspect hideux exemplaire qui génère une semblable expérience tout aussi intense. Dans les deux cas, l’inquiétante étrangeté se dégageant de ces choses » procède de la matérialité qui leur est propre c’est elle qui, en leur permettant d’incarner une présence énigmatique, les rend aptes à la fois à évoquer et à convoquer les forces invisibles qu’elles sont censées manifester. Les soubassements physiologiques de l’effroi 18Les artefacts mélanésiens évoqués par Derlon et Jeudy-Ballini, lorsqu’ils sont exhibés, provoquent parfois des réactions affectives d’une telle ampleur qu’elles sont ressenties comme ayant la potentialité de menacer l’autonomie mentale de certains spectateurs. Si elles sont assimilées à une agression c’est que, dans cette aire culturelle, ce qui affecte les sens – la vue, l’ouïe, l’odorat – agit sur le corps » ibid., Jeudy-Ballini, 1999, 2004. On voit donc que les objets cultuels produisent des effets patents, physiques et psychiques, que l’on peut rapprocher de ceux suscités par la dépouille en voie de décomposition d’un familier ou d’un semblable. Avant de me pencher sur la nature des propriétés sensibles de ces actants » Latour, 2006 qui conditionne, sans nul doute, de telles réactions, je vais d’abord chercher à cerner les soubassements physiologiques de ces dernières. Photo 1. Ce qui lui ressemble encore © Marika Moisseeff 19De mon point de vue, toute expérience émotionnelle est induite par des sensations physiques que je qualifierais de cénesthésiques et qu’il convient de distinguer des perceptions. Les premières correspondent à des ressentis corporels suscités par la stimulation de récepteurs situés dans les organes internes dont le fonctionnement dépend, non de la motricité volontaire régie par le système nerveux somatique, mais du système nerveux dit autonome ou neuro-végétatif, ou encore neuro-viscéral. Celui-ci régit les fonctions vitales de l’organisme respiration, circulation, sécrétions glandulaires, digestion, thermorégulation en en assurant l’homéostasie interne et son contrôle est, en principe, indépendant de la volonté. Pour aller à l’essentiel, je dirais que, lors d’un stress ou d’une attaque de panique, ce que j’appelle sensations cénesthésiques renvoie aux phénomènes physiologiques suivants contraction ou relâchement des intestins ou de la vessie, nausées et/ou vomissements, étourdissement, bourdonnements d’oreille, augmentation ou diminution des fréquences cardiaque et respiratoire, de la chaleur, hypersudation. Lors de situations moins extrêmes, ces réactions viscérales, bien rendues en anglais par l’expression gut feeling, paraissant venir des profondeurs de l’être » Larousse en ligne parce qu’elles sont indépendantes de la volonté et, en apparence, irraisonnées, sont associées à l’intuition. Selon moi, elles correspondent aux excitations endosomatiques » rattachées à la pulsion freudienne Laplanche et Pontalis, 1981 [1967] 411, et sont à la base de la qualité de l’affect ressenti lors d’une situation donnée et, donc, de l’interprétation comme de la mémorisation de celle-ci. Les perceptions sont quant à elles, avant que d’être intériorisées, suscitées par des stimuli externes affectant nos organes des sens et c’est pourquoi la neurophysiologie les range dans la catégorie de l’extéroception. Les perceptions peuvent, bien entendu, engendrer des sensations cénesthésiques de plus ou moins grande intensité. Les unes et les autres ne recouvrent peut-être pas strictement les déterminants internes – du dedans – et externes – du dehors – sous-tendant l’hétérogénéité du vécu que Bataille associe à l’expérience du sacré. Les sensations cénesthésiques rendent néanmoins bien compte de l’aspect essentiel de sa composante organique, si chère à cet auteur qui accordait précisément le primat à la sensation pour accéder à la connaissance. Elles ont, de fait, l’avantage de se démarquer radicalement des catégories homogènes que sont les représentations formelles auxquelles les sciences sociales tendent à se cantonner et qui sont, selon Bataille, tout à fait inadéquates pour exprimer ce qu’il en est de l’expérience religieuse », ce pourquoi il les fustigeait. Photo 2. Ce qui ne lui ressemble plus © Marika Moisseeff 1 Je suis redevable à Maurice Bloch de m’avoir fourni les références des travaux de Rozin. 2 Comme le relève l’un de mes évaluateurs anonymes, la réglementation funéraire et les modalités [a ... 20Il est donc, de ce point de vue, pertinent de remarquer que la confrontation avec un cadavre provoque de manière quasi systématique des réactions viscérales dont l’un des ressorts majeurs serait le dégoût Rozin et al., 2008 7611. Les deux déclencheurs essentiels de la répulsion sont, d’une part, la vision, d’autre part, l’odeur fétide, souvent qualifiée de méphitique. Cette odeur coïncide, bien évidemment, avec la décomposition du corps elle donne consistance, en l’extériorisant, au processus interne sous-jacent mais, tout en le rendant perceptible, elle reste elle-même invisible. Les conditions sont donc remplies pour qu’elle soit éprouvée comme le facteur subtil de contiguïté entre le mort et le vivant, d’autant plus qu’elle contribue grandement aux effets bien réels, parce que physiquement ressentis, du premier sur le second, devenant en quelque sorte le véhicule de la contamination de l’un par l’autre. Le défunt est ainsi l’agent qui simultanément subit des effets organiques et en impose, faisant ingérence dans l’autre par la contagion opérée par sa transmutation. Aux effluves très palpables, quoiqu’invisibles, s’exhalant de la putréfaction charnelle, correspondent, en effet, pour celui qui en est le récepteur, les réactions très concrètes émanant de ses propres entrailles qu’il va pouvoir mettre au compte de l’objet inerte qui lui fait face2. On comprendra donc que ces réactions puissent être aisément mises au compte du pouvoir d’influence et d’action de la dépouille auquel il sera tout aussi facile d’attribuer une intention ; une intention qui viendra recouvrir l’assourdissant silence de ce corps ostensiblement muet. Le cadavre ainsi transformé en agent défie les distinctions conventionnelles entre sujets et objets, personnes et choses » Krmpotich et al., 2010 380. 21Les sensations cénesthésiques que les ethnologues tendent très largement à négliger doivent, selon moi, être mises en rapport avec la puissance conférée au cadavre et, par là, à d’autres objets cultuels dont la plastique, résultat ou non d’un procédé spécifique de fabrication, et/ou le mode de manipulation permettraient d’engendrer des sensations similaires. Elles participeraient au brouillage des frontières entre objet et sujet, en effaçant la possibilité d’accoler ces entités à un référent stable, univoque et ordinaire. C’est pourquoi la question cruciale préalable qu’il faut, me semble-t-il, poser pour retrouver les principes de l’efficience de ces choses matérielles – cadavre et objets – n’est pas, et là je détourne à mon profit la formule de Krmpotich et al. concernant les ossements 2010 373, que font les gens avec le cadavre ? », mais plutôt qu’est-ce que fait le cadavre aux gens ? ». Car, comme nous l’avons vu, le cadavre a effectivement la capacité de faire des choses aux vivants, c’est-à-dire qu’il est possible de lui attribuer une agentivité en dépit du fait qu’il est a priori dépourvu d’animation. Et, sans nul doute, cette qualité d’agent a quelque chose à voir avec ses propriétés sensibles, c’est-à-dire avec ce qui émane de sa matérialité spécifique. Un macchabée qui nous f’ra dégueuler » 22L’expressivité d’une personne, des traits de son visage à ses paroles, permet de lui attribuer une subjectivité. Cette expressivité, au moment du trépas, se fige. Le corps devient pure matière vouée, si on laisse libre court à son sort inéluctable, à la corruption. Il se transmue alors en un objet encombrant et importun car ce qu’il exsude gêne infiniment les sens. Pour preuve, l’extrait d’entretien avec le réalisateur Alain Jaubert sur ses repérages à l’Institut médico-légal de Paris Et la première sensation réelle, c’est l’odeur. [...] ça perturbe énormément, les odeurs de cadavre [...] J’ai senti d’abord cette odeur [...] qui est très très forte. C’est une odeur de viande en décomposition. [...] Il y a une violence [...] très forte. Par exemple, plusieurs jours après, je ne pouvais pas manger de viande, l’odeur de viande me rappelait cette odeur. [...]. La seconde sensation a été sur la couleur. Ça m’a beaucoup frappé [...]. [Les morts ont] des couleurs [...] assez violentes Hennig, 2007 [1979] 135-137. 3 Un exemple emblématique en est The Body Snatcher de Stevenson 1998 [1884]. 23Face à ces dépouilles dont l’expressivité est réduite à la pestilence et à la modification de l’aspect des chairs, s’il est un corps de métier, en Occident, dont les membres ont la réputation d’être naturellement à l’aise, c’est bien la médecine. Du point de vue des profanes, ces professionnels, et notamment les anatomopathologistes et les légistes, sont censés conserver leur sang-froid en toutes circonstances. Vu sous cet angle, la manipulation du cadavre est un acte essentiellement technique se confinant à une pratique distancée et sans état d’âme Moisseeff, 2013a. Et, il faut bien dire que le folklore carabin, tout comme les séries télévisées ou les romans policiers abordant le sujet, tendent à renforcer ce stéréotype. Pourtant, la frayeur éprouvée par les médecins est un motif que l’on trouve dans les récits recueillis auprès de spécialistes en exercice cf. supra ou la littérature britannique du xixe siècle3. En outre, si des recherches récentes montrent que la pratique de la dissection tend effectivement à diminuer, chez les étudiants en médecine, le malaise ressenti en touchant un corps mort déjà refroidi, elles soulignent aussi qu’elle n’atténue en rien leur répulsion à toucher le corps encore chaud d’un défunt Rozin, 2008a. Quoi qu’il en soit, toutes les études convergent pour affirmer que l’impassibilité apparente, s’accompagnant très souvent du maniement d’un humour particulier à caractère défensif, de professionnels patentés est le résultat d’un apprentissage que les impétrants affrontent avec crainte Segal, 1988 ; Godeau, 1993, 2007. Photo 3. Une dissection © Collection privée 24Pour donner encore plus de consistance à ce qu’il en est des sensations cénesthésiques ressenties en regard des propriétés sensibles des corps de personnes récemment décédées, je citerai ici les propos recueillis auprès d’une interne ayant pratiqué des dissections dans un service d’anatomie pathologique Ce qu’on craint, c’est de s’infecter [...]. on se protège quand même le nez pour pas respirer trop de cochonneries, parce qu’en plus, ça sent très mauvais [...]. L’odeur est tellement forte, [...] [elle] s’imprégnait sur mes mains, si bien que quand je portais ma fourchette à la bouche, je ne pouvais plus du tout manger. [...] j’ai pas mangé de viande pendant six mois [...] c’était trop pénible. [...]. C’est jaune verdâtre. C’est pas une belle couleur, dès que vous êtes chez un cadavre, tout devient horrible rires. [...] c’est tellement dégoûtant qu’on n’a pas tellement envie de rigoler. On rigole comme ça, on rigole parce qu’on a tellement peur qu’on se défend comme on peut... C’est quand même assez dégoûtant. C’est de la viande qui pourrit. Après, on s’habitue davantage. Mais quand même, chaque fois que le cadavre arrive [...], il se passe quelque chose. – Même six mois après ? – À chaque fois. [...], j’appréhendais [...]. J’avais peur. Enfin, je savais bien que la personne n’allait pas se mettre debout, mais qu’est-ce que j’allais voir ? [...] une fois qu’on a tout pris, tout découpé, on remet tout dedans en morceaux. C’est horrible. Horrible, horrible, horrible. On est tellement mécontent et agressif, parce qu’on en a ras le bol, qu’on jette tout avec vraiment beaucoup de méchanceté dans ce cadavre avec plaisir, [...] et après, on jette nos gants dedans rires de rage, [...] On dit, il l’emportera pas au paradis ... [...] ce qui m’a frappée, [...] c’est le mélange des couleurs. Des couleurs compliquées, [...] c’est pas des couleurs pures. [...] Hennig, 463-481. 25Ces paroles entrent en résonance avec ce que nous dit Miller quant à la spécificité du dégoût The idiom of disgust consistently invokes the sensory experience of what it feels to be put in danger by the disgusting, of what it feels like to be close to it, or touch it. Disgust uses images of sensation or suggests the sensory merely by describing the disgusting thing so as to capture what makes it disgusting. Images of sense are indispensable to the task. We thus talk of how our senses are offended, of stenches that make us retch, of tactile sensations of slime, ooze, and wriggly, slithering, creepy things that make us cringe and recoil. [...] no other emotion forces such concrete sensual descriptions of its object 1997 9, cité in Pachirat, 2011 286. 26On notera, à ce sujet, l’analogie des propos, concernant la prégnance des odeurs et des couleurs, tenus par le profane cité auparavant et par l’initiée. On relèvera, par ailleurs, la structure paradoxale de l’énonciation de cette professionnelle. Elle met, en effet, en évidence à la fois la réification, par le biais du ça » – ça pue, c’est horrible –, et son échec lorsque revient la personne » qui pourrait se relever et que l’on finit par punir avec plaisir » et beaucoup de méchanceté » pour avoir infligé tant de souffrance et d’angoisse dont le praticien insiste sur la persévérance en dépit de l’expérience acquise. La personne morte continue donc à agir mais d’une tout autre manière que celle qui est habituelle à un être humain ce n’est pas l’être parlant qui s’exprime mais une matière crue – une viande » – en train de se liquéfier dont l’expressivité uniquement sensorielle ne peut avoir pour seules réponses, du côté de son destinataire, que d’âpres sensations. Son miasme imprègne celui qui la manipule et en s’exhalant, tel un spectre invisible s’insinuant dans son corps par la bouche, altère son sens du goût au point de modifier durablement ses habitudes alimentaires. Tout se passe comme si le cadavre mortifiait littéralement son bourreau tandis que celui-ci lui insuffle la vie, n’ayant alors d’autre recours, pour tenter de s’en débarrasser, que de le tuer symboliquement une deuxième fois avec les instruments qui les ont mis en contiguïté physique, les gants et vlan, il l’emportera pas au paradis ». Pas de doute donc, le cadavre est un agent qui opère par contagion et, à l’acuité de son expressivité organique, répondent les termes acerbes qui lui sont adressés il agresse et est agressé en retour. Ce dont témoigne magistralement la fameuse chanson de salle de garde que nul médecin n’est censé méconnaître et dont je ne retiendrai ici que le contenu sémantique d’une de ses variantes Dans un amphithéâtreY’avait un macchabéeQui sentait fort des piedsCe macchabée disaitCe macchabée gueulait Ah ! c’qu’on s’emmerde ici »On va le disséquerAvec un spéculumOn en f’ra du pâtéQui nous f’ra dégueuler 27Au travers de l’euphémisme de la puanteur des pieds, c’est, d’une part, la prégnance de la pestilence qui est ici encore soulignée en premier et, d’autre part, le fait que si les premiers patients sur lesquels sont conduits à s’exercer les étudiants en médecine arrivent les pieds devant, leur pouvoir sensoriel leur confère, néanmoins, l’aptitude à se relever d’entre les morts pour aller les tourmenter. Et c’est bien, alors, leur aptitude à susciter une répulsion grandissante qui permet de leur concéder une parole qui va s’amplifiant le macchabée dit, puis il gueule à l’unisson de l’intensité croissante des sensations qu’il fait ressentir. Ainsi, par la grâce opérée par l’humour, le martyre subi par le macchabée se mue en martyre de ses tortionnaires. 4 Les travailleurs du funéraire restent révulsés tout au long de leur carrière par l’aspect des cadav ... 28La figuration d’un cadavre qui s’emmerde » évoque plus sûrement, pour ceux qui sont à même d’en saisir intuitivement le sens, le fait que c’est la liquéfaction de ses matières, entre autres fécales, qui emmerde4 ». Et si on menace de le disséquer avec un spéculum, et non avec le scalpel utilisé dans les faits, c’est que l’hyperbole exprime beaucoup mieux la fonction transgressive assumée par les médecins consistant à violer l’intimité des corps, vivants et morts. Le spéculum sert, en effet, à regarder à l’intérieur du sexe de la femme, à jeter un œil sur cette origine du monde si énigmatique d’où jaillit la vie. Mais pour avoir le droit d’accéder à ce secret, il faut d’abord ingérer » métaphoriquement du cadavre, c’est-à-dire dépasser la réticence naturelle à aller fouailler dans les entrailles. De fait, la mortification du macchabée le dote de la faculté redoutable de faire dégueuler les novices qui ont charge de le transformer en pâté », cette bouillie si peu ragoûtante à laquelle aboutit la dissection. Or une telle éventualité, si elle se réalisait, pourrait faire douter de la capacité à devenir médecin » Godeau, 1993 85. Ainsi, quoique toujours envisagée, elle reste difficilement avouable sinon sous couvert d’un hymne dont la tonalité joyeuse et rigolote masque aux profanes la vérité de l’expérience vécue. 29Envisagé sous cet angle, le cadavre apparaît comme l’objet fondamental utilisé dans le rite inaugural de la trajectoire initiatique que doivent emprunter ceux qui se destinent à assumer ce que l’ethnologue pourrait avoir intérêt à reconnaître comme la sacralité de la fonction médicale Moisseeff, 2013b. Le corps, matière et instrument des rites médicaux 5 Segal ibid. et Godeau ibid. 92 ont tout deux observé l’assimilation établie par les apprentis ... 30La référence précédente au spéculum en lieu et place du scalpel exprime on ne peut mieux le caractère obscène d’une pratique dont la chanson est un condensé elle consiste effectivement à traiter le corps d’un défunt comme un morceau de viande au point que les employés du laboratoire d’anatomie et de la morgue sont parfois appelés “les garçons bouchers” » Godeau, 1993 89. Mais si cette chanson est emblématique de la profession médicale, c’est que ses officiants ont, de façon beaucoup plus générale, la tâche sacrilège de faire intrusion dans l’intimité de leurs patients. Ils leur demandent tout de go de se déshabiller afin d’accéder directement à leur corps qu’ils sont légalement habilités à regarder dans toute sa nudité, à allonger, à toucher et palper, à investiguer dans ses moindres recoins en pénétrant, par exemple, ses orifices, ou en lui infligeant parfois des traitements douloureux. Et lorsqu’ils souhaitent avoir un accès encore plus libre à ce corps, ils l’anesthésient et l’ouvrent pour voir et manipuler ce qui est à l’intérieur. Et pour pouvoir maîtriser ce corps qui est la pièce maîtresse des actes médicaux Moulin, 2006, il faut l’appréhender comme une chose, en faisant abstraction de la subjectivité dont elle est dotée. L’objectivité du praticien est au prix de la désubjectivation de la matière sur laquelle il opère Segal, 1988. C’est pourquoi la dissection et l’autopsie des cadavres constituent, après la réussite du concours d’entrée en médecine, les étapes successives préliminaires à l’apprentissage clinique proprement dit. Et lorsque j’ai fait mes études de médecine, nous étions ensuite amenés, au cours de notre première année d’externat, à effectuer des stages de chirurgie. À n’en pas douter, donc, l’apprentissage médical est centré, non seulement sur le corps mais, surtout, sur l’acquisition de la capacité à contrôler ses émotions face à une matière qui n’est jamais indifférente, et ce d’autant moins, paradoxalement, qu’elle est immobile. Les corps figés, par la mort ou l’anesthésie5, deviennent des objets ambigus dont émane une force telle qu’elle est, comme le dit Agnès Pataux des fétiches africains, incitatrice à éviter les faux-pas » 2010 13. Artefact rituel et objet charnel imposent donc du fait de leur matérialité propre une même focalisation de l’attention on ne peut les manipuler qu’avec les plus grandes précautions. Mais l’opérateur d’efficacité du corps repose plus particulièrement sur ce qui en est la condition le dévoilement transgressif de l’intime qui atteint son point ultime lorsqu’il aboutit à la dénudation des chairs telle qu’elle est réalisée par les actes chirurgicaux et surtout l’autopsie ou la dissection. 31Ce surgissement de l’excès de présence incarnée se produit, pour les profanes, au moment du trépas mais aussi de la naissance et il les terrifie Devant le nouveau-né, comme devant le mort, la même panique saisit, le même affolement, on ne sait que faire et on a peur » Verdier, 1979 103. L’épouvante doit selon moi être rattachée aux sensations cénesthésiques particulièrement violentes suscitées par la réduction du corps à la crudité des matières qui le composent. Ainsi, lors de l’accouchement, le jaillissement du corps du bébé, en soi déjà très saisissant, s’accompagne, en effet, de l’expulsion du placenta et d’autres substances olfactivement offensives telles que sang, fèces et liquide amniotique. La parturition expose, en outre, le sexe de la mère renforçant ainsi l’indécence de la révélation de l’intime organique pour ceux qui en sont témoins. L’exhibitionnisme auquel est réduit le défunt est, quant à lui, remarquablement décrit par Milan Kundera Voici encore un instant on était un être humain protégé par la pudeur, par le sacré de la nudité et de l’intimité, et il suffit que vienne la seconde de la mort pour que notre corps soit soudain à la disposition de n’importe qui, pour qu’on puisse le dénuder, l’éventrer, scruter ses entrailles, se boucher le nez devant sa puanteur 1987 [1978] 278. 32La naissance et la mort imposent donc une relation immédiate et directe avec l’irréductible hétérogène du réel organique, facteur d’angoisse irrépressible à l’origine, selon Bataille, de l’expérience du sacré. De fait, l’irruption de l’inquiétante étrangeté liée à la transformation du familier en tout autre, et plus précisément en cette chose répugnante parce que réduite à un objet purement charnel, plonge les proches, comme le rappelle Yvonne Verdier, dans le désarroi. Ce qui les impressionne, au sens fort, c’est l’intuition de franchir sans le vouloir un interdit fondamental, celui d’accéder à ce qui devrait rester à tout jamais caché et qui cependant, en ces occasions singulières, s’offre sans défense possible à l’acuité de leurs sens. D’où la nécessité ressentie, dans nombre de sociétés, de recourir à un tiers pour médiatiser la relation des proches avec le nouveau-né ou le défunt. À une époque où l’on naissait et mourait la plupart du temps à domicile, ce tiers était souvent une femme à qui revenait la tâche de faire » les bébés et les morts ; une tâche consistant, pour l’essentiel, à les nettoyer, que l’ethnologue qualifiait de domestication et d’humanisation, de socialisation » Verdier, ibid. 105. 33Dans la plupart des sociétés occidentales contemporaines où la gestion des corps revient à la médecine, cette tâche est déléguée au personnel des organismes de santé. Un sacré compatible avec la laïcité 34La conception du sacré à laquelle je me réfère est en phase avec celle de Bataille qui s’est lui-même inspiré de certains travaux ethnologiques 1957. Dans cette perspective, le sacré est rattaché à la transgression, c’est-à-dire au franchissement d’une frontière séparant ce qui peut être montré ou fait en des circonstances ordinaires et ce qui ne peut l’être qu’en des occasions exceptionnelles, voire illicites. Lorsque cette frontière est violée, le secret de ce qui doit habituellement être tenu à distance des sens est révélé la chose est exposée sans fard, c’est-à-dire sans l’interposition de ses représentations ou de ses voiles de convenance. On est alors dans l’extraordinaire qui peut être organisé comme tel au moyen de conventions socialement reconnues comme il est de règle au cours de cérémonies religieuses, mais aussi de l’examen médical ou des interventions chirurgicales ou médico-légales. 35L’exhibition de l’intimité corporelle est, de fait, celle qui est la plus susceptible de renvoyer à une transgression. C’est pourquoi il y a une contiguïté entre le sacré et, d’une part, les actes sexuels, d’autre part, la mort, tous pouvant se trouver conjugués dans des circonstances extrêmes, ce à quoi renvoie l’imagerie des œuvres de Sade, Bataille et Guyotat. Ce qui lie ces phénomènes est la présence excessive et sans médiation de la chair. De ce point de vue, le sacré renvoie à l’exhibition de l’intimité physique telle qu’elle est mise en place dans les rites où le corps est dénudé, soumis à des mutilations plus ou moins conséquentes, et où ses fluides ou excreta sang, sperme, urine, fèces jouent un rôle essentiel. Il en va ainsi dans des contextes culturels tels que celui des Aranda où des opérations parfois extrêmement sanglantes sont pratiquées sur les corps par les seuls initiés au cours de rites estimés des plus sacrés, ce pourquoi il est strictement interdit aux profanes d’y assister. Dans cette perspective, les blocs opératoires et les morgues renvoient à des lieux où le sacré est également à l’œuvre. 6 Dans cet article cité, en reprenant la définition de la religion proposée par Durkheim dans Les for ... 36De fait, les ethnologues travaillant dans des sociétés où le terme de religion ne renvoie, à l’origine, à aucun vocable indigène, rangent dans le registre du religieux, non seulement les croyances en des entités ou principes invisibles, mais également tous les phénomènes peu ou prou ritualisés. Or, dans ces contextes, le rite met en jeu le corps qui est tout ensemble son outil et sa matière » Fabre, 1987 4 et, bien entendu, ceux qui entourent la naissance et la mort y occupent, en général, une place de choix. Dans l’ensemble des sociétés occidentales d’aujourd’hui, ce type de rites renvoie aux pratiques médicales. Vu sous cet angle, les organismes de santé constituent les lieux d’un culte qui, bien que qualifié de laïc par les indigènes, n’en est pas moins le cadre de la mise en place, depuis l’émergence du biopouvoir Foucault, 1997 [1976], d’une religion centrée sur le corps Moisseeff, 2013b6. Les actions rattachées à ce culte sont rigoureusement encadrées par des législations restrictives punissant les dépassements aux transgressions qui y sont légalement autorisées et, pour cela même, déléguées à des officiants légitimés dans leur fonction par une initiation spécifique. 37L’initiation suivie par ceux qui occupent le haut de la hiérarchie, les médecins, consiste en tout premier lieu, comme nous l’avons vu, à les confronter à la mort qu’ils auront charge de combattre, en les introduisant ainsi d’emblée à l’aspect sacré de l’intrusion dans l’intimité des sujets qui est à la base du culte médical. Cet apprentissage se poursuivra, pour ceux ayant réussi le concours de l’internat, par ce qui renvoie au folklore des salles de garde. Sexe et pornographie y sont conviés et permettent de transgresser, en l’inversant, ce qui constituait la stricte discipline imposée aux officiants de la religion traditionnelle sous couvert de la continence sexuelle, voire de la virginité. Les rites ouvrant et fermant le temps de l’internat sont eux-mêmes sacrilèges vis-à-vis de la liturgie chrétienne et c’est pourquoi, bien que fondés sur la débauche, ils sont appelés baptême et enterrement. De fait, ce parcours initiatique dont la coutume a pris pied, en France, au début du xixe siècle Godeau, 2007, au sein même des temples de l’exercice, à savoir les hôpitaux, a permis à un personnel laïque d’en évincer progressivement les religieuses chrétiennes, seules jusque-là à y soigner les malades indigents Lalouette, 1991, 2006 ; Knibiehler, 1984 ; Huguet-Duguet, 1982. Dans ces institutions, ces initiés ne peuvent opérer sur le corps et ses constituants que dans des enceintes réservées à cet effet dont l’entrée est strictement interdite, hormis le patient concerné alors appréhendé comme un objet, aux non-initiés. Les matières manipulées et les instruments utilisés y sont considérés comme potentiellement, voire effectivement, contagieux, ce pourquoi ils sont soumis à des procédures de décontamination. 38L’objet le plus sacré de cette religion laïque est donc, à n’en pas douter, le corps, ce que mettent bien en évidence l’émergence récente et l’importance reconnue à la bioéthique et la référence à la nécessité de préserver la dignité humaine dans le cours d’actes médicaux de plus en plus intrusifs en recourant, dans la jurisprudence, aux notions d’inviolabilité et de sacré si problématiques dans un état laïque Gasnier, 2012 232 que les juristes leur substituent parfois, dans les textes de loi, des termes empruntés à la langue liturgique s’il en est qu’est le latin Baud, 1993. De fait, l’article 16-2 du Code Civil précise que Le juge peut prescrire toutes mesures propres à empêcher ou faire cesser une atteinte illicite au corps humain ou des agissements illicites portant sur des éléments ou des produits de celui-ci, y compris après la mort ». 39Cette consécration de la sanctuarisation du corps humain » Gasnier, ibid. 232 repose sur la préséance accordée à l’individualité physique pour fonder l’identité personnelle dans les sociétés occidentales contemporaines. On en prendra pour preuve la prégnance croissante des critères d’identification biométrique. En effet, le corps est une entité munie de limites suffisamment claires pour que leur visualisation, via l’échographie obstétricale, incline à reconnaître aujourd’hui au fœtus des droits élargis, de même que, depuis quelque temps déjà, l’accouchement est censé opérer une coupure suffisante entre la mère et l’enfant pour que celui-ci soit vu, dès la naissance, comme une personne à part entière. De ce point de vue, la prise en charge du corps par des organismes de santé participe de la religion laïque centrée sur le culte de l’homme anticipée par Durkheim 1914. De l’immortalité des corps dans l’Occident contemporain 40Dans les sociétés occidentales où le corps est devenu la référence première de l’identité personnelle, le cadavre semble avoir acquis un statut de plus en plus comparable à celui assigné au churinga chez les Aranda. En effet, en consacrant la sanctuarisation du corps humain », la loi a, dans le même temps, proclamé la nature sacrilège de toute atteinte au corps y compris après la mort ». Ce constat est d’autant plus remarquable que jusqu’à une période récente, en dehors des dispositions relatives aux funérailles », le cadavre n’intéressait pas le droit Gasnier, ibid. 230. La loi traitait la dépouille d’un simple mortel comme une chose, certes particulière mais néanmoins dépourvue de toute personnalité juridique. Aujourd’hui, en conséquence des pouvoirs sur les matériaux humains concédés à la biologie, l’origine et le terme de la trajectoire d’un sujet ont tendance à s’étendre en deçà et au-delà de ce qui la bornait traditionnellement la naissance et la mort. En effet, les nouveaux textes de loi ne protègent pas seulement le cadavre, au sens où nous pourrions l’entendre classiquement, à savoir le corps dans un état de décomposition plus ou moins avancé, sur lequel on peut cependant encore reconnaître la forme d’un corps humain, mais également les ossements, les cendres issues du corps, ou des parties de corps » ibid. 232. De manière corrélative, nous avons les plus grandes difficultés à nous séparer de nos défunts, ce dont témoigne l’injonction paradoxale au devoir de mémoire et au travail de deuil. 41Tout se passe comme si la gestion des corps au sein des organismes de santé avait permis de leur conférer une forme d’immortalité. En ayant développé les moyens de prolonger médicalement et ad vitam aeternam la vie organique, ils sont effectivement à même de maintenir entre la vie et la mort des individus en fort mauvais état, voire dont la mort cérébrale a été prononcée et qui pourront ainsi faire l’objet de prélèvements pour suspendre l’arrêt de mort pesant sur d’autres individus. Pour se débarrasser de ces corps devenus potentiellement immortels, on se retrouve donc devant l’obligation d’édicter de nouvelles lois autorisant l’euthanasie. Parallèlement à cet état de fait, on constate, d’une part, la multiplication des fictions mettant en scène zombies, vampires et autres morts-vivants, d’autre part, la propension à transformer le cadavre en artefact artistique particulièrement valorisé et subversif Carol, Renaudet, 2013 ; Walter, 2004a & b. Les expositions de cadavres plastinisés de Von Hagen en sont l’illustration la plus flagrante. En effet, si elles ont donné lieu, du côté des intellectuels et des décideurs publics, à nombre de polémiques, elles ont plutôt suscité l’admiration béate, voire une fascination quasi religieuse, du côté du grand public, certaines personnes s’étant portées volontaires pour devenir après leur mort l’objet de ce nouveau culte des reliques très incarnées Walter, 2004a. 42On voit donc qu’il est possible de reconnaître à cet objet cultuel naturel qu’est le cadavre les qualités requises permettant de l’instituer en artefact pérenne à l’instar du churinga. Mais on relèvera que chez les Aranda, le churinga, à la différence de la dépouille mortelle vouée à terme à une dissolution irrémédiable, est le seul élément ayant supporté l’identité spécifique du défunt qui, parce qu’il est doté d’une nature inaltérable qualifiée d’éternelle, est jugée digne de continuer à l’évoquer au-delà de la mort. Par contraste, dans les sociétés occidentales contemporaines telles que la nôtre, on a remplacé la discontinuité de la personnalité juridique par sa pérennité si bien que la personne humaine qui a été longtemps conçue comme l’usufruitière de son corps, de son vivant, semble en avoir obtenu, ces derniers temps, la nue propriété perpétuelle dès son décès. Par conséquent, le corps, cet objet qui a tant de difficultés à expirer, est susceptible de conférer à l’individu une éternité quasi similaire à celle conférée, chez les Aranda, au churinga.
surun petit, petit navire, sur un petit navire,ja , ja jamais on a , vu, vu, vu, la queue d une souris ri, ri ri, ri, dans une citrouille y avait un poisson volant qui mangeait des nouilles avec un cure-dents, dans un amphithéâtre, dans un amphithéâtre, dans un amphithéâtre, Les saints et les anges Harmonisation Xavier Hubaut Voir la partition Vidéo enregistrée en 2010 à l'occasion du 75e anniversaire de la Chorale de l'ULB© Jean Corbreun 2010. Les saints et les anges Et le petit Jésus Quand ça les démange Se gratt'nt le trou du cul Ave ave avec le petit doigt bis Le jour de l'An Harmonisation Robert Ledent Voir la partition Le jour de l'An approche C'est le jour le plus beau Chacun fouill' dans sa poche Pour fair' un p'tit cadeau Moi qui n'ai rien au monde Pas même un p'tit écu Ma pièce la plus ronde, C'est le trou de mon cul bis Cet air est également au répertoire du carillon 60 cloches de la Basilique de Buglose, sous le nom de La Chalosse et les Landes Voila au moins un bon usage des carillons d'église. Les quatre jouissances Harmonisation Xavier Hubaut Mp3 Chorale de l'ULB Voir la partition La femm' qui pète au lit Qui pète au lit Éprouve quatre jouissances Elle bassine son lit Bassine son lit Elle soulage sa panse Elle entend son cul qui chante Elle empoisonne son mari Elle entend son cul qui chante Dans le silence de la nuit. L'Anthologie Hospitalière et latinesque nous offre une version légèrement différente La femm' qui pète au lit Éprouve quatre jouissances Elle parfume son lit Elle soulage sa ventre Elle entend son cul qui chante Elle empoisonne son mari. Cette chanson est originaire du Nord et connue en Flandre française et belge. La femme qui pète au lit est interprétée de manière très originale par le groupe belge Turdus Philomelos, le nom savant de la grive musicienne. Ce groupe est composé de Julien de Borman accordéon diatonique, Sébastien Willemyns violon, Martin Kersten saxophone, Gwenaël Francotte batterie, Matthieu Chemin basse et Karim Baggili guitare. Pour la petite histoire, ils se présentent comme Juliao het bronman hardcoredeon, Sebatiew nillewimsviolonu, Martik nerstrek saxofond, Negwaef el rancotte percutator, Matchem babasse et bienitot Unuevo guiteur. Le style de l'interprétation est remarquable, improvisations successives passant d'un tango aux danses balkaniques endiablées et terminant par la musique juive, le tout dans un style très jazzy. Seul petit regret ils prennent la version simplifiée, dans la phrase "Elle entend son cul qui chante", bien moins chantante que l'originale. Si vous ne reconnaissez pas tout de suite la chanson, prenez la peine de patienter 3'18" la chanson est jusque là, est jouée et improvisée en mode mineur !. De toutes manières, c'est de l'excellente musique à écouter; leur site internet est Quand j'étais petit Quand j'étais petit, Je n'étais pas grand, Je montrais mon cul À tous les passants. Mon papa disait "Veux-tu le cacher !" Je lui répondais "Veux-tu l'embrasser !" Cet air est connu et chanté par tous les enfants des écoles maternelles et primaires avec de nombreuses variantes. Claude Gaignebet signale, dans Le folklore obscène des enfants publié en 1980, que le texte original était bien plus "sage" Quand j'étais p'tit' fille Je n'étais pas grande. J'allais à l'école Des petits enfants Mon pain à la poche Mon sou à la main Pour ach'ter une pomme Manger avec mon pain. Plus sage, peut-être, mais moins drôle ! Plaisir d'amour Plaisir d'amour ne dure qu'un instant, Mais la vérole dure toute la vie. Il s'agit évidemment d'un pastiche de Plaisir d'amour, une chanson qui date de 1785 ! Les paroles sont de Jean-Pierre Claris de Florian et la musique a été écrite par Martini Jean-Paul-Égide Schwarzendorf. Ci-dessus, vous pouvez écouter une version originale chantée par Yvonne Printemps. La semaine Arrangement Xavier Hubaut Le lundi, je baise en levrette, Le mardi, je baise en canard Le mercredi, je fais minette Le jeudi, je m' fais sucer l' dard, Le vendredi, feuille de rose, Le samedi, soixante-neuf Et le dimanche, je me repose Pour me refair', du foutre neuf. } bis Le lézard 1. Si tu voulais chatouiller mon lézard Je te ferais mimi, Je te ferais minette Si tu voulais chatouiller mon lézard, Je te ferais minett', ce soir 2. T'as pas voulu chatouiller mon lézard, Je n' te f'rai pas mimi, Je n' te f'rai pas minette, T'as pas voulu chatouiller mon lézard, Je n' te f'rai pas minett' ce soir 3. lf you will do kili-kili to my lezard I shall do you mimi I shall do you minette lf vou will do kili-kili to my lezard I shall do you minett' tonight 4. You didn't made guili-guili to my lezard I shan't do you mimi l shan't do you minette You didn't made guili-guili to my lezard I shan't do you minett' tonight On trouve évidemment beaucoup de couplets en langue étrangère; citons-en quelques uns. En allemand Ob sie mein grosse bit masturbieren wollen Ich matche dich mimich Ich matche dich minette Ob sie mein grosse bit masturbieren wollen Ich matche dich minette am nacht En patois Si tu voulais gatouiller ma lézarde, Je te ferais mimi, Je te ferais minette; Si tu voulais gatouiller ma lézarde, Je te ferais minette ce soir! En latin Si te lezarum tutuare volebat, Te faciam moumoune Te faciam miamiam Si te lezarum tutuare volebat, Te faciam miamiam hodi! En congolais Sokio lingui sokana elako nangaï, Nako pessa sengo Nako pess'idemo Sokio lingui sokana elako nangaï, Nako pess'idemo pokowa! En patois morvandiot Si t'en voulo lipoter ma masio, Yo te fero lili, Yo te fero lichette; Si t'en voulo lipoter ma masio, Yo te fero lichette ce souar. En espagnol Si te quieres el lagato casquear, Te hare lili, Te hare lilita; Si te quieres el lagato casquear, Yo te fero lichette noche. Bien entendu, nous ne donnons aucune garantie sur ces traductions ! La bataille de Reichshoffen 1. C'était un soir, Bataille de Reichshoffen, Il fallait voir Les cuirassiers charger Cuirassiers chargez ! 2. Un doigt ! C'était un soir ... 3. Deux doigts !... 4. Une main !... 5. Deux mains !... 6. Un pied !... 7. Deux pieds !... 8. La tête !... 9. Le cul !... 10. Le vit ! C'était un soir, Bataille de Reichshoffen, Il fallait voir Les cuirassiers charger Cuirassiers baisez ! Cette bataille, dite de Reichshoffen, constitue un épisode sanglant de la guerre franco-allemande de 1870 qui opposa le Second Empire français et les royaumes allemands unis derrière le royaume de Prusse aussi est-elle parfois appelée guerre franco-prussienne. En fait, c'est celle de Frœschwiller-Wœrth. Elle est célèbre pour une série de charges des cuirassiers français. La défaite française du 6 août 1870 ouvrira la route des Vosges et par conséquent celle de Paris. Elle aura aussi pour conséquence de rattacher pour 48 ans, l'Alsace et la Moselle à l'Allemagne. La guerre dura du 19 juillet 1870 au 29 janvier 1871. Elle entraînera la démission de Napoléon III. Des députés dont Léon Gambetta proclament la République et la déchéance de l'empereur est votée le 1er mars 1871. Dans Paris, exaspéré par les événements subis, naît la Commune, nom donné au mouvement révolutionnaire et au gouvernement insurrectionnel qui fut mis en place à Paris 18 mars 1871. Ce mouvement démocratique est écrasé dans un bain de sang lors de la "semaine sanglante", 21 au 28 mai 1871. Il y aura autant de morts parmi les fédérés qu'à la bataille de Reichshoffen ! L'Espagnole musique Arrangement Xavier Hubaut Mp3 Félix Mayol C'était une Espagnole De la Marolle Elle avait un' mijolle Comme un' casserole Elle jouait d' la trompette Avec son pete Jouait des castagnettes Avec ses tettes Taram, tam, tam... Dans se forme originale, cette chanson a été un des plus grands succès de Félix Mayol; voici un extrait de La Mattchiche datant de 1906; la musique, à l'origine une "zarzuela", est de et a été arrangée par Charles Borel-Clerc Voici, dues à P. Cadenas et adaptées par Léo Lelièvre et Paul Briollet, les paroles du premier refrain C'est la danse nouvelle Mademoiselle Prenez un air canaille Cambrez la taille Ça s'appell' "La Mattchiche" Remuez vos miches Ainsi qu'une espagnole Des Batignoles Napoléon Veut danser dans l' salon Mais Joséphine Préfèr' dans la cuisine. Qui ose encore dire, qu'à l'heure actuelle, on ne fait plus que des chansons stupides? L'adaptation est belge, plus précisément bruxelloise. La Marolle ou les Marolles était un ancien quartier très pauvre de Bruxelles. C'est là que se trouvait le "marché aux puces" ou "vieux marché", en bruxellois, "den ae met". Après la deuxième guerre mondiale, les Marolles se sont peu à peu hispanisées ce qui explique le titre. Sur le même air, on chante en France, dans le Nord et au Carnaval de Dunkerke Elle a des grosses tototes Refrain Allons douc'ment Sans trop presser l'mouv'ment C'est palpitant Et ça dure plus longtemps 1. Elle a des grosses tototes1 Ma tante Charlotte Et c'est moi qui les plotte Ses grosses tototes. Elle a de belles cuisses Ma tante Alice Et c'est moi qui les lisse Ses belles cuisses. 2. Il a un gros cigare Mon oncle Edouard Il l'astique tous les soirs Son gros cigare. Il a un beau m'tit2 wiche3 Mon oncle Diche Il aime qu'on lui pourliche Son beau m'tit wiche. 3. Elle a de belles fesses Ma tante Agnès C'est moi qui les caresse Ses belles fesses. Elle a une belle boîte à prise Ma tante Louise C'est moi qui la défrise Sa boite à prise. 4. Elle a un beau m'tit plat'che4 Ma tante Rosat'che C'est moi qui lui fait mât'che5 A son m'tit plat'che. Elle a une échalote Ma tante Charlotte C'est moi qui lui tripote Son échalote. 1 tototes = seins, nichons 2 m'tit = petit 3 wiche = sexe masculin, zizi 4 plat"che = sexe féminin, foufoune 5 faire mât'che = être copain, flatter Pine au cul, Madame Bertrand Pine au cul, Madame Bertrand, Vous avez des filles bis Pine au cul, Madame Bertrand, Vous ayez des filles qu'ont l' con trop grand Ils sont grands comme des marmites Pour les enfiler faudrait d' trop gross's bites Pine au cul Quand ell's s'en vont à la messe Ca leur rentre dans les fesses Ah! La belle affaire air "Pomp and circumstance" in Land of Hope and Glory de Edward Elgar 1857-1934 Mp3 Pomp and circumstance Ah! La belle affaire, on va se saouler Ah! La belle affaire, on va se péter La, la, la... } ad libitum Avec mon zizi air À la Martinique Arrangement Xavier Hubaut Mp3 Charlus Avec mon zizi, mon zizi, mon zizi, Le monde entier bande et jouit On le suce de New York à Paris Il n'y a rien d' meilleur que l' jus d' mon zizi Et si vous voulez régaler vos amies Offrez leur mon zizi. Parlé En vente dans cette salle L'air original est celui d'une ancienne chanson "A la Martinique" de 1912. Les paroles sont d' Henri Christiné sur une musique de George M. Cohan. L'extrait que nous vous avons présenté est chanté par Charlus qui fut son premier interprète. Ce chanteur, aujourd'hui tombé dans l'oubli, avait également à son répertoire "Héloise et Abélard", "Les deux gendarmes", ... et bien d'autres qui ont eu leurs heures de célébrité. Les trois refrains de la chanson disaient A la Martinique, Martinique, Martinique, C'est ça qu'est chic, c'est ça qu'est chic, Pas d' veston, de col, ni d' pantalon, Simplement un tout petit cal'çon; Y en a du plaisir, du plaisir, du plaisir, Jamais malad', jamais mourir, On ôt' le cal'çon pour dîner l' soir, Et tout le monde est en noir. A la Martinique, Martinique, Martinique C'est ça qu'est chic, c'est ça qu'est chic Les p'tites femm's se mettent simplement Une feuill' de bananier par d'vant Y en a du plaisir, du plaisir, du plaisir Jamais malade, jamais mourir Et la feuille, ça sert à rien du tout On sait bien c' qu'y a en d'ssous A la Martinique, Martinique, Martinique C'est ça qu'est chic, c'est ça qu'est chic Moi ach'ter, car je suis connaisseur Du terrain pour devenir planteur Y en a du plaisir, du plaisir, du plaisir Elle répondit dans un soupir J' vois déjà que tu feras sûr'ment Un planteur épatant. Cette chanson, qu'on qualifiait à l'époque de chanson "nègre" !, eut beaucoup de succès et fut par la suite reprise par Fragson, Mayol, Andrex, et, plus récemment, par les Charlots. L'air, légèrement raccourci, servit dans les années 1950 de support à une publicité pour l'apéritif Martini. Avec Martini, Martini, Martini, Le monde entier chante et sourit On en boit de New York à Paris Y a rien d' meilleur qu'un vrai Martini Et si vous voulez régaler vos amis Offrez un Martini. Avec mon zizi est, en fait, un détournement de cette publicité. Le parlé de la fin se justifie par le fait qu'à l'époque pas encore de TV et pas de pub sur les radios publiques, les publicités étaient essentiellement diffusées dans les salles de cinéma pendant les entractes. La publicité pour les "chocolats glacés" Frisko et Alaska était terminée par la petite phrase "En vente dans cette salle". Dans un amphithéâtre 1. Dans un amphithéâtre ter -phithéâtre ter tsoin-tsoin 2. Y avait un macchabée ter macchabée ter tsoin-tsoin. 3. Ce macchabée disait ter Y disait ter tsoin-tsoin 4. Ah! c' qu'on s'emmerde ici ter -merde ici ter tsoin-tsoin Cette chanson est habituellement reprise à son début, ad libitum. Pour éviter la monotonie, certains y ont ajouté d'autres couplets. Par exemple entre le 2e et le 3e Qui sentait fort des pieds ter Fort des pieds ter Tsouin, tsouin et après le dernier On va le disséquer...Dans Les quat'z'arts 1964, Georges Brassens chante Le mort ne chantait pas "Ah ! c' qu'on s'emmerde ici !" Il prenait son trépas à cœur, cette fois-ci. Crème Nivéa Mp3 Les anges dans nos campagnes Parlé Il fait froid ! Il fait très froid ! Il fait très très froid ! Il fait froid, J'ai le cul qui pèle, Et les roustons tout ratatinés, Ah crème nivea, si tu étais là, Finies les gerçures au cul, Et les engelures ! Parlé Il fait chaud ! Il fait très chaud ! Il fait très très chaud ! Il fait chaud, J'ai le con qui suinte, Et les nichons tout déshydratés Ah crème nivea, si tu étais là, Finies les gerçures au con, Et les vergetures. Se chante sur l'air de Les anges dans nos campagnes en version abrégée ! Les paroles du premier couplet de ce chant de Noël étaient Les anges dans nos campagnes Ont entonné l'hymne des cieux, Et l'écho de nos montagnes Redit ce chant mélodieux Gloria in excelsis Deo bis Les clottes C'est aujourd'hui que j'ai mes clottes Non, tu ne pourra pas m' baiser! J'ai mis de l'ouate dans ma culotte Pour empêcher le sang de couler sur mes pieds Non, non, tu ni me feras pas minette T'es un salaud de vouloir ainsi me sécher J'ai mis de l'ouate dans ma culotte Pour empêcher le sang de couler sur mes pieds La libellule Mon cul est une libellule Qui s'en va chaque matin Voltiger sur la lagune Pour y faire des pets marins Les femmes Les femmes ça pue, ça sent la charogne Les femmes, ça pue ça sent la morue Y a que l' trou d' mon cul Qui sent' l'eau de Cologne, Y a que l' trou d' mon cul Qui sent' la vertu Ce petit intermède, très délicat!, prouve l'origine essentiellement masculine des chansons paillardes ; c'est en fait la parodie d'une autre chanson moins sexiste Tout le monde y pue Il sent la charogne Y a qu' le trou d' mon cul Qui sent l'eau d' Cologne Cette chanson a été reprise par Pierre Dac et Francis Blanche. Leur première émission radio commune "Malheur aux barbus" est diffusée sur Paris-Inter en 1951-52. Elle a pour héros un dénommé Furax. Son succès est tel qu'il faut déplacer l'heure d'émission afin d'éviter que les écoliers n'arrivent en retard à l'école. Ils poursuivent par "Les Kangourous n'ont pas d'arêtes". Malheureusement, le caractère atypique de leurs émissions leur vaut d'être éjectés de la cette radio. Ils reprennent les émissions en 1955 sur Europe n°1 dans le cadre d'une série dénommée "Signé Furax" dont les 5 saisons étaient intitulées "Malheur aux Babus" en référence à leur émission-culte, "Le Boudin Sacré", "La lumière qui éteint", "Le gruyère qui tue" et "Le fils de Furax". Il y est question de la secte des Babus qui veulent conquérir le monde par tous les moyens. Fanatiques religieux, ils ne ratent pas une occasion d'entonner leur hymne sacré Intro Des figues, des bananes, des noix. Des noix, des bananes, des figues. Des figues, des bananes, des noix. Des noix, des bananes, des figues. 1. Tout le monde y pue, Il sent la charogne. Y a que le Grand Babu Qui sent l'eau de Cologne 2. Tout le monde y pue, Il fait mal au cœur. Y a que le Grand Babu Qu'a la bonne odeur. Final Chaviro Rotantacha Chamipataro Rogrillapatacha bis Durant des années, les enfants ont hurlé à tue-tête ce hymne charmant sans imaginer les paroles de l'original ! Remarquons que pour mieux apprécier la subtilité des paroles du 3e couplet, il faudrait peut-être l'orthographier Chat vit rôt - Rôt tenta chat - Chat mit patte à rôt - Rôt grilla patte à chat ! La chasse aux moules A la chasse aux moules, moules, moules, Je n' veux plus aller, maman. Les fill's de la ville, ville, ville, M'ont pris tout mon blé maman ! A la pêche aux founes, founes, founes, Je n'veux plus fourrer, maman. Les fill's de ma pine, pine, pine, M'ont mordu le gland maman ! Parodie évidente de la chanson enfantine A la pêche aux moules. Quand je bande Quand je bande Je me demande Où ma pine va s'arrêter Quand j' débande Je me demande Quand ça va recommencer? Les chiens Qu'ils sont heureux les chiens Qui font pipi dans la rue Qu'ils sont heureux les chiens Personn' ne leur dit rien Pschiiiit A rapprocher de ce petit poème intitulé Bonheur parfait Que les chiens sont heureux ! Dans leur humeur badine Ils se sucent la pine, Ils s'enculent entr'eux; Que les chiens sont heureux ! Texte publié dans le Parnasse satyrique, édité par Auguste Poulet-Malassis en 1864 et attribué à un anonyme. On le retrouve également dans L'œuvre libertine des poètes du XIXe siècle de 1918, avec la signature Théophile G.....r. Tous les spécialistes s'accordent pour en attribuer la paternité à Théophile Gautier 1811-1872 Quand on a une gueule comme ça Quand on a une gueul' comme ça, On la ferme, on la ferme ! Quand on a une gueul' comme ça, On la ferme et on s'en va ! La boiteuse voir la version canadienne Arrangement Xavier Hubaut 1. Encore une boiteuse qui revient du marché, Ell' porte dans sa hotte des œufs à plein panier. Les œufs allaient cassi, cassant, Boiteuse allait boiti, boitant ! Ah! Maman ne pleurez pas tant Nous allons couper la bite à Sergent. Mais avant de la lui couper, Nous allons la lui attacher, Attacher la bite à Sergent, Avec un ruban blanc! 2. Encore une boiteuse qui revient du marché, Ell' porte dans sa hotte des fesses à plein panier. Les fess's allaient pendi, pendant, Les œufs allaient cassi, cassant, Boiteuse allait boiti, boitant ! 3. ...des pin's à plein panier Les pin's allaient bandi, bandant,... Les fesses ... Les œufs ... etc. 4. ...des seins à plein panier, Les seins allaient pointi, pointant,... Les pin's ... Les fesses ... etc. 5. ...des couill's à plein panier, Les couill's allaient flotti, flottant,... Les seins ... etc. 6. ...des cons à plein panier, Les cons allaient bailli, baillant, ... Les couill's ... etc. Cette chanson est originaire de Bretagne. Elle figure dans l'Anthologie de la chanson de Haute Bretagne par Simone Morand, publié par Maisonneuve et Larose en 1976. Elle est notamment interprétée par le groupe "Sacrée Bordée" ainsi que par "Tu Pe Du". Si les paroles sont plus sages, on reconnait évidemment la parenté. 1. Quand la boiteuse va-t-au marché,bis Avec son beau petit panier bis Elle s'en va, rouli-roulant, Ah! Maman ne pleurez pas tant! Ah! Ma doué quel trésor D'avoir é-pousé, d'avoir é-pousé, Ah! Ma doué quel trésor D'avoir é-pousé un gars tout en or! 2. Elle emmène aussi son gabier, C'est lui qui la fait manœuvrer. 3. Sur fond de plumes la fait mouiller Lui prend trois ris dans l'tablier. 4. Et sa cotte lui fait carguer, Sa chemise lui fait serrer. 5. Puis à courir le beau gabier Lui guinde un gros mât de hunier! la boiteuse r'vient du marché, Qu'apporte-t-elle dans son panier? 7. Alors elle se met à crier "Tu défonces mon petit panier!" petit mousse sur le chantier Avant dix mois sera lancé ! Elle revient, rouli-roulant, Ah! Maman ne pleurez pas tant! Ah! Ma doué quel trésor D'avoir é-pousé, d'avoir é-pousé, Ah! Ma doué quel trésor D'avoir é-pousé un gars tout en or! Colette Renard va un peu plus loin dans la grivoiserie. Elle chante quelques couplets intercalaires 6 bis. J'étais pourtant dépucelée Par un gros vit de canonnier Mais toi tu m'as dérelinguée Tu m'as tossé jusqu'au gésier 8 bis. Le roi des vits toujours paré Qu'est le plus grand le mieux équipé Pour saborder tous les paniers, C'est le vit du mat'lot gabier et de plus la boiteuse a épousé un cul tout en or ! Dans Le gai chansonnier français de 1886, on trouve une autre énumération recueillie dans les Deux-Sèvres Les couilles s'en vont Pendi, pendant; Les bits * s'en vont Bandi, bandant; Les cons s'en vont Chanti, chantant; Les poules s'en vont Pondi, pondant; Les œufs s'en vont Rouli, roulant Boiteuse derrière Boiteuse devant * Dans "bits" le "t" n'était vraisemblablement muet. et le refrain probablement chanté sur un air légèrement différent est Non, maman, ne pleurez pas tant, Nous allons branler la pine à Bertrand; Avant de la lui branler Il faut bien lui attacher Avec un beau ruban blanc; Nous allons frotter la pine à Bertrand. La version du groupe breton "Tu Pe Du" est encore plus proche de la nôtre; on y trouve notament une énumération du contenu du panier qui se termine par Elle portait sur sa tête des chiens à plein panier Les chiens s'en vont jappi-jappant Les chats s'en vont miauli-miaulant Les oies s'en vont croqui-coquant Les poules s'en vont piri-pipant Les œufs s'en vont rouli-roulant La vieille s'en va boiti-boitant et le refrain se chante Boiteuse par-derrière, Boiteuse par-devant Sur les chemins du Morbihan La vieille s'en va boiti-boitant Mis à par le refrain, cette version est très semblable à la version canadienne ci-après La vieille boiteuse Retour à la version traditionelle 1. C'était un' pauvre vieille, S'en allant au marché. Portant dessur sa tête, Des œufs dans son panier. Les œufs s'en vont tout en roulant; La vieill' s'en va tout en boitant. Boîtez, la vieille Boîtez d'un' patt' de d'vant! 4. ...Un' dind' dans son panier. La dind' s'en va tout en piacquant,... 2. C'était un' pauvre vieille, S'en allant au marché. Portant dessur sa tête, Un coq, dans son panier. Le coq s'en va tout en chantant, Les œufs s'en vont tout en roulant; La vieill' s'en va tout en boitant. 3. ...Un' poul' dans son panier. La poul' s'en va en cacassant,... 5. ...Une oie dans son panier. L'oie s'en va tout en couacquant,... Trou du cul Tambours ! Trou du cul, de quoi te plains-tu? N'es tu pas bien au milieu de mes fesses? Trou du cul, de quoi te plains-tu? N'es tu pas bien au milieu de mon cul? Trompettes ! Et toi, fesse de gauche, de quoi te plains-tu? N'es-tu pas bien à gauche du trou de mon cul? Trompettes ! Et toi fesse de droite, de quoi te plains-tu? N'es-tu pas bien à droite du trou de mon cul? Orchestre ! Rabats ta quette bis Dans ta braguette Lève la jambe Lève la jambe Voilà qu' ça entre Lève la cuisse, cuisse, cuisse, Voilà qu' ça glisse Oh! Hisse! Mon frère était vétérinaire Mon frère était vétérinaire, Il soufflait dans l'trou d'ball'des chevaux, Avec un petit tube en verre, Afin de les rendre plus gros. Mais un jour ce fut le contraire, Le cheval souffla avant lui, Ce qui fit éclater mon frère, Et sur sa tombe on inscrivit Mon frère... Un aimable correspondant nous a signalé une variante après les quatre premiers vers. En outre il s'agit du père et non plus du frère. Bah ! peu importe, du moment que ça reste dans la famille ! Mon père était vétérinaire Il soufflait dans l' derrière des ch'vaux Avec un petit tube en verre Afin d' les faire dev'nir plus gros Un jour un ch'val récalcitrant Lui souffla dans la bouche de d'vant Mon père en fut tout asphyxié Asphyxié de la tête aux pieds On l'emmena au cimetière Au cimetière des chevaux Et sur sa tombe qu'était en pierre On inscrivit ces quelques mots Ci-gît mon père vétérinaire... Un correspondant le l'Oise nous signale une autre variante, fort proche, où la fin du 4e vers est bissé. La mère Gaspard Allons la mèr' Gaspard Encore un verre bis Allons la mèr' Gaspard Encore un verre Il se fait tard. Si l' paternel Si l' paternel revient On lui dira qu' son fils sa fille Est toujours pleine, pleine, pleine,... L'origine de cette chansons est imprécise. Les liégeois en revendiquent la parternité. La légende, qui n'en est pas à un anachronisme près, raconte que le célèbre "Tchantchès" François en wallon liégeois l'a chanté dès sa naissance, en l'an 760 ! dans le célèbre quartier d'Outremeuse de Liège. Toutefois, Gaspar, sans "d", était le patron du Diable au Corps, un ancien cabaret littéraire et estudiantin situé au 12, rue des Choux à Bruxelles. C'est là qu'aurait été créé cette chanson. D'après La légende de Tchantchès racontée par le Musée éponyme etArnaud Decostre dans " La pomponette Le commandeur du cul-sec "Aim's-tu mieux boire et dégueuler, Que de n' pas boire et t'emmerder?" Le buveur désigné "Oui, j' aim' mieux boire et dégueuler, Que de n' pas boire et m'emmerder!" Le chœur "Qu'on verse à boire à c' cochon là, On verra bien s'il dégueul'ra Et pendant qu'il boira, Que son voisin s'apprête; Et pendant qu'il boira, Chantons la Pomponette, La Pomponette, la Pomponette... Ce cochon là a bien pinté, A son voisin de l'imiter ou Ce cochon là a mal pinté, Il va devoir recommencer Claude Rassat signale une autre version dans Chansons populaires dans le Bas-Berry de Barbillat et Touraine. Il faut qu'on s'apprête à boire, boire, boire; Il faut qu'on s'apprête à boire comme il faut. Camarade, prends ton verre. Et ne le refuse pas, Pendant qu'il filera, Que chacun d'nous s'apprête, Pendant qu'il filera, Nous chanterons la pomponnett', la pomponna. Il file, il file..... Ce bougre-là a bien filé, son camarad' va r'commencer. Regardez donc dans son verre, Comme il a le cul bien haut; Je crois qu'il vient d'Angleterre, terre, terre, Car il a le cul en haut bien comme il faut. Il ajoute le commentaire suivant La Pomponnette est un chant de beuverie à forme rituelle dont l'origine sans doute fort loin dans le passé, peut-être aux Bacchanales des Romains, peut-être à ces plantureux festins des Germains et des Gaulois pendant lesquels les cornes de vin ou de cervoise passaient de main en main, sitôt vidées que remplies. Autour d'une table abondamment chargée de bouteilles, les convives sont rassemblés, chacun ayant son verre, à moins que par convention préalable, un seul verre serve pour tous, passant de main en main suivant le mode antique; et tous chantent ensemble le commencement de la mélopée. A - On s'adresse à celui dont c'est le tour de boire B - On lui remplit son verre C - Les convives répètent " il file..." jusqu'à ce qu'il l'ait vidé D - Le buveur pose son verre, dûment retourné cul bien haut E - Les convives le complimentent puis s'adressent au suivant Au cas où le "patient" ne parvient pas à vider son verre d'un trait, on lui chante Ce bougre-là a mal filé; On va le faire recommencer. L'avion air La raspa L'avion, l'avion, l'avion, Ça fait lever les yeux La femme, la femme, la femme, Ça fait lever la queue "Pine au cul" cria la baronne En voyant les couilles du baron Je préfère les avoir dans mon cul Que d' les voir traîner dans la rue. Cet intermède est un peu court, même si on bisse traditionnellement couplet puis refrain. Comme toujours dans ces circonstances, quelques couplets sont venus s'y ajouter. Parmi eux, nous nous bornerons à en signaler deux qui semblent survivre à l'usure du temps; contrairement aux autres, ils sont faciles à ajuster sur l'air ! Les singes, les singes, les singes, Ça mange des cacahuètes La femme, la femme, la femme, Ça aime les coups d' quéquette. C' n'est pas une arbalète Mais un lézard tout poilu Qui sort de la braguette, Direction le trou du cul. Quant à l'air, il est emprunté à un air de danse mexicaine, la raspa. Au temps du succès des samba, mambo et autres cha-cha-cha,... la raspa était jouée peu après la seconde guerre par la plupart des orchestres "sud-américains" notamment Xavier Cugat, Perez Prado, etc. L'air a été utilisé sous le titre "Le bal à Doudou" André Hornez et Thomson par l'orchestre de Jacques Hélian. Notre compatriote Annie Cordy l'a chanté avec d'autres paroles sous l'intitulé "Señorita Raspa". Parceque celle-ci montre une vue d'ensemble d'un amphithéâtre correspondant à la désignation qui en faite dans le texte de l'article. Photo de qualité ou pas, celle de la Sorbonne n'est pas très représentative de ce qu'est un amphi : un type accoudé qui somnole plus ou moins, deux autres qui discutent ensemble, deux autres debout S'il n'y avait pas d'intitulé sous le cliché onContenudu fichier @KMIDI KARAOKE FILE@V0100@ILyrics entered with WinKaraoke Creator@LFREN@TLe revenant - Le patrimoine de Georges Brassens interprÚtÚ par J. Bertola@TGeorges Brassens@TMusique: Jean Bertola.Calme, confortable, officiel En un mot bien résidentiel Tel était le cimetière où Cet imbécile avait son trou
Un duo guitare et voix se produira lundi 8 août 2022, dans le magnifique cadre de l'amphitéâtre d'Ussel. Par Rédaction Cahors Publié le 6 Août 22 à 1402 L’amphithéâtre d’Ussel. ©DRL’association Amphithéâtre d’Ussel a été créée à l’origine par M. François Rajade, le président d’honneur actuel, pour organiser des concerts de Jazz association Jazz à Ussel. Au début 21e siècle, la salle voûtée où l’association avait l’habitude d’organiser ses concerts, a été vendue par la commune. Afin de trouver un nouveau lieu qui pourrait accueillir les concerts, M. Rajade a décidé de construire lui-même un amphithéâtre sur une partie de sa propriété où le terrain formait naturellement une cuvette. Au bout de 6 années, l’amphithéâtre était finalisé et a pu accueillir son premier concert amical en 2006. Depuis, les activités de l’amphithéâtre ont évolué et les concerts se sont multipliés… La création d’une association plus structurée est devenue nécessaire afin de soutenir collectivement M. Rajade à exploiter ce lieu mythique et l’association a eu son nom actuel depuis 4 l’année 2022, l’organisation a programmé trois manifestations un concert de jazz le 8 juillet, un concert lyrique le 8 août et la projection du film En corps » de Cédric Klapisch le 28 et voixPour le concert du lundi 8 août 2022, le baryton Jaques-François L’Oiseleur des Longchamps chantera accompagné par la guitariste Clotilde Bernard La Compagnie de l’Oiseleur. C’est un artiste habitué de ce théâtre et ce sera son 3e concert dans ce Compagnie de l’Oiseleur a rassemblé plus de 200 partitions de chansons lyriques qui parlent d’oiseaux, d’albatros, d’aigle, d’alouette, de bergeronnette… etc. de compositeurs de la Renaissance à nos jours. Jaques-François L’Oiseleur des Longchamps chantera le 8 août une douzaine de morceaux autour des compositeurs Battmann, Bizet, Chausson, Daquin, Holmes…Entrée 10 € gratuit pour -12 article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre Actu Lot dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.
Aprèsavoir activé l'ascenseur derrière Moebius Y (image1) et avoir accepté d'entrer dans l'Amphithéâtre, vous ne pourrez plus faire machine arrière et devrez affronter Z, le dernier Boss de Xenoblade Chronicles 3 (image2).Pour ce combat, il est fortement conseillé de posséder une équipe de niveau 70 au minimum et d'utiliser les meilleures classes de chaque personnages Donner son corps à la science, un legs encore trop méconnuDonner son corps à la science * Léguer son patrimoine immobilier, ses comptes bancaires et ses bijoux de famille à sa descendance reste dans la logique des vers un legs philanthrope lorsque l’on considère que ses héritiers ont déjà tout ce qu’il faut pour assurer leurs vieux jours, décider de léguer une partie de son patrimoine à une association à défaut de le voir partir en déshérence, voilà une idée judicieuse, une occasion de rendre sa mort au delà des sommes d’argent, des biens immobiliers ou même simplement sentimentaux, ce que l’homme ignore trop souvent, c’est que son corps peut devenir un legs à lui tout seul. En effet, donner son corps à la science est une démarche de son corps à la scienceUne fois mort, un corps peut encore servir à une noble cause. Donner son corps à la science, c’est contribuer à la recherche médicale et à la formation de futurs médecins, ces mêmes médecins qui assureront le bien être et la santé de notre année, des promotions entières de jeunes internes viennent renforcer les rangs des établissements hospitaliers de France. Ces étudiants, chirurgiens, pédiatres, neurologues ou anesthésistes en devenir, vont passer quelques temps dans l’univers si particulier de la ne réussiront pas à aller au bout de leur internat, d’autres s’accrocheront et finiront même par entamer une spécialité pour au final ouvrir leur propre cabinet, terminer professeur, chef de clinique ou de service au sein d’établissements jeunes auront essuyé des années de théorie, à travers des livres épais de plusieurs centimètres, mais aussi de la pratique qui commence dès les premières années de faculté de médecine avec une épreuve en forme de passage obligatoire la confrontation avec un corps humain. Un corps humain… mort, plus communément appelé un étude nécessaire de l’organisme humain, de ses tissus, de ses pathologies, de son architecture, elle serait impossible sans la démarche altruiste de plus de 2600 personnes qui chaque année en France, décident de donner leur corps à la de nombreuses questions entourent encore cette pratique qui reste bien trop marginale. Retour sur un legs pas comme les autres le don de son corps à la peu d’histoireDonner son corps à la scienceL’investigation des corps morts remonte à l’Antiquité. On reconnaît la soif de connaissance et de savoir dans les écrits et travaux de Galien, médecin grec né vers l’an 130 qui se sert de cadavres d’animaux pour mener à bien ses dissections. Ne pouvant s’entraîner sur des corps humains, Galien établit donc l’essentiel de son oeuvre sur l’étude de l’anatomie du VIIe siècle, l’Eglise est seule maître de la science et le Pape Innocent III réglemente l’enseignement de l’anatomie qui doit se baser uniquement sur des livres et notamment l’interprétation des ouvrages XIVe siècle, le Pape Boniface VIII menace d’excommunication toutes personnes tentées de porter atteinte au corps d’une personne défunte. Ceci ne faisant pas grand effet au sein de la population de petits et grands curieux qui organisent des violations de sépultures afin de se procurer de quoi assouvir leur soif de découverte en matière d’ Vésale, jeune médecin du XVIe siècle publiera De humani corporis fabrica la fabrique du corps humain, qui sera le document de référence en matière d’anatomie et d’histoire de la médecine. Vésale s’oppose à Galien en basant ses théories sur des dissections de corps d’humains. C’est donc tout un système qui s’ébranle pour être quasiment repris de connaître le fonctionnement d’un corps humain, rien ne vaut la pratique et l’investigation. Rien ne peut remplacer l’étude d’un vrai corps. Cette certitude, les anatomistes de tous siècles l’avaient bien intégrée. Mais de l’étude complète d’un corps, les facultés de médecine ont fini par privilégier l’étude de certaines parties, s’en remettant aux nouvelles technologies pour palier au manque de la confrontation avec un cadavre reste un passage quasi rituel de tout médecin en herbe, car il est bien souvent le premier contact avec la mort, un état qui va accompagner le praticien durant tout son cursus d’organes et don de corps, des legs bien souvent confondusLorsque l’on parle de don d’organes, on y associe des mots comme greffe, donneur, receveur, vies sauvées. Lorsqu’on évoque le don de son corps à la science, on peut être tenté de penser qu’il y a une similitude entre les deux situations comme par exemple certains organes du corps du défunt qui passeraient d’abord par la case greffon avant d’aller occuper les bancs d’amphithéâtres en vue des travaux manuels des futurs seul point commun entre don d’organe et don du corps à la science réside dans la volonté du donneur. Le don d’organe est un acte volontaire et gratuit, le prélèvement des organes est destiné à des personnes en attente de greffons depuis des mois, voir des années. Une famille endeuillée peut aussi envisager le don d’organe sans que le défunt n’ait eu besoin d’exprimer cette volonté à partir du moment où il ne figure pas dans le fichier national de son corps à la science est un acte volontaire mais pas forcément gratuit modalités financières à régler auprès de la faculté de médecine qui accueillera le corps. Il n’est possible que sur demande de son vivant. Personne ne peut envisager de don de corps à la place du donneur lui une des différences majeures entre don d’organe et don de corps réside dans le fait que le corps du donneur d’organe est rendu rapidement à la famille avec le souci pour les praticiens d’avoir préservé une certaine intégrité esthétique ». Le corps destiné à la science ne sera pas rendu à la famille sauf sous l’aspect d’une urne contenant des cendres. Il sera voué à la crémation, une fois les études réalisées sur son corps à la science les modalitésDonner son corps à la science n’est autorisé que pour les personnes majeures. Pour faire don de son corps à la science, il suffit de s’adresser à la faculté de médecine de son choix qui procédera aux formalités réglementaires la décision doit être formulée de manière manuscrite sur papier libre, datée et signée, dont l’édition de la carte de donneur à conserver en permanence sur soi. Si vous décidez de changer d’avis, il suffira simplement de détruire cette carte et d’en informer la faculté car la décision de donner son corps à la science n’est pas figée. On peut bien entendu changer d’avis à tout moment de sa son corps à la science est un acte personnel. A l’inverse du don d’organes, personne ne peut se substituer à votre volonté le jour du existe néanmoins des cas où donner son corps à la science est impossible absence de la carte de donateur ;non respect du délai de 48 heures maximum pour transporter le corps ;décès à l’étranger obligeant à une mise en bière ;décès consécutif à une maladie contagieuse obligeant à une mise en bière ;décès consécutif à un accident de la route, à un suicide ou toute autre raison susceptible de poser un problème son corps à la science est une démarche qui peut être payante en fonction de l’établissement choisi. Si la gratuité est appliquée, des frais de transport de corps peuvent être occasionnés. Le corps ne sera pas rendu aux familles sauf volonté exprimée par le défunt. Ses cendres seront restituées ou dispersées dans un jardin du souvenir. Bon nombre de cimetières comportent désormais un emplacement réservé à la dispersion des cendres des personnes ayant choisi de donner leur corps à la en rapport avec l’article Donner son corps à la science, un legs encore trop méconnu » Ouvrage Macchabées, la vie mystérieuse des cadavres – Marie Roach – Calmann-Lévy 2003 Liens – Le site de l’AFIF Association Française d’Information Funéraire – connexes à Donner son corps à la science, un legs encore trop méconnu » Journée mondiale du don d’Organes Interview de Yolande Bertrand – Laborde présidente de France AdDOT 75Retrouver ses ancêtres, un passe temps partagé par de nombreux françaisCes legs qui sauvent des viesAssociation de loi 1901 création, reconnaissance et legsFondation création, reconnaissance et legsRechercher ses héritiers, comment s’y prendre ?FCDDV – Pourquoi interroger le FCDDVÀ proposArticles récents Rédactrice Web FreelanceDe formation littéraire, Sophie a travaillé durant une quinzaine d’année au sein de l’événementiel et de la télévision. Une reprise d'études en 2010 en licence de psychologie lui donne envie de créer sa structure de rédactrice indépendante pour plusieurs plateformes. Elle est chroniqueuse sur des sites comme AlloLeCiel, Scribium exSuite 101 ou le blog de Testamento.Dansun amphithéâtre . Dans un am phithéâtre Dans un am phithéâtre Dans un am phithéâtre Phithé âtre, phithéâtre, phithé âtre Tsouin, tsouin! Y'avait un macchabée (Ter) Macchabée (Ter) Tsouin, tsouin . Qui sentait fort des pieds (Ter) Fort des pieds (Ter) Tsouin, tsouin Ce macchabée disait (Ter) Il disait (Ter) Tsouin, tsouin . Ce macchabée gueulait (Ter)
Nouvelle étape dans notre voyage en Turquie! Après nos débuts dans la jolie ville d’Izmir et un petit crochet par les ruines d’Ephèse nous sommes ensuite partis visiter l’un des sites les plus touristique de Turquie, j’ai nommé Pamukkale. Dans cet article on va commencer par un petit point sur les sites de Pamukkale et Hierapolis en général, puis en enchaînera avec tous nos meilleurs conseils pour visiter ces 2 sites pour voir les plus jolis points de vue, mais aussi éviter un peu les foules. En fin d’article on vous donnera notre ressenti sur ce lieu. Vous le verrez, notre avis est assez mitigé… Un site sublime, mais qui semble payer le prix cher du tourisme… Pamukkale Présentation du site Le nom de Pamukkale signifie “château de coton” en turc et c’est vrai que ça y ressemble pas mal. 🙂 Cette étrange “cascade blanche” est à la base un phénomène 100% naturel. Déjà à la période romaine, ces grands bassins étaient utilisés pour le bain… Hierapolis a d’ailleurs été construit à côté de ce site naturel qui existait déjà à l’époque on parle d’il y a plus de 2000 ans quand même. Mais comment tout cela s’est-il formé au juste? En fait, l’origine de ces bassins c’est les eaux thermales qui ont leur source juste un peu plus haut. C’est la coulée de cette eau ultra chargée en caclite qui s’évapore sur les falaises qui a entrainé la formation de ces travertins qui ressemblent un peu à une succession de petits nuages de coton. Depuis de nombreuses années ce site est l’un des hauts lieu du tourisme en Turquie. A une certaine époque il y a carrément eu des hôtels qui ont été construits sur le haut des terrasses. Ces derniers ont fort heureusement été détruits au moment où le site a été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1988. Hierapolis le superbe bijou voisin qui est souvent un peu “oublié” Bizarrement on en entend moins parlé, pourtant Hierapolis se trouve sur le même site que Pamukkale! Cet cité thermale antique a été fondée au IIème siècle avant Jésus Christ par Attalides de Pergame. La cité a été complètement détruite par un tremblement de terre et a, par la suite, été reconstruite dans un style 100% romains cette fois aux environs de l’an 100. Ce site est une vraie pépite si vous voulez notre avis! Quand nous nous y sommes promenés il n’y avait tout simplement pas un chat! Si on considère que près de 2 millions de touristes visitent Pamukkale chaque année cela semble totalement fou… L’unique site de Hierapolis où on croisera une trentaine de personnes sera dans l’amphithéâtre. Vous le savez, nous ne sommes clairement pas les plus doués en histoire… Donc plutôt que de vous faire un simple résumé de nos lectures sur les panneaux d’information présents sur le site je préfère vous recommander ce chouette article sur le blog Histoire à sac à dos pour en apprendre un peu plus sur le contexte historique et l’évolution de cette cité au fil des siècles. Après qu’on se le dise… nul besoin d’être un crack en histoire pour apprécier la beauté de ce lieu! Les amoureux de nature que nous sommes avons largement été servis par les paysages aussi! 🙂 Carte de Pamukkale et suggestion de visite Au moment de préparer notre visite nous avons fait quelques recherches en ligne pour trouver une carte du site et bizarrement on a eu bien du mal à trouver quelque chose de concret. Bon, vous me direz que c’est bien car comme ça nous avons eu un peu la surprise de cet immense site. 😉 Mais comme on aurait quand même bien voulu nous représenter ça un peu mieux avant la visite, voici un petit plan pour vous repérer On vous a mis ci-dessus des numéros à tous les endroits auxquels on recommande de passer. partout? peut-être… ;. Les numéros sur la carte sont utilisés en référence dans le texte. Pamukkale 1 ce n’est pas réellement un “vrai” village; c’est plus comme une base de visite pour le site avec plein d’hôtels, des restaurants, des agences de voyages et des petits commerces. Que vous décidiez de loger ici ou d’arriver depuis Denizli ou ailleurs vous allez forcément passer par là… Pour accéder au site il faut se rendre à l’entrée qui se trouve en haut du village 2. A partir de ce point il faut retirer ses chaussures et monter la grande allée construite au milieu de quelques bassins artificiels pour rejoindre le haut du site. la grande allée artificielle qui relie le village au sommet du site Le point N°3 de la carte c’est LE spot où tout le monde se retrouve. Les bassins en terrasse qu’on voit sur toutes les photos ne sont pas accessibles et peuvent uniquement être pris en photo d’en haut. A ce sujet, on vous recommande de vous diriger vers la droite quand vous êtes face à la vue 4. Depuis ce côté, on a une jolie vue latérale sur les bassins et il y a déjà beaucoup moins de monde! Pour poursuivre la visite on vous conseille de continuer sur la passerelle en bois qui longe l’ensemble du site. Plus on avance, plus on est seul! Après quelques centaines de mètres on arrive à hauteur d’autres bassins qui sont très jolis. Allez jusqu’à l’endroit où la passerelle s’arrête 5 puis remonter sur l’allée centrale. De là, vous pourrez rejoindre les ruines de Hierapolis 6 et suivre la grande allée entre les colonnes. Ensuite on peut partir sur la gauche 7 par des petits chemins assez peu entretenus pour rejoindre l’église qui se trouve tout en haut du site 8. Note les sentiers sont bien indiqués sur Pensez à télécharger l’application gratuite et à charger la carte du site avant votre visite pour l’avoir hors ligne. Depuis l’église on peut rejoindre l’amphithéâtre 9 puis redescendre au niveau des bassins. Là, on vous recommande un dernier détour pour aller tout au bout des passerelles qui se trouvent à gauche des principales 10. Ici aussi il y a d’autres bassins à voir et le coin était absolument désert lors de notre visite… En tout notre balade faisait environ 10-12km et nous avons mis 4h à faire le tour en faisant plein de photos Les infos pratiques à connaître avant votre visite Au moment de préparer notre visite nous avons pas mal galéré à trouver des infos en ligne… Ou disons plutôt qu’on trouvait de tout et son contraire, surtout au niveau des prix et des horaires. Apparemment cela change drastiquement chaque année… Voici donc les dernières infos toutes fraîches de mai 2019 le bain qui n’est pas compris dans le prix Le site est ouvert tous les jours de 8h à 18h. Pour éviter les foules on vous recommande clairement de venir à l’ouvertureLe prix d’entrée est de 50 TL, 80 TL, 200 TL Juillet 2022 L’entrée comprend l’accès à Pamukkale, à Hierapolis mais cela ne comprend pas les bains qui se trouvent au sommet du site, ni le musée 50 TL de plus pour se baigner dans les sources… un bain qui, selon nous, n’en vaut pas spécialement la peine. Un billet combiné pour Pamukkale, Hierapolis et le musée est disponible pour 100 TL c’est certainement plus cher en 2022 mais on n’a pas les derniers chiffresLa sortie du site est définitive. Si comme nous vous venez à l’ouverture vous ne pourrez pas sortir en milieu de journée puis revenir pour le coucher du soleil. Il faudra repayer une entréeDurée de la visite Si vous ne voulez voir “que” les bassins alors vous aurez probablement fait le tour en 1h… Mais cela serait VRAIMENT dommage de se limiter uniquement à ça. Nous avons passé 5h sur le site et avons eu bien le temps de entrées se trouvent sur le haut du site où arrivent les bus. Si vous êtes en indépendant le plus simple est d’entrer par l’entrée qui se trouve dans le village point 1 sur la carte.On vous recommande vraiment de venir en indépendant! De nombreuses agences organisent des tours depuis la côte mais ces tours sont vraiment speed… Beaucoup d’heures de route et très peu de temps sur place. La plupart des groupes ne restaient pas plus de 2h, ce qui n’est largement pas assez pour aller visiter L’eau présente dans les bassins est régulée par des robinets… Apparemment certains jours toutes les vannes sont ouvertes, mais d’autres… ben c’est fermé! Les terrasses principales ne sont donc pas systématiquement remplies d’eau! Ceci est fait afin de préserver le site et permettre aux terrasses de conserver leur couleur la visite des bains il est obligatoire d’être pieds nus. Pensez à prendre un sac à dos pour y mettre vos parlant de chaussure, on vous recommande des baskets… car mine de rien le site est très grand!N’oubliez pas de prendre une casquette, des lunettes de soleil et de la crème solaire. le soleil tape fort!!!Pour faire des économies emportez assez d’eau et des snack / un pique-nique. Il est possible d’acheter des trucs au magasin des bains, mais c’est hors de prix! La bouteille d’eau est vendue 8 fois plus cher que dans le village c’est vous dire!Il est possible de se baigner dans certains bassins. Cela ne nous a pas paru fou d’aller nous allonger à côté de tout ce monde, mais si vous rêver de vous trempez, mettez un maillot de bain sous vos si vous visitez le site et que vous constatez que l’une des infos ci-dessus n’est plus à jour n’hésitez pas à nous laisser un commentaire ou à nous envoyer un message. Cela nous permettra de maintenir ces infos à jour! Venir à Pamukkale et où loger Arriver à Pamukkale Le plus simple pour venir à Pamukkale en indépendant c’est d’arriver depuis la gare des bus de Denizli. Si vous arrivez d’ailleurs en Turquie par la route vous arriverez très probablement au terminal qui se trouve dans le haut de la station de bus. Pour notre part nous étions arrivé en train depuis Selçuk 17,5 TL le trajet, plusieurs train par jour. Depuis la gare de Denizli il faut rejoindre la gare des bus qui se trouve dans un grand bâtiment juste en face de la gare ferroviaire. Les navettes qui vont à Pamukkale depuis Denizli partent très régulièrement environ toutes les 20 à 30 minutes. Pour prendre le minibus Dolmus en turc il faut descendre à l’étage inférieur de la gare des bus et aller sur le quai 76. Le trajet dure environ 20 minutes et coûte 4,5 TL 5 TL prix mars 2020 par personne environ 0,7€. Pour vous loger à Pamukkale ce n’est pas le choix qui manque. Nous sommes arrivés sans réserver et avons fini à l’hôtel Beyaz Kale. Rien de bien fameux, mais un très bon rapport qualité prix et c’est tenu par une gentille famille. Pour 150 TL 22€ nous avions une chambre double avec salle de bain, une petite piscine et un super petit déjeuner avec plein de fruits frais compris dans le prix. Réserver cet hôtel en ligne. Pour voir tous les hôtels et apparts dispos à vos dates vous pouvez aussi regarder sur la carte ci-dessous. Ajustez simplement les filtres pour affiner votre recherche. Pour manger à Pamukkale Franchement, l’offre n’est pas ouf… Les restaurants du village sont relativement chers pour la qualité. Nous avons mangé un soir au Kayas très bon, petites portions et l’autre soir au Tikir Grill House excellentes pides pizzas turques, pas cher et très bon accueil. Le midi nous avons pique-niqué sur le site. Pamukkale L’autre facette de ce lieu très touristique Pamukkale est un site très connu et on voit d’ailleurs souvent des photos de ce “château de coton” pour illustrer des brochures de voyage de la Turquie. Alors c’est indéniable, le lieu a quelque chose d’assez unique; ces terrasses toutes blanches et cette eau absolument cristalline dans laquelle se reflète le ciel bleu c’est juste hyper photogénique. Benoit s’est d’ailleurs régalé à prendre des photos… Néanmoins, il nous paraissait aussi important de vous montrer aussi un peu des photos moins “parfaites” et surtout qui vous mettront un peu plus dans l’ambiance si vous prévoyez de venir visiter Pamukkale. Qu’on se le dise, on n’essaie pas de vous décourager à venir, mais simplement on aimerait éviter que vous ayez une point de déception en voyant tout le “cirque” qui se trame autour de ces bassins une fois sur place… Les images parlent plus que les mots je crois… Qu’il y ait du monde c’est normal… nous-même sommes sur place et il serait très égoïste de dire que ce lieu serait mieux avec moins de monde. Après j’avoue que ce qui nous a tout particulièrement choqué ici, c’est le nombre invraisemblable de personnes qui semblent n’être là que pour capturer LA photo pour leur Instagram. Des sites touristique on en a vu un paquet, mais jamais nous n’avons été aussi marqués par un tel cirque à coup de perche à selfie et de tenue ultra étudiées pour les photos. Et bon… les aras on en parle??? Ces pauvres perroquets qui passent leur journée à se faire trimballer d’un selfie à un autre… c’est tout simplement fou que des choses comme ça restent permises à notre époque, qui plus est sur un site de l’UNESCO… Après il faut toujours rester positif! Le fait que beaucoup ne semblent venir que pour cette même photo, cela laisse beaucoup de place pour découvrir les autres parties du site! Le contraste entre les foules du “spot principal” et les bassins sur le côté et plus particulièrement Hierapolis est juste incroyable. Profitons-en! Le mot de la fin Pour résumer je dirais que nous sommes quand-même très content d’être venus sur ce site, ne serait-ce que pour les sublimes ruines de Hierapolis. Après, je ne vous cache pas que nous avions initialement prévu de rester pour le coucher de soleil sur les bassins qui doit être magnifique si vous voulez mon avis, mais étant arrivés à l’ouverture nous n’avions tout simplement pas le courage de rester jusqu’à 19h… Si vous décidez de venir, on vous encourage vivement à ne pas vous laisser décourager par la foule aux bassins principaux. Venez baskets aux pieds et partez explorer un peu le reste du site, vous verrez vous ne serez pas déçus! Et par pitié, ne faites pas de selfie avec un ara… On vous embrasse et on vous dit à dans 10 jours! Car oui, demain nous partons pour 7-9 jours de trek le long de la voie lycienne! Pour nous suivre en live, venez nous rejoindre sur Instagram où nous essaierons de faire des stories quotidiennes si le réseau le permet. Et promis, pas de selfie en bikini en vue 😉 Epingler sur Pinterest Note Cet article contient des liens affiliés. En passant par nos liens pour réserver un logement ou une activité, vous ne payez bien évidemment rien de plus, mais par contre nous toucherons une petite commission. Cela nous permet de continuer à vous proposer des contenus indépendants et sans publicité. LeRevenant Lyrics: Calme, confortable, officiel / En un mot résidentiel / Tel était le cimetière où / Cet imbécile avait son trou / Comme il ne reconnaissait pas / Le bien-fondé de son Cannes AFP – Des plateaux de films X à l'amphithéâtre d'une fac, "la banalité du sexisme est la même" partout c'est ce que montre la réalisatrice Ovidie dans sa série "Des gens bien ordinaires", dystopie qui inverse les genres en donnant le pouvoir aux femmes. Les deux premiers épisodes de cette "création décalée" de Canal+, qui en compte huit de 9 à 17 minutes, ont été dévoilés en avant-première au festival Canneseries, avant une diffusion "fin mai début juin", a annoncé son autrice lors d'une y suit Romain Jérémy Gillet, vu dans "Mytho", étudiant en sociologie qui entame, à la fin des années 90, une carrière dans le porno. Pensant y trouver une voie d'émancipation, ce rebelle de 18 ans découvre un milieu finalement "ordinaire" et se retrouve victime de sa notoriété soudaine. "Le porno, c'est un suicide social", explique Ovidie, ancienne actrice et réalisatrice de films X."Ca fait 22 ans que ça ne me concerne plus et on me pose encore des questions là-dessus". Comme le court-métrage qui l'a précédé en 2020, "Un jour bien ordinaire", la série repose sur un "principe d'inversion des genres et des rapports de pouvoir", relate cette titulaire d'un doctorat de lettres et autrice de documentaires, BD, podcasts ou encore d'une websérie animée pour Arte sur les questions féministes et dont le père a arrêté de travailler pour élever ses enfants, découvre ainsi une industrie du X gérée par des femmes, se fait lorgner "par une mémé dans le bus" ou vit une relation toxique avec une femme plus permutation censée "créer une légère sensation de malaise, qui nous amène à nous questionner", selon Ovidie. "Si j'avais choisi un personnage féminin de 18 ans en couple avec un mec de 32 ans qui est jeune prof, on l'aurait à peine relever, alors que là ça passe moins".Pas la peine de "représenter des violences" à l'écran. "La banalité du sexisme se suffit à elle-même". Et celle "que Romain rencontre sur les tournages pornos est exactement la même qu'avec ses parents, ses profs, sa compagne", insiste Ovidie auprès de l'AFP. "Pas une autofiction""Reflet exacerbé de ce qui se passe dans la société en général", le milieu du porno est pour elle mal représenté dans l'audiovisuel, "toujours à côté de la plaque", du film "Boogie Nights" au documentaire "Hot Girls Wanted" en passant par la série "Hard". "On a l'impression de se promener dans un zoo humain".Inspirée d'histoires réelles, sa série propose un "point de vue situé", à défaut d'être une "autofiction", malgré des points commun entre Romain et Ovidie, qui s'est lancée dans le porno pendant ses études de préfère ainsi montrer, plutôt qu'une "éjaculation faciale", une "réalisatrice épuisée qui fait des films d'entreprise à côté", incarnée par Romane Bohringer, ou des "techniciennes qui sont là pour faire leurs heures". L'actrice française Romane Bohringer au 72e Festival de Cannes, le 20 mai 2019 CHRISTOPHE SIMON AFP/Archives "C'est pour ça qu'il n'y a pas une seule scène de sexe", mise à part une dans l'intimité du couple de "performance" pour une série parlant de porno, à l'heure où le sexe est "absolument partout dans notre environnement culturel", concède l'ancienne adepte du féminisme pro-sexe. Ce mouvement politique, qui prône "la lutte pour les droits des travailleurs du sexe et la production de contre-images en réponse aux images pornographiques sexistes", a "beaucoup moins de sens aujourd'hui" que lors de sa création "au tout début des années 80", estime Ovidie. Devenue "féministe tout court", la jeune quadra ne "regarde pas à titre perso les séries avec du cul", telles qu'"Euphoria" ou "Sex Education", même si "Pam and Tommy", série de Disney+ sur la sextape volée à Pamela Anderson et Tommy Lee dans les années 90, l'a "fait rigoler". Envisage-t-elle d'explorer d'autres terrains que "la politisation de l'intime" à l'avenir? "Non. Il vaut mieux rester constant. C'est un sujet qui est inépuisable, tant qu'il y aura du sexisme, et encore plus depuis MeToo. Le jour où ce sera épuisé ce sera le moment de partir à la retraite avec mes chiens". © 2022 AFP 1« fas est, et decet meminisse fratrum ». Tel est le sort. Aussi convient-il de se souvenir de ses amis (I, Macchabées, XII, 11). 2Ce précepte biblique nous fait nous retrouver, ce soir, dans le juste hommage que nous devons tous, ici, à la mémoire du cher Professeur Christian Atias, disparu il y a à peine un mois.. 3Il n’est certes pas facile de faire l’éloge funèbre de quelqu Par Caroline J. Photos par Caroline J. Publié le 12 avril 2022 à 11h28 Si vous êtes en quête d’une balade insolite en Île-de-France, alors direction le Val-d’Oise. C’est ici, à quelques kilomètres seulement du bout des pistes de l’aéroport de Roissy que se trouve le Vieux-Pays de Goussainville. Visite de ce vieux village atypique, décrit comme fantôme », et quasi abandonné par nombreux de ses habitants depuis plusieurs décennies. C’est un site connu des amateurs d’Urbex exploration urbaine et autres lieux laissés à l’abandon. Le Vieux-Pays de Goussainville se trouve à quelques rues du centre-ville moderne, mais surtout à 5km seulement du bout des pistes de l’aéroport de Roissy, créé au début des années 70. Une localisation qui n'est pas sans conséquence... Les nuisances sonores intenses, provoquées par les vols incessants des avions de Roissy, ont poussé nombreux de ses riverains et commerçants à fuir et déserter ce quartier, que beaucoup surnomment le village fantôme » de Goussainville. Visite conseillée par l’Office de Tourisme de Grand Roissy, nous décidons donc de nous y aventurer. Et la surprise est totale lorsque nous débarquons dans le Vieux-Pays de Goussainville. Car ce village n’est pas totalement abandonné comme certains peuvent l’imaginer. Des habitants, amoureux de cet endroit pittoresque, y vivent encore. En effet, sur les 1000 habitants recensés avant l’ouverture de l’aéroport de Roissy, seuls environ 300 ont décidé de rester, malgré la proposition faite par Aéroport de Paris de racheter leur maison. Il y a d’ailleurs une école dans la rue principale. Côté commerce, une librairie fermée quand nous y sommes passés semble faire de la résistance. Et puis, il y a aussi un peu de circulation routière, avec des conducteurs curieux ou parfois égarés. Dans ce Vieux-Pays de Goussainville, il règne une ambiance particulière, avec la sensation étrange de découvrir un village figé dans le temps. On y observe notamment de nombreux bâtiments murés, et d’autres sites qui tombent en ruine. Lorsque l’on construit un aéroport, il y a un décret de 1973, qui oblige Aéroport de Paris à racheter les maisons dans la première zone de bruit pour les démolir » expliquait à BFMTV en 2019, Philippe Vieillard, président de l’association du Vieux-Pays de Goussainville. Seulement il y a eu un hic. L’église du village est classée Monument historique, empêchant ainsi la démolition de quoi que ce soit situé dans un rayon de 500 mètres autour de cette église. Donc il n’y avait plus qu’une solution pour l’aéroport, c’était de murer les maisons » a-t-il ajouté dans cette interview. Dès lors, beaucoup de ces murs ont été investis par des graffeurs de passage et certaines maisons ont été squattées. Mais il reste toutefois quelques pépites, comme 'Au Paradis', qui devait être l'ancien troquet du village. L’église, classée donc Monument historique, domine aussi dans ce Vieux-Pays de Goussainville. À lire aussiLes actualités et infos ce mardi 23 août 2022 à Paris et en Ile-de-FranceQue faire ce week-end à Paris avec les enfants, ces 20 et 21 août 2022Les musées et monuments gratuits ce dimanche 4 septembre 2022 à ParisEt puis il y a le fameux château qui date du 18e/19e siècle, habité jusqu’en 1983. Aujourd’hui, ce château, installé dans un parc très fleuri, tombe lui aussi en ruine. Et la nature semble reprendre ses droits sur cette ancienne bâtisse. Avec la curieuse sensation d’avoir vécu une plongée dans un univers à la limite du réel, cette balade insolite dans le Vieux-Pays de Goussainville mérite le détour, tant pour son histoire que pour son ambiance quasi surréaliste. Alors, prêt à visiter ce "village fantôme" d'Île-de-France ? .