🦑 Douter Est Ce Renoncer À La Vérité

44Fairede la logique mathématique la référence de la vérité, faire d’un savoir bien particulier la référence à la vérité, c’est sans doute ce à quoi se réfère Lacan dans le passage sur le non-su de sa « Proposition » Cette « Proposition », il faut bien s’apercevoir qu’elle n’est pas sous le régime de la première distinction vérité/savoir. Elle n’est pas Vous souhaitez découvrir Réussite Bac. Compte découverte Douterest-ce renoncer à la vérité Home ; Dissertations; Douter est-ce renoncer à la vérité; Douter est-ce renoncer à la vérité. By leter. juin 26, 2018. 827 Views. Dissertations. Share This Post Facebook Twitter Google plus Pinterest Linkedin Digg Le doute pose un problème complémentaire Soit c’est un doute permanent dans ce cas on ne peut pas évoluer puisque l’on
Quelle chimère est‑ce donc que l’homme, quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige, juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d’incertitude et d’erreur, gloire et rebut de l’univers ! [P. 257] Les principales forces des pyrrhoniens, je laisse les moindres, sont que nous n’avons aucune certitude de la vérité de ces principes ‑ hors la foi et la révélation ‑ sinon en [ce] que nous les sentons naturellement en nous. Or ce sentiment naturel n’est pas une preuve convaincante de leur vérité, puisque, n’y ayant point de certitude hors la foi si l’homme est créé par un Dieu bon, par un démon méchant ou à l’aventure, il est en doute si ces principes nous sont donnés ou véritables, ou faux, ou incertains, selon notre origine. De plus, que personne n’a d’assurance ‑ hors de la foi ‑ s’il veille ou s’il dort, vu que durant le sommeil on croit veiller aussi fermement que nous faisons. On croit voir les espaces, les figures, les mouvements. On sent couler le temps, on le mesure, et enfin on agit de même qu’éveillé. De sorte que la moitié de la vie se passant en sommeil, par notre propre aveu ou quoi qu’il nous en paraisse, nous n’avons aucune idée du vrai, tous nos sentiments étant alors des illusions. Qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n’est pas un autre sommeil un peu différent du premier, dont nous nous éveillons quand nous pensons dormir ? [Texte barré transversalement Et qui doute que si on rêvait en compagnie et que par hasard les songes s’accordassent assez ce qui est ordinaire et qu’on veillât en solitude, on ne crût les choses renversées. Comme on rêve souvent qu’on rêve, entassant un songe sur l’autre, la vie où nous pensons veiller n’est elle‑même qu’un songe, sur lequel les autres sont entés, dont nous nous éveillons à la mort, pendant laquelle nous avons aussi peu les principes du vrai et du bien que pendant le sommeil naturel, ces différentes pensées qui nous y agitent n’étant peut‑être que des illusions pareilles à l’écoulement du temps et aux vains fantômes de nos songes.] Voilà les principales forces de part et d’autre. Je laisse les moindres, comme les discours qu’ont faits les pyrrhoniens contre les impressions de la coutume, de l’éducation, des mœurs des pays, et les autres choses semblables qui, quoiqu’elles entraînent la plus grande partie des hommes communs, qui ne dogmatisent que sur ces vains fondements, sont renversées par le moindre souffle des pyrrhoniens. On n’a qu’à voir leurs livres si l’on n’en est pas assez persuadé, on le deviendra bien vite, et peut‑être trop. Je m’arrête à l’unique fort des dogmatistes, qui est qu’en parlant de bonne foi et sincèrement on ne peut douter des principes naturels. Contre quoi les pyrrhoniens opposent, en un mot, l’incertitude de notre origine, qui enferme celle de notre nature. À quoi les dogmatistes sont encore à répondre depuis que le monde dure. [P. 258] Voilà la guerre ouverte entre les hommes, où il faut que chacun prenne parti, et se range nécessairement ou au dogmatisme ou au pyrrhonisme, car qui pensera demeurer neutre sera pyrrhonien par excellence. Cette neutralité est l’essence de la cabale. Qui n’est pas contre eux est excellemment pour eux. Ils ne sont pas pour eux‑mêmes, ils sont neutres, indifférents, suspendus à tout sans s’excepter. Que fera donc l’homme en cet état ? Doutera‑t‑il de tout ? Doutera‑t‑il s’il veille, si on le pince, si on le brûle ? Doutera‑t‑il s’il doute ? Doutera‑t‑il s’il est ? On n’en peut venir là, et je mets en fait qu’il n’y a jamais eu de pyrrhonien effectif parfait. La nature soutient la raison impuissante et l’empêche d’extravaguer jusqu’à ce point. Dira‑t‑il donc au contraire qu’il possède certainement la vérité, lui qui, si peu qu’on le pousse, ne peut en montrer aucun titre et est forcé de lâcher prise ? Quelle chimère est‑ce donc que l’homme, quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige, juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d’incertitude et d’erreur, gloire et rebut de l’univers ! Qui démêlera cet embrouillement ? [Texte barré transversalement Certainement cela passe le dogmatisme et [le] pyrrhonisme et toute la philosophie humaine. L’homme passe l’homme. Qu’on accorde donc aux pyrrhoniens ce qu’ils ont tant crié, que la vérité n’est pas de notre portée ni de notre gibier, qu’elle ne demeure pas en terre, qu’elle est domestique du ciel, qu’elle loge dans le sein de Dieu et que l’on ne la peut connaître qu’à mesure qu’il lui plaît de la révéler. Apprenons donc de la vérité incréée et incarnée notre véritable nature. N’est‑il pas clair comme le jour que la condition de l’homme est double ? Certainement. On ne peut éviter, en cherchant la vérité par la raison, l’une de ces trois sectes. On ne peut être pyrrhonien sans étouffer la nature, on ne peut être dogmatiste sans renoncer à la raison.] La nature confond les pyrrhoniens et la raison confond les dogmatiques. Que deviendrez‑vous donc, ô homme qui cherchez quelle est votre véritable condition par votre raison naturelle ? Vous ne pouvez fuir une de ces sectes ni subsister dans aucune. Connaissez donc, superbe, quel paradoxe vous êtes à vous‑même ! Humiliez‑vous, raison impuissante ! Taisez‑vous, nature imbécile ! Apprenez que l’homme passe infiniment l’homme et entendez de votre Maître votre condition véritable que vous ignorez. Écoutez Dieu. [P. 261] Car enfin, si l’homme n’avait jamais été corrompu, il jouirait dans son innocence et de la vérité et de la félicité avec assurance. Et si l’homme n’avait jamais été que corrompu, il n’aurait aucune idée ni de la vérité, ni de la béatitude. Mais, malheureux que nous sommes, et plus que s’il n’y avait point de grandeur dans notre condition, nous avons une idée du bonheur et ne pouvons y arriver, nous sentons une image de la vérité et ne possédons que le mensonge, incapables d’ignorer absolument et de savoir certainement, tant il est manifeste que nous avons été dans un degré de perfection dont nous sommes malheureusement déchus. Chose étonnante cependant que le mystère le plus éloigné de notre connaissance, qui est celui de la transmission du péché, soit une chose sans laquelle nous ne pouvons avoir aucune connaissance de nous‑mêmes ! Car il est sans doute qu’il n’y a rien qui choque plus notre raison que de dire que le péché du premier homme ait rendu coupables ceux qui, étant si éloignés de cette source, semblent incapables d’y participer. Cet écoulement ne nous paraît pas seulement impossible, il nous semble même très injuste. Car qu’y a‑t‑il de plus contraire aux règles de notre misérable justice que de damner éternellement un enfant incapable de volonté pour un péché où il paraît avoir si peu de part qu’il est commis six mille ans avant qu’il fût en être. Certainement rien ne nous heurte plus rudement que cette doctrine. Et cependant, sans ce mystère le plus incompréhensible de tous nous sommes incompréhensibles à nous‑mêmes. Le nœud de notre condition prend ses replis et ses tours dans cet abîme. De sorte que l’homme est plus inconcevable sans ce mystère, que ce mystère n’est inconcevable à l’homme. [P. 262] [Texte barré transversalement D’où il paraît que Dieu, voulant nous rendre la difficulté de notre être inintelligible à nous-mêmes, en a caché le nœud si haut ou pour mieux dire si bas, que nous étions bien incapables d’y arriver. De sorte que ce n’est pas par les superbes agitations de notre raison, mais par la simple soumission de la raison, que nous pouvons véritablement nous connaître. Ces fondements solidement établis sur l’autorité inviolable de la religion nous font connaître qu’il y a deux vérités de foi également constantes l’une que l’homme dans l’état de la création ou dans celui de la grâce est élevé au‑dessus de toute la nature, rendu comme semblable à Dieu et participant de la divinité. L’autre, qu’en l’état de la corruption et du péché il est déchu de cet état et rendu semblable aux bêtes. Ces deux propositions sont également fermes et certaines. L’Écriture nous les déclare manifestement lorsqu’elle dit en quelques lieux Deliciae meae esse cum filiis hominum. Effundam spiritum meum super omnem carnem. Dii estis. Etc. Et qu’elle dit en d’autres Omnis caro foenum. Homo assimilatus est jumentis insipientibus et similis factus est illis. Dixi in corde meo de filiis hominum. ‑ Eccl., 3. Par où il paraît clairement que l’homme par la grâce est rendu comme semblable à Dieu et participant de sa divinité, et que sans la grâce il est censé semblable aux bêtes brutes.]Pascal, Les Pensées, 1669-1670> Voir le manuscrit dans Gallica
Douterserait abandonner la vérité. Le scepticisme, est une doctrine selon laquelle la raison humaine ne peut pas trouver de réponses sûres concernant les questions philosophiques et les énigmes de l’univers, la vérité est une science inexacte. Objectifs Pour ce sujet tous les éléments de réponse avaient été donnés dans le cours. Pour certaines notions complexes ou insuffisamment développées, des fiches étaient à la diposition des élèves. Il était donc inutile de se perdre dans des recherches fastidieuses. Les objectifs de l'exercice étaient - La mobilisation et l'appropriation des connaissances vues en cours en vue de leur assimilation. - La construction du plan détaillé qui reste encore un élément de difficulté pour beaucoup. INTRODUCTION Pour les consignes concernant la rédaction d'une introduction il faut se reporter à la correction de la dissertation précédente fiche Dissertation/correction Qu'est-ce qu'un maître ? Rappel Pour réussir un exercice scolaire, il importe de comprendre ce qui nous est demandé et respecter les consignes données par le correcteur. • Exemple de correction d'une introduction prise au hasard, extraite d'un travail d'élève " La vérité» est un mot signifiant la conformité de ce que l'on dit ce ce qui est. Dès notre enfance, nos parents nous disent de toujours dire la vérité, que le mensonge c'est mal. Mais est-il nécessaire de rechercher la vérité ? Ne peut-elle pas dans certains cas nous apporter plus de mal que de bien ? Dans une première partie, nous montrerons que cette démarche de recherche de vérité est nécessaire. Ensuite, dans une seconde partie nous montrerons que toute vérité n'est pas bonne à savoir. Enfin nous montrerons dans une troisième partie que la recherche de la vérité peut avoir certains effets sur l'homme". Correction la vérité» est un mot signifiant la conformité de ce que l'on dit avec ce qui est. 1 Il faut éviter de mettre dans l'introduction des définitions. Pourquoi ? - a La question de fond se cachant derrière le sujet de la dissertation et à laquelle répond toute la dissertation, est "qu'est-ce que la vérité?". Si l'introduction s'ouvre avec LA réponse, la vérité c'est...» ,la dissertation n'a plus aucun intérêt puisque le problème est résolu. - b Il existe plusieurs définitions de la vérité car le concept de vérité à une histoire. La définition proposée par notre élève correspond à un moment de cette histoire, que l'on appelle la vérité-adéquation», qui a été défendue par certainss philosophes mais qui ne peut-être utilisée comme étant LA définition de la vérité. Dans la dissertation la première définition de vérité proposée, doit évoluer. Plusieurs définitions de la vérité seront donc amenées à se confronter. Ces différentes définitions amèneront nécessairement des réponses différentes à la question posée. - c A la limite l'élève pouvait minimiser la portée de sa définition, en précisant "pour le sens commun ou pour l'opinion générale, la vérité est....". Ce qui dans ce cas est un moindre mal puisque nous avons vu que philosopher consiste à mettre en question, ou à "critiquer" le donné, les évidences, les opinions communes". Dès notre enfance , nos parents nous disent de toujours dire la vérité, que le mensonge, c'est mal. - L'introduction pouvait s'ouvrir sur ce lieu commun "c'est mal de mentir". L'intérêt de cette amorce est de poser l'actualité ou l'intérêt de la question en exposant ce que tout le monde à tendance à penser et de reformuler sous une évidence simple le sujet de la dissertation. - Il aurait fallu ensuite interroger cette évidence qui - si l'on est philosophe - ne va pas de soi Mais pourquoi est "mal" de mentir ? ce qui permet de rappeler le sujet "pourquoi devrait-on rechercher la vérité" ? Remarque Ici la question est intéressante. Dans la construction de la pensée de l'élève , elle ouvre une nuance sur le sens du doit-on ?» qui est ici ouvertement moral. Est-ce une nécessité ou une obligation au sens de "l'impératif catégorique" de Kant un devoir moral auquel je ne peut me soustraire ? Ne peut-elle pas dans certains cas nous porter plus de mal que de bien. L'alternative qui nous est ici proposée est que le mensonge pourrait être préférable. Ce qui est une proposition très intéressante. Dans une première partie, nous montrerons que cette démarche de vérité est nécessaire. Ensuite, dans une seconde partie nous montrerons que toute vérité n'est pas forcément pas bonne à savoir. Enfin, nous montrerons dans une troisième partie que la recherche de la vérité peut avoir certains effets sur l'homme. Remarques de méthode - Il faut éviter les termes comme "ensuite", "enfin", "de plus", qui empilent les idées, mais ne les construisent pas logiquement. - Le reproche que l'on peut faire au plan est qu'il est beaucoup trop vague. Ce qui indique qu'en amont, le travail préparatoire à la dissertation 1 dans l'analyse du sujet, 2 dans l'élaboration du plan détaillé est très insuffisant. - En ce qui concerne la seconde partie même si la vérité n'est pas agréable à entendre ou à connaître, cela ne constitue pas un argument suffisant pour s'opposer à la recherche de la vérité. A moins qu'elle ne soit pas agréable à entendre pour celui qui recherche SA vérité ? le problème qui se pose alors est de savoir si on peut se mentir à soi-même ? - Quand à l'annonce de la thèse développée dans la troisième partie elle est extrêmement vague. Elle ne permet pas d'anticiper si l'élève a traité la question posée dans sa dissertation. Rappel l'introduction se rédige en dernier, une fois que le plan détaillé est prêt. LE TRAVAIL PREPARATOIRE Il est impératif, avant de commencer tout travail de rédaction, de faire un travail au brouillon d'analyse du sujet. cf. le modèle donné dans la Dissertation QU'EST-CE QU'UN MAÎTRE ? Les difficutés du sujet La question posée porte sur une notion généralement traitée dans le cours sur la connaissance. Elle comporte un point de vue "théorique" en ce qui concerne la définition de la vérité. Mais il ne fallait pas occulter la dimension morale de la question suggérée par l'expression doit-on?». Cette dimension morale constituait la difficulté principale de la question posée . • A partir de ce doit-on?» on analyse méthodiquement la question posée. On peut dégager trois pistes -1 un sens fort la nécessité, qui signifie que l’on ne peut pas faire autrement, ou l’obligation qui a ici le sens d’une contrainte ; - 2 un sens moins contraignant dans le sens où la contrainte ne vient pas de l’extérieur de notre volonté le devoir moral, qui consiste à se donner librement comme tâche la recherche de la liberté. - 3 Mais on peut aussi décider de ne pas rechercher la vérité comme les prisonniers de la Caverne de Platon qui ne sont pas malheureux, mais ne sont pas heureux pour autant. Dans le travail préparatoire au brouillon • Dans un premier temps il peut être utile de se donner une définition très générale de la notion de vérité », proche du sens commun [histoire de savoir de quoi on parle mais aussi pour ensuite apporter des nuances ou des modifications à cette définition initiale]. Il faut cependant éviter des définitions du type la vérité c'est quelque de vrai tautologie, qui ne nous avancent pas beaucoup. Dans un coin de sa feuille on peut par ailleurs faire le point sur les connaissances que l'on possède, sur les différentes définitions de la vérités que l'on connaît qui nous permettrons ensuite de critiquer l'opinion commune. Une dissertation ne peut se passer d'une culture philosophique, d'où la nécessité de retravailler le cours et d'apprendre les définitions. Il peut être également utile de se demander quels sont les contraires de la vérité l'erreur, le mensonge, l'illusion termes à définir. • Dans l'analyse la question doit-on rechercher la vérité» ? Il faut se demander qui est ce on » ? - a Est-ce l’homme en général le genre humain ? Il ne peut y avoir nécessité que si il y a universalité. - b Est-ce un individu particulier ? [cette nuance est importante car l’exigence morale relève du choix volontaire d’un individu] • On doit également se demander pourquoi rechercher la vérité ? Car cette recherche ne va pas de soi. - si on » recherche la vérité c’est qu’on ne la possède pas. Cette recherche de la vérité est l’expression d’un désir ce point a été traité dans l'introduction du cours. - Ce désir de savoir caractérise-t-il l’espèce humaine dans son ensemble tous les hommes sans exception ou n’est-il le fait que de certains individus les scientifiques ou les philosophes ? • Remarque la réponse à cette question est importante car elle détermine deux conceptions distinctes du savoir. - Pour certains comme Socrate ou Descartes, tous les hommes peuvent avoir accès à la vérité, à la science, si "on" la société par le biais du système éducatif, des dispositifs de formation permanente, etc. ... leur en donne les moyens. - Par contre d'autres penseurs développeront une conception élititiste ou aristocratique du savoir seuls certains privilégiés du fait de leurs capacités ou de leur position sociale peuvent voir accès au savoir. • Méthode Toutes ces idées sont dans un premier temps jetées sur le papier, sans être pour l'instant organisées, cependant on voit que sans avoir une multitude de connaissances, s'esquisser un certain nombre de problèmes. Ici il est important de ne pas se censurer, de noter tout ce qui nous vient à l'esprit. Ce travail est une étape importante. Je le répète pour les élèves qui se refusent à travailler au brouillon. Une fois ces idées jetées en vrac sur le papier on travaille à les organiser et à les développer. C'est l'étape de l'élaboration du plan détaillé. •Le jour de l'épreuve du baccalauréat il faut compter à peu près une heure pour faire ce travail de recherche d'idées. LE PLAN DETAILLE EXEMPLE DE PLAN MALADROIT - certains élèves m'ont envoyé leurs plans détaillés. Je me permets pour la bonne cause d'utiliser l'un d'entre eux Mille mercis à l'élève concerné •Exemple Problématique Faut-il occuper sa vie à la quête de la vérité ou bien au contraire la contourner par souci de paix car elle pourrait apporter le malheur ? I La recherche de la vérité est nécessaire car l'homme ne peut faire autrement a- La recherche de la vérité est dans la nature de l'homme et est libératrice b- La vérité est nécessaire à la connaissance et aux relations humaines c- Le scepticisme n'est pas une solutionII La recherche de la vérité ne constituerait-elle pas une illusion voire même un horizon dangereux ? a- La vérité est inatteignable b- Pluralisme des vérités c- La vérité est parfois blessante voire dangereuse III La vérité n'est-elle pas quelque chose de subjectif ? a- La vérité est dépendante du jugement des hommes b- La vérité est une interprétation de l'expérience de la vie par l'homme • CORRECTION de ce plan qui est à première vue l'expression d'un travail très sérieux DOIT-ON TOUJOURS CHERCHER LA VERITE ? Problématique Faut-il occuper sa vie à la quête de la vérité ou bien au contraire la contourner par souci de paix car elle pourrait apporter le malheur ? attention une problématique est une succession cohérente de questions auxquelles on répondra progressivement dans le développement, elle ne peut se résumer à une alternative. Méthode - Ici nous sommes dans une alternative trop restreinte. Rappellons nous ce que nous avons vu en cours, à propos de l’amorce de la question doit-on ?. - Avant de se lancer dans la construction du plan, il est important de prendre position pour une thèse qui sera défendue dans la dissertation ce qui n’est pas clair dans le plan proposé. C’est à partir de ce choix que nous pourrons construire de façon stratégique notre plan. Le plan proposé me semble maladroit. Il serait intéressant de partir de la seconde partie en l’intitulant différemment A. Les hommes ne recherchent pas ou ne désirent pas la vérité. → Pourquoi ? car les hommes peuvent se satisfaire de mensonges et d'illusions. - a Il faut définir ce que veux dire ici les mot vérité, mensonges, illusions dans un sens le plus général possible. - b il faut développer cette idée en adaptant l’Allégorie de la caverne de Platon, c’est-à-dire en ne retenant dans l’Allégorie que ce qui est utile à notre propos, inutile de tout raconter. • Si on considère que la vérité est parfois blessante voire dangereuse» c’est parce que la vérité met à jour le caractère illusoire de ses faux bonheurs auxquels nous nous accrochons et nous dévoile la réalité de la condition humaine. Le danger est donc très relatif. C'est d'ailleurs peut-être un mal pour un bien. Ce qui n'empêche pas que la plupart des hommes ne sont pas prêts à accepter cette réalité nous sommes dépendants d’autrui, vieillissons, nous sommes mortels,etc. ... Ce sont des aspects de notre réalité qui ne peuvent être que déplaisants. Ainsi la société de consommation joue sur ce désir d’illusions, nous promettant en permanence des faux bonheurs. Remarque il est conseillé de donner un peu de "vie" au devoir en quittant le monde de l'histoire de la philosophie pour revenir dans notre monde et montrer ainsi que la philosophie a d'abord pour objet de penser le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui. B. Mais refuser la vérité de notre condition, et nous maintenir dans le mensonge et l’illusion c’est aussi nous maintenir dans l’injustice et donc dans le malheur. cf. Platon Si on peut maintenir les hommes dans l’ignorance, et leur faire croire n’importe quoi, on peut aussi les manipuler et les asservir. Dans la littérature, dans le cinéma ou dans l’histoire, il existe de nombreux exemples décrivant cet état de contrôle des populations sans que celles-ci soient pour la majorité de la population source de malheur exemples 1984 d’ORWELL ou le film V pour Vendetta des frères Wachowski, etc.. Remarque attention un exemple n’est pas un argument, il ne fait qu’illustrer et développer une idée afin de la rendre plus claire. Si on y réfléchit bien, dans ce paragraphe, la recherche de la vérité n’est donc dangereuse que pour ceux qui ont intérêt à maintenir les hommes dans l’ignorance. C La recherche de la vérité est donc nécessaire 1 Les hommes ne pourraient survivre dans un milieu qu’ils ne connaissent pas, car contrairement aux animaux ils n’ont pas d’instinct pour survivre dans la nature ; Ils doivent s’adapter, construire des outils qui leurs permettront de satisfaire leurs besoins. Le savoir est donc indispensable. Connaître est dans la nature de l’homme. 2 Un homme qui subit l’oppression et qui renonce à sa liberté de juger et de décider pour lui-même n’est plus un homme mais une chose qui obéit, il perd sa qualité de sujet. La recherche de la vérité est constitutive de l’homme, elle est libératrice et émancipatrice. la liberté distingue l’homme de l’animal. On peut ici reprendre l’idée de Platon qu’il n’y a que bonheur que dans la justice et que cette justice se fonde sur l’usage de la raison et la recherche de la vérité. [Dans le plan qui sert d'exemple, c’est ce qui est désigné par la périphrase la vérité est nécessaire aux relations humaines ». Par exemple peut-on construire une société ou une relation entre deux êtres sur le mensonge, la tromperie ? ] Remarque oui répond Boris Cyrulnik, ce qui ouvre la perspective d'une autre dissertation. - 3 Le genre humain peut accepter l'illusion et le mensonge, ce qui n'empêche pas certains individus de consacrer leur existence à la recherche de la vérité chercheurs, scientifiques, philosophes... . Dans ces cas individuels et singuliers, on peut considérer que la quête de la vérité relève d'un devoir ou d'une exigence morale. D Or la vérité semble aujourd’hui depuis Kant un horizon inaccessible. - 1 La vérité est relative à l’homme. Kant - 2 Faut-il pour cela renoncer à chercher la vérité ? Se contenter du scepticisme ou au mieux de l’utilitarisme ? Si c'est non pourquoi ? -3 Une théorie n'est vraie tant qu'on n'a pas démontré par l'expérimentation qu'elle est fausse Kar Popper En conclusion Si on revient au monde dans lequel on vit la Caverne de Platon, qui est un monde d'apparences et d'illusions, on peut défendre l'idée que c'est un devoir pour chaque homme de chercher comme Socrate, Descartes... la vérité afin de rendre ce monde meilleur. Remarque ici il est important de faire le lien entre le savoir et la morale. On pourrait concevoir que la recherche de la vérité, ce n’est que la recherche du savoir pour le savoir. Mais depuis Descartes cet idéal a disparu, le but du savoir c'est la puissance domination. L'homme devant devenir "le maître et le possesseur de la nature" par son savoir et sa maîtrise technique. Aujourd'hui la maîtrise du savoir assure une puissance aux hommes qui maîtrisent directement ou indirectement par le biais de l'économie ou de la technologie par exemple ce savoir. Ce qui n'est pas sans conséquences pour l’homme ou pour la planète. C'est une piste qui pouvait être développée dns le devoir. Développement Remarques en vrac au fil de la lecture des travaux • La définition de la vérité Les élèves ont tendance à substituer les termes de vérité et de réalité. La vérité, comme la fausseté l'erreur, le mensonge sont des propriétés du langage. La réalité elle, n'est ni vraie ni fausse, elle se contente d'être. Cette confusion s'enracine dans la théorie de la connaissance de Platon où effectivement au dernier stade de son apprentissage, le philosophe, dans une intuition spirituelle, fait en un même instant l'expérience de la vérité et de la réalité. Par la suite les philosophes tenteront d'élaborer une théorie de la vérité en terme d'adéquation ou de correspondance entre ce qui est et ce que l'on dit sur ce qui est. Mais cette théorie qui est encore celle de Descartes au XVII° siècle, s'avèrera être une impasse, aucun critère objectif si on exclut Dieu ne pouvant vérifier la parfaite correspondance entre ce qui est, et ce qui est dit sur ce qui est. • Remarque concernant la critique de Platon par Nietzche Dans la conception de Platon la vérité n'est pas une "valeur". Elle est au-delà de toutes les valeurs parce qu'il la conçoit comme l'origine de toutes choses comme Dieu le sera ensuite pour le christianisme. La métaphore du soleil est importante car le soleil éclaire tout ce qui constitue notre monde, le portant ainsi à l'existence. Pour Nietzsche ce qui est à l'origine de ce qui est ce n'est pas la vérité mais la vie. Sa critique consiste à dénoncer ce tour de passe-passe par lequel dans l'histoire de la philosophie, les hommes ont dévalorisé ce pouvoir créateur de la vie pour affirmer à la place celui de la raison. • Le mensonge On pourrait penser que l'homme, animal social, développe sa faculté de raisonner en recherchant le savoir vrai, en élaborant des théories logiques et cohérentes. Aujourd'hui des éthologues et des psychologues, des psychiatres, développent l'idée qu'il est positif pour l'enfant de mentir. Par exemple, le psychiatre Boris Cyrulnik défend l'idée d'un "devoir [moral] du mensonge" qui est pour lui une preuve d'empathie vis-à-vis de l'autre. Il remarque également que pour mentir il faut faire preuve d'une certaine virtuosité intellectuelle "mentir c'est savoir qu'avec un mot, un sourire, une posture, je vais pouvoir modifier les représentations de l'autre et entrer dans son monde intime. C'est une performance intellectuelle extrême, qui exige que moi menteur, je puisse me représenter les représentations de l'autre. Pour cela il faut que je sois très intelligent , mais surtout que je sois respectueux de l'autre. Le pervers dit ce qu'il pense, et c'est blessant ... quant au psychotique, de toutes les façons pour lui, l'autre n'existant pas, il dit ce qu'il pense sans se poser de questions. En résumé chez le psychotique, il n'y a pas du tout de représentation de l'autre, et chez le pervers, il n' y a pas de respect des représentations de l'autre. Et mentir c'est respecter l'autre. [Pour lire la suite passionnante LIEN cliquer Lecture "le mensonge est une preuve d'intelligence" , Boris Cyrulnik Cet article est intéressant car il remet en question un certain nombre de préjugés concernant la nécessité de dire la vérité, notamment celui qui poserait qu'il ne pourrait pas y avoir de lien social bâtit sur le mensonge. Or ce que démontre B. Cyrulnik c'est que le mensonge est tout aussi constructif. Les exemples ou les références trouvés dans les copies qui posent des problèmes intéressants • DEXTER Dans une copie, un élève cite l'exemple du personnage Dexter, tiré de la série du même nom. Ce personnage mène une double vie dans la journée, il travaille pour la police, la nuit il se transforme en un sérial killer. Ce personnage est en permanence travaillé par l'idée du mensonge sur lequel repose sa vie. Dire la vérité - si sa vérité consiste uniquement dans sa personnalité de criminelle la dimension oedipienne de la relation au père lui-même criminel est importante dans le scénario, ce serait détruire la vie de ses proches sa femmes, ses enfants, sa soeur -Il fait donc par devoir le choix du mensonge par empathie pour ses proches et certainement pour sa propre survie mais ce choix est loin de le satisfaire et le mine. Parallèlement dans ses activités criminelles, il manifeste une réelle exigence de vérité puisqu'il n'assassine que des criminels échappant à la justice, et est profondément perturbé si jamais, par erreur, il assassine un innocent même particulièrement antipathique. La vérité reste donc nécessaire pour justifier ses actes. Ce personnage qu'on pourrait qualifier de monstrueux, n'est donc en rien nihiliste puisqu'il croit en la vérité. Alors même qu'il vit dans le mensonge, le devoir de vérité reste pour lui une question récurrente, d'où ses perpétuelles questions existentielles sur sa propre vie qui reviennent dans chaque épisode. Ainsi il est en fait comme monsieur tout le monde. Il reste imprégné de valeurs profondément conservatrices, comme le mari qui tromperait sa femme avec une autre et en éprouverait du remord ou de la culpabilité. Pour lui vivre dans le mensonge est une aberration. Il se demande d'ailleurs sans arrêt ce que c'est qu'être un être humain, en utilisant des arguments qui montrent que pour lui, l'humanité et la quête de la vérité restent indissociables. • L'ALLEGORIE DE LA CAVERNE Dans cette dissertation il n'est pas nécessaire de revenir en détail sur la totalité de l'Allégorie. Il faut juste retenir les éléments qui permettent d'illustrer et de développer le raisonnement relativement à la question initialement posée. Trois étapes me semblent particulièrement importantes pour notre propos - 1 La Caverne Si on considère les hommes les prisonniers ils recherchent pas la vérité. Elle n'est pas nécessaire à leur existence. Ils peuvent vivre heureux et dns le mensonge. -2 La libération Il se trouve que parmi ses hommes, l'un deux a la possibilité de sortir de la caverne. On peut faire ici le parallèle avec Néo, le personnage de Matrix, qu'on libère alors qu'il n'a rien demandé. Cette libération est difficile et douloureuse, mais notre prisonnier libéré ne renonce pas, de même que Néo qui aurait la possibilité de faire le choix de son ancien compagnon qui choisit de trahir pour retourner dans la matrice car le monde dans lequel il vit est devenu trop difficile pour lui. Dans ce cas , la quête de la vérité résulte d'un choix personnel et devient une exigence morale que l'individu s'impose librement à lui-même. -3 Le retour dans la Caverne Pourquoi notre homme s'acharne-t-il dans sa quête ?Pourquoi celle-ci une fois terminée, choisit-il de revenir auprès de ses anciens compagnons sachant très bien ce qui l'attend car ayant atteint le savoir absolu, on peut difficilement penser qu'il soit naïf à l'encontre du genre humain ? Rien ne l'y oblige, si ce n'est lui-même. En effet il estime à la fois que c'est son devoir d'homme, et à la fois qu'il est nécessaire de transformer ce monde de la caverne le bonheur de tous , la justice, ne pouvant que se fonder selon Platon que sur la connaissance de la vérité. Interprétation d'Audrey G. de l'Allégorie de la caverne " ... de même aujourd'hui la plupart des hommes ne sont pas prêts à accepter la réalité de notre condition humaine. Ils restent attachés à des bonheurs illusoires sans lesquels la réalité de nos existences paraitrait insupportable. La quête de la vérité fait apparaître la dimension mensongère de ces bonheurs factices et est plutôt désespérante. Par exemple le fait que nous soyons condamnés à vieillir est pour beaucoup insupportable dans une société où nous entretenons le culte de la jeunesse des corps. Vieillir devient intolérable. La société de consommation a pour fonction d'entretenir ces bonheurs illusoires, nous promettant par exemple, des crèmes anti-vieillissements, des interventions de chirurgie esthétique et la possibilité d'entretenir une éternelle jeunesse". mots-clés vérité, mensonge, Dexter, erreur, illusion, allégorie de la caverne, obligation, nécessité, devoir Cordialement "Admettre la relativité des vérités conduit-il à renoncer à toute idée de vérité?" Bien distinguer les "vérités" relatives à telle ou telle époque et l'idée de vérité. Une idée c'est ce à quoi rien de sensible ne correspond, autant dire que c'est un idéal, une sorte de principe régulateur qui permet de repérer En ces temps modernes de technologie, l’information est facilement accessible. En un clic de souris, nous pouvons trouver des idées, des actualités, des images, etc. Mais ces dernières années, l’émergence massive de choses comme les fake news » et le façonnage de réalité » cherche à déformer la vérité, en créant des réalités alternatives dans l’espoir que les hommes croiront quelque chose qui n’est pas vrai, dans le but que cela devienne finalement vrai. La promotion de soi-même, ou de ses idées et croyances au mépris des autres est souvent à l’origine de ces autant d’informations disponibles et autant de personnes qui essayent de nous persuader que leur version des faits est la vérité, comment est-il possible de savoir ce qui est effectivement vrai ? Est-ce que la vérité est différente d’une personne à l’autre, en fonction de ce qu’elles souhaitent croire ? Ou est-ce qu’il existe une vérité ultime – une vérité qui transcende toutes les idées tourbillonnantes qui émergent de la société ?Dans ma quête de la vérité, j’ai remarqué qu’il m’était très facile d’être touchée par ces arguments convaincants. Nous communiquons avec le monde autour de nous et avec les autres personnes grâce à nos sens – c’est ce que nous voyons, entendons, touchons et sentons qui nous affecte le plus. Et ces choses peuvent changer en fonction de comment je me sens un certain jour ou de qui je si la vérité – la vraie vérité – exigeait de nous que nous allions au-delà de ce que nous voyons, entendons et ressentons ?Il est écrit dans la Bible que Jésus est le même hier, aujourd’hui, et éternellement. Hébreux 13, 8 Il est aussi dit que l’herbe peut sécher et que la fleur peut tomber, mais la parole de Dieu subsiste éternellement. Esaïe 40, 8 Pour moi, cela signifie que si je recherche la vérité, alors je peux être certain que je la trouverai dans la parole de Dieu. Jean 17, 17 Sa parole n’est pas démodée ou archaïque. Et les pensées de Dieu sont bien plus élevées, riches et plus précieuses que tout ce que je peux concocter avec mon petit cerveau humain. Lorsque je recherche la vérité, alors je peux apprendre à voir toutes choses comme lui, les voit. Alors, toutes les questions que je peux avoir à propos de tant de choses deviennent insignifiantes lorsque je les compare à l’éternité. Et si le monde entier vivait conformément à la vérité que nous trouvons dans la parole de Dieu, ce serait vraiment le ciel sur la quelques vérités que j’ai trouvées dans la parole de Dieu et qui m’ont personnellement aidée à pouvoir au moins contribuer à apporter le royaume des cieux sur terre, et à prouver la vérité de la parole de Dieu par ma vie.1 Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. » 1 Pierre 5, tant qu’être humain, je suis poussé par l’orgueil. Même si je désire être bon envers les autres, je découvre que l’orgueil est profondément ancré en moi lorsque je vois comment je réagis dans les différentes situations. Je voulais en fait être le meilleur et cacher mes faiblesses. Je voulais avoir le dernier mot. Je voulais à tout prix prendre soin de ce je », de ce moi » et de ce à moi ».Mais il est dit dans la Bible que Dieu résiste aux orgueilleux. La vérité, c’est que lorsque je fourre ma volonté dans tout, je ne peux pas être heureux. Beaucoup d’hommes sont riches, prospères et connus. Mais toutes ces choses ne constituent pas une garantie de repos et de paix à l’intérieur. Si ces mêmes personnes souffrent de leur orgueil et de leur égoïsme, alors il est impossible pour elles d’être entièrement heureuses et dans le repos dans leur être il y a de l’espoir ! La vérité, c’est que lorsque je suis humble – lorsque je reconnais qu’en fait, je suis rempli d’orgueil et que j’ai besoin de l’aide de Dieu pour en être délivré – alors il me donne la grâce ou l’aide pour vaincre. J’ai fait l’expérience qu’en m’humiliant moi-même, en reconnaissant la vérité à mon sujet, j’ai été libérée de tout ce trouble qui vient lorsque je recherche mon propre intérêt. Le fait d’avoir raison, de vouloir me frayer mon propre chemin et de gravir les échelons du succès n’ont finalement aucune importance lorsque je comprends que ces choses ne valent absolument rien en termes d’éternité.2 Parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. » 2 Corinthiens 4 choses que nous voyons sont passagères – tout ce que nous possédons sur cette terre, nous ne les possédons que pour un temps. Il est possible de savoir » cela. Mais c’est une toute autre chose d’être tellement convaincu de cela que je change continuellement le cours de mes actions afin que mon trésor soit dans le ciel, comme Jésus en parle en Matthieu 6, est ce trésor dans le ciel ?Il est écrit que la parole a été faite chair en Jésus, ce qui signifie qu’il vivait conformément à la parole de Dieu et que ces paroles sont devenues sa vie. Jean 1,1-4, 14 Et il est aussi possible pour moi de vivre cette vie, pour que par la puissance du Saint-Esprit, ma nature pécheresse puisse être mise à mort. Jésus dit que nous pouvons le suivre en renonçant à nous-mêmes et en portant notre croix. Matthieu 16, 24 Cela signifie que je renonce à ma propre volonté qui est si forte et qui va à l’encontre de ce que Dieu souhaite pour moi. Je choisis consciemment de marcher sur la voie où il me guide, aux dépens de ce que je souhaiterais moi-même. Alors Dieu me guide sur le chemin du salut, et j’expérimente que je reçois sa nature. 2 Pierre 1, 4 Je commence à voir la valeur que cela peut avoir, d’abandonner mes propres idées, opinions et souhaits qui sont contraires à la volonté de Dieu, parce que j’apprends que les choses qui sont invisibles peuvent me donner une joie véritable qui dépasse tous les plaisirs éphémères des choses terrestres. 3 Vous, vous cherchez à paraître justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu. » Luc 16, il est facile de me défendre moi-même lorsque quelqu’un m’accuse ou me parle d’une manière que je n’apprécie pas ! Ma réputation et mon honneur sont tellement importants ! Mais ce verset dit que Jésus regarde mon cœur. Jésus était complètement innocent de toute transgression, et pourtant, il est mort sur la croix comme un criminel. Mais Dieu savait qu’il n’avait jamais péché, c’est pourquoi il l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom. Philippiens 2, 9 Jésus comprenait que l’honneur des hommes n’avait aucune importance – il recherchait uniquement à plaire à Dieu. En faisant cela, il nous a laissé un magnifique exemple que nous pouvons suivre. Si nous subissons des accusations, à raison ou même à tort, ou bien si nous ne recevons pas de reconnaissance pour ce que nous avons fait, alors nous pouvons nous rappeler que nous vivons devant la face de Dieu et croire que nos coeurs sont purs, et alors ce que les autres pensent ou disent n’a plus la moindre importance !Ce verset dit aussi que ce que les autres peuvent dire est méprisé par Dieu. C’est une vérité formidable à laquelle il faut s’attacher. La société, les médias et les personnalités peuvent essayer de nous attirer dans une direction ou une autre. Et presque tout le monde suit sans trop réfléchir. Mais tout cela est une abomination aux yeux de Dieu. si vraiment je peux voir les choses de la manière dont lui, les voit, alors je n’ai pas besoin d’être attiré par la majorité », mais je peux tranquillement et joyeusement poursuivre mon propre chemin qui mène aux cieux.4 Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. » Jean 8, très souvent pensé à ce verset. Dieu veut que je connaisse la vérité, et particulièrement la vérité à propos de moi-même. Jésus dit en Marc 10, 18 que personne n’est bon, mis à part Dieu. Et Paul dit que même lorsque je souhaite faire le bien, je trouve toujours le mal qui habite en moi. Romains 7, 15 Cela demande beaucoup de détermination pour réussir à s’humilier soi-même pour être d’accord avec le fait que même si je voulais faire le bien, je trouve toujours qu’il y avait trop de moi-même » dans ce que j’ai Malachie 3, 2, il est écrit à propos du feu du fondeur et de la potasse des foulons. C’est ainsi que j’ai expérimenté le fait de voir la vérité sur moi-même. Je l’ai ressenti comme un feu qui brûle. Mais si je suis d’accord avec la vérité, et que je lui obéis, alors ce feu consume tout le péché qui habite en moi, et il purifie mon cœur dans ce domaine. C’est douloureux, mais cela me donne aussi de la force. Cela me délivre de ce péché. Et la potasse des foulons n’est sans doute pas le plus doux des traitements – mais il apporte du rafraîchissement, la purification et la libération, si je choisis d’accepter la vérité et de me courber devant la face de vérité a son prix. Elle exige de moi que j’abandonne tout ce qui vient de moi-même. Mais je reçois alors tout en retour – tout ce qui contribue à la vie éternelle. Et ceux qui possèdent cette vérité comprennent que sa valeur surpasse tout ce que je peux amasser ici sur cette terre.
Douterce n'est pas renoncer à la vérité : le doute comme moyen de découvrir la vérité (à condition de définir la vérité) En effet, 1. La vérité consiste en une somme de jugements élaborés par les hommes quand ils font usage de leur raison (est vrai un énoncé ayant une valeur universelle) 2. C'est donc l'usage de la raison qui
Le doute est-il toujours souhaitable ? » Deux questions en une en quoi est-il souhaitable ? Jusqu’où est-il souhaitable ? Le doute est constitutif de la philosophie parce qu’il est inséparable de la pensée même. On connaît la formule de Socrate tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien », mais aussi celle du scepticisme de Montaigne Que sais-je ? », plus radicale encore puisque je suis même incertain de ce que je sais ou pas... Le doute portant sur des évidences perçues qui se révèlent souvent être de fausses évidences est bien le propre d’une pensée qui refuse de s’habituer ou de s’assoupir... L’apparente évidence des choses finit par faire en sorte qu’on ne les voit plus, et de la même façon, l’apparente évidence des idées fait qu’on ne les pense plus... D’où l’intérêt d’une pensée qui torpille » ces fausses évidences, à l’instar de la démarche socratique. Mais jusqu’où ? Quand il s’agit de vivre, nous ne pouvons douter sans cesse ... Comment peut-on concilier les exigences du doute et les impératifs de l’action ? Le doute ne doit-il pas précisément servir à établir des vérités, donc à ne plus douter ? Que penser alors du scepticisme, pour qui le doute n’est pas seulement un moyen mais surtout une fin, et conduit peut-être au nihilisme ? Mais est-ce possible de sortir d’un certain scepticisme ? Y a-t-il des arguments légitimes contre lui? Daniel Mercier, le 27/09/2013 L'écrit philosophique CAFE PHILO SOPHIA MAISON DU MALPAS SAMEDI 5 OCTOBRE 18H Le doute est-il toujours souhaitable ? » Notre question porte à la fois sur la légitimité et l’intérêt du doute, et sur le toujours » de est-il toujours souhaitable ? » Y a –t- il des contextes ou des certitudes où le doute ne serait ni utile ni souhaitable, et même peut-être préjudiciable, voire destructeur ? Concernant le premier aspect, le doute apparaît comme constitutif de la philosophie, et même de la pensée. Il renvoie à la fameuse formule attribuée à Socrate tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien », ou peut-être encore plus radical le Que sais-je ? » de Montaigne et des sceptiques, qui semble indiquer que l’incertitude pèse également sur le fait de savoir ce que je sais vraiment... Cette attitude de questionnement systématique, inséparable de l’étonnement face au monde que la non moins fameuse formule de Leibnitz résume bien Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? », est loin d’être naturelle »... Nous pouvons en effet vivre assez aisément du moins dans un premier temps... dans un monde d’évidences perçues et assez communément admises. Vouloir se protéger en nous accrochant à des opinions » bien arrêtées, sorte d’ombrelle sous laquelle serait inscrit le mot firmament » » Deleuze, et qui nous donnerait l’illusion d’un certain ordre ». L’image est belle et rejoint celle de la Caverne de Platon, en mettant en relief le caractère dérisoire et factice de ce monde » sous l’ombrelle qui veut passer pour le monde réel... Et pourtant rien n’est moins évident que le monde... Nous devons nous méfier des âmes habituées » Charles Peguy. Le philosophe est celui qui ne peut se résoudre à s’habituer, à se familiariser avec ce qui l’entoure comme avec ce qui l’habite ou qu’il contient… Il est toujours un peu comme un étranger face au monde... C’est d’ailleurs à ce titre que la philosophie en direction des enfants prend tout son sens l’enfance représenterait métaphoriquement ces premiers contacts avec le monde que la philosophie s’efforce de retrouver. L’assoupissement associé aux fausses évidences est un risque permanent. De même l’apparente évidence des choses fait qu’on ne les voit plus, de même l’évidence apparente des idées fait qu’on ne les pense plus. Voyez par exemple comment un penseur tel que François Jullien va même jusqu’à débusquer les impensés ou parti-pris de la pensée occidentale, en la mettant en vis-à-vis avec la pensée chinoise. Le doute est inséparable de l’activité de pensée, mais les habitudes de pensée peuvent vite se retourner contre elle il est nécessaire de questionner sans cesse, et de ne pas se contenter des réponses trouvées, qui sont toujours provisoires. Nous disions que cette attitude de questionnement n’aller pas de soi ... Le doute un défi face au conformisme dominant Elle constitue même un défi face au conformisme dominant, et ce défi est celui de la pensée même. L’homme des perplexités » Hannah Arendt y est sans cesse confronté. Le conformisme, aussi bien d’ailleurs que l’anticonformisme qui est son frère jumeau, ne se caractérisent-ils pas par l’absence de pensée ? Je voudrai ici témoigner personnellement de la difficulté de cette confrontation, en espérant trouver ici une occasion de partage ! Que se passe-t-il lorsque nous sommes confrontés à des pensées conformistes, la plupart du temps proclamées » de façon péremptoire ? Nous sommes vite gagnés par un état de non-pensée que nous pourrions qualifier d’effet de sidération, devant des propos qui se présentent avec une telle naïveté comme appartenant au sens commun. Nous sentons bien que ces affirmations ne souffrent aucune discussion possible, que notre interlocuteur est tout entier dans ses propos, sans la moindre prise de distance. Mais le plus remarquable est que cette non-distance est contagieuse et nous empêche nous-mêmes de mettre à distance l’objet dont on parle. D’où ce que j’appelle cet effet de sidération qui pétrifie » la pensée. Car nulle pensée en effet ne peut prendre forme sans un jeu » possible entre moi et mes représentations, entre moi et moi-même, sans un dialogue intérieur. C’est comme si l’absence de dialogue avec l’autre correspondait aussi à l’absence de dialogue intérieur, et épuisait toute possibilité de pensée... Affectivement, cela peut s’accompagner dans certains cas d’une vague impression de peur et d’oppression, comme si nous étions soudainement pieds et poings liés à l’éventuelle véhémence du propos et ses conséquences pratiques... Car nous sentons plus ou moins confusément qu’ un discours assuré peut être toujours soupçonné de préluder à quelque croisade » Clément Rosset. Prolongeons ce premier constat par un second, explicité cette fois par Hannah Arendt, mais qui décrit exactement un autre phénomène que nous avons expérimenté. Critiquer une idée est souvent interprété par l’interlocuteur comme avoir l’idée inverse. Nous serions contraints malgré nous à être perçus comme les défenseurs de l’idée opposée à celle que nous avons critiquée. A partir du moment où vous mettez en question des représentations convenues, on vous prête nécessairement des jugements opposés à ceux que vous soumettez à l’examen. Si vous ne dites pas oui, vous êtes nécessairement l’homme d’un autre oui ». Sous le règne des adhésions massives, il est difficile de comprendre que le penseur est l’homme des perplexités ». Car la pensée est dangereuse pour la bien-pensance et l’autosatisfaction intellectuelle ; elle a un effet paralysant » dit-encore Hannah Arendt. C’est le fameux effet torpille » de la démarche socratique. Celui-ci est double d’une part nous devons interrompre toute activité pour penser ; d’autre part, vous n’êtes plus sûr de ce qui vous semblez indubitable, alors que vous étiez sans y penser engagés dans ce que vous faisiez. Nous pressentons que cet aspect paralysant » de la pensée est aussi associé à de réels risques celui du nihilisme ou du scepticisme radical, que nous aurons par conséquent à examiner, et la difficulté de soutenir une telle disposition d’esprit lorsque les nécessités de la vie pratique nous contraignent à agir... Quand il s’agit de vivre, nous ne pouvons douter toujours... Tel est bien le problème on ne peut pas passer tout son temps à douter. Dans la vie pratique, nous devons agir, prendre des décisions en l’absence de connaissances indubitables et exhaustives, c’est-à-dire préalablement soumises au doute systématique, concernant les différents aspects de la situation concernée. Le doute cartésien des Méditations métaphysiques, dans sa dimension radicale et hyperbolique », ne se justifie que parce qu’il ne s’agit pas d’agir mais de méditer. Traiter le douteux comme faux jusqu’à preuve du contraire n’est pas compatible avec la conduite de sa vie pratique. En théorie, le doute est conseillé car il ne faut pas se précipiter, il ne faut pas confondre sa croyance avec un vrai savoir, etc. Mais en pratique, quand il s'agit de vivre, d'agir, il ne faut pas douter. Descartes lui-même dans son Discours de la Méthode » avoue qu’il ne faut pas mettre le doute universel entre toutes les mains, et qu’il est pratiquement souhaitable, dans la vie quotidienne, d’aller chercher la vérité auprès des esprits les plus compétents dans le domaine concerné... Il distingue à ce propos deux catégories d’esprits, les présomptueux qui pensent détenir la vérité et qui se fourvoient, condamnés à l’égarement chronique, et les modestes » qui ne se font pas confiance et se réfèrent à ceux qui sont plus compétents pour connaître la vérité. Les premiers, à mon sens, apparaissant beaucoup plus dangereux que les seconds ! Quoiqu’il en soit, l’argument semble imparable le temps est compté car nous sommes mortels, et nous ne pouvons pas attendre indéfiniment avant de nous décider... La société contemporaine de la vitesse ne peut que renforcer encore cette impossibilité. Descartes est conscient de cette difficulté et va élaborer une méthode » pratique pour y répondre... Une morale par provision pour sa conduite de vie et son action Dans la mesure où nous continuons de vivre et d’agir le temps que notre jugement est suspendu, il est nécessaire d’avoir une morale provisoire. Ne serait-ce que pour vaquer en paix » dans la recherche de la vérité... C’est précisément l’objet des Maximes » du Discours de la Méthode. Et la première maxime de Descartes dans son Discours est de se conformer aux lois et aux usages. 1 Principe de prudence et de modération à défaut de connaître la vérité dans ces domaines, il est préférable de s’éloigner des excès et d’adopter les opinions les plus modérées, car si l’on se trompe, on risque moins de s’éloigner de la vérité qu’avec des opinions extrêmes. 2 La fermeté et la résolution dans mes actions même si les options choisies sont douteuses. L’homme n’a pas une science infinie des biens dont il doit faire choix dans les différentes circonstances de la vie tel le voyageur égaré dans la forêt, il sera plus aisé de sortir de la forêt en s’en tenant au chemin qu’on s’est fixé, même si le chemin choisi est plus long, plutôt qu’à tourner en rond sans arrêt. 3 La troisième maxime est d’inspiration stoïcienne. Etant entendu qu’il y a souvent un hiatus entre nos désirs et le réel, nos aspirations et l’ordre des choses, le bonheur va consister l’eudémonisme est ici bien présent à changer ses désirs plutôt que la réalité. Nous sommes en effet confrontés au désamour, à la solitude, à la guerre, à la maladie, comment devons nous nous comporter dans ces circonstances ? De deux choses l’une soit nous parvenons à changer le réel, soit nous n’y parvenons pas ; seule l’expérience pourra nous faire distinguer ce qui dépend de nous de ce qui n’en dépend pas, et non pas un jugement à priori. Il ne s’agit ni de renoncer, ni de s’obstiner. Car il y a des choses absolument impossibles à changer. Mais je suis maître de mes pensées comme de mes désirs. Je me mets donc en situation de transformer mon désir pour qu’il soit conforme à la réalité. C’est un passage du désir à la volonté je peux désirer l’impossible, mais je ne peux pas vouloir désirer l’impossible cf. mon texte Est-on maître de ses désirs », où l’on peut mesurer ici le rationalisme et le dualisme cartésien. Je conquiers ainsi la paix de l’âme par un travail de moi sur moi-même, me disposant à accepter mieux la mauvaise fortune. Idéal de maîtrise qui s’oppose à une vie selon les passions, ou à la spontanéité des désirs, ce que la plupart des hommes choisissent ». D’où le caractère pathétique de la plupart des existences, livrées aux aléas de la fortune. Cette morale de provision » proposée par Descartes comporte des préconisations intéressantes, mais il est difficile d’entériner la première maxime celle-ci est franchement conservatrice et conformiste. Et même si Descartes prétend cette morale provisoire – c’est peut-être ici l’optimisme des Lumières sur la connaissance libératrice qui pointe déjà son nez ? -, nous savons bien aujourd’hui que nous pouvons attendre longtemps des connaissances définitives censées nous démontrer quels sont les bons choix politiques ou sociaux ! Cette morale provisoire » est en réalité une morale définitive... Le paradoxe d’une telle position cartésienne est celui d’une radicalité théorique de la méthode du doute systématique, associée à un conformisme pratique qui évacue totalement le questionnement concernant les affaires humaines. Une séparation entre la théorie et la pratique ? Même si Descartes a raison de prendre en compte cette impossibilité de douter en permanence dans la vie pratique – impossibilité doublée d’une réelle dangerosité car elle condamnerait à l’impuissance et la paralysie -, il semble malgré lui car il s’en défend séparer la théorie et la pratique. Pourtant, il sait bien que le but du doute, qui n’est pas une fin en soi comme chez les sceptiques, est de parvenir à une connaissance vraie, qui doit être à son tour le fondement d’une action éclairée. Rien n’est plus important pour lui que la lucidité et la rectitude du jugement. Il suffit de bien juger pour bien faire » dit-il. Pourquoi alors ce clivage entre la connaissance et la morale ou la conduite de sa vie ? La philosophie pragmatiste, donne un élément de réponse, qui sera repris par Wittgenstein cf. plus loin selon eux, le doute cartésien en tant que méthode systématique de mis en doute ne pourrait pas avoir d’effet pratique car il ne correspond pas à une démarche naturelle devant une raison positive de douter nous pourrions dire pour simplifier qu’il n’a pas d’effets pratiques par ce qu’il ne part pas de la pratique. Le doute hyperbolique –nous y reviendrons – qui fait l’hypothèse que la veille et le rêve seraient indiscernables, ou qu’un malin génie dépenserait tous ses efforts à me tromper toujours », serait en quelque sorte artificiel », et ne partirait pas d’une interrogation naturellement dictée par la confrontation au réel ; car si tel était le cas, la plus subtile des distinctions dans la pensée induirait des conséquences pratiques. Wittgenstein Supposons que des gens considèrent comme très probables ce que nous considérons comme tout à fait certain ce qui peut être le cas après avoir lu les Méditations métaphysiques... ou vu un film comme Matrix !. Quelles différences cela fait-il dans leur vie ? N’est-ce pas uniquement qu’ils discourent un peu plus sur certaines choses que les autres ? ». Autrement dit, aucune différence significative. Nous reviendrons sur cette critique, mais nous voyons dors et déjà ici qu’une telle coupure entre théorie et pratique, réservant le doute à la pure spéculation, est problématique... Le scepticisme au moins, dans cette radicalité conduisant à la suspension de tout jugement, semble plus cohérent, puisque l’exercice du doute conduit à renoncer à tout engagement pratique. Mais finalement une telle attitude ne rejoint-elle pas le conformisme... et donc la première maxime de Descartes ? Revenons donc aux Méditations métaphysiques, d’où sont parties la plupart des interrogations philosophiques propres à notre sujet. Malgré sa résolution anti-sceptique, Descartes s’en libère-t-il vraiment ? La manière dont Descartes met en œuvre le doute dans les MM le distingue très fortement du scepticisme ; il décide de révoquer en doute toutes les certitudes sensibles et rationnelles Je me résolus de feindre que... ». Il ne s’agit pas du doute spontané d’un homme en proie à l’incertitude, ni du doute des sceptiques qui font de la suspension définitive du jugement une sagesse de vie. Le doute est véritablement éprouvé » par les sceptiques confrontés à la contradiction des opinions, à l’impuissance de la raison à démontrer absolument la vérité des énoncés, ils renoncent à admettre quoique ce soit comme vrai. Or le doute cartésien est une méthode qui révoque provisoirement toute certitude ; il est systématique et hyperbolique. Il a une fonction critique séparer les opinions des savoirs certains, pour permettre d’asseoir sur des bases inébranlables l’édifice des sciences. Cette mise à l’épreuve des opinions afin de parvenir à une vérité indubitable, faisant du doute un simple moyen, est donc très différente du scepticisme pour lequel le doute est au contraire une fin ultime. Construire les fondations d’une connaissance vraie, établir la vérité est une finalité qui est l’exact symétrique de celle des sceptiques. Mais ne dirait-on pas que dans sa radicalité le doute hyperbolique cartésien peine à se libérer du scepticisme qu’il a feint un moment d’adopter ? Regardons de plus près les arguments utilisés... Les sens sont trompeurs. Doute qui s’appuie sur certaines expériences sensibles illusion d’optique du bâton brisé s’ils me trompent quelque fois, ils peuvent me tromper toujours. Mais ici nous pouvons encore surmonter ce doute par des explications scientifiques l’illusion d’optique s’explique scientifiquement, mais aussi sur l’erreur de raisonnement qui consiste à généraliser le doute à toutes les expériences sensibles par ce que certaines me trompent...Sauf à considérer que je suis fou et pense par exemple être là alors que je n’y suis pas. Mais Descartes, comme le montre bien Foucault, évacue l’hypothèse de la folie qui est selon lui incompatible avec l’existence de la raison. Le fait de penser est en lui-même une garantie qui exclut la folie. D’où nécessité de passer à un cran supérieur du doute Le rêve Le rêveur n’est pas fou, et pourtant il ne peut distinguer la veille du sommeil. Si je rêve que je suis là en train d’écrire, je ne peux savoir que je suis là incertitude absolue. Même si ce que je suis en train de rêver est réel je suis bien là, je ne peux pas le savoir. Descartes rejoint par là le défi sceptique dans toute son ampleur. Cet argument sera repris par Putman au début de Raison, Vérité et Histoire sous forme d’une expérience de pensée supposons que nous sommes des cerveaux dans une cuve remplie de liquide nutritif reliée à un super ordinateur aucun moyen de savoir » au sens épistémologique si nous ne sommes pas dans cette situation cf. le film Matrix, c’est quasiment la même chose !. Selon ces types de scénarios, il n’y a aucune différence entre être éveillé et être endormi, être là et n’y être pas, être un cerveau dans une cuve ou non… Je ne peux pas savoir non plus si ce scénario est faux…► c’est le paradoxe redoutable et imparable des sceptiques si je ne sais pas si l’hypothèse sceptique est vrai ou fausse, je ne peux pas savoir grand-chose relativement à une quelconque proposition concernant le monde. Même si je suis tenté de rejeter cette conclusion et ses prémisses au nom du sens commun, puisque j’ai l’impression de savoir beaucoup de choses, la logique me l’interdit. La question ici posée, qui rejoint celle posée par le scepticisme est bien celle de savoir comment on peut sortir de ce droit au doute » qui conduit imparablement à l’incertitude absolue ? Finalement, seul le recours à la véracité divine Dieu infiniment bon ne peut me tromper, et donc la preuve de l’existence de Dieu – que nous ne pouvons considérer aujourd’hui comme décisive... tout le monde s’accorde à dire qu’il ne peut pas y avoir de démonstration de l’existence de Dieu... – peut sauver la connaissance de l’absolu du doute dans les MM. Un peu comme si Descartes était pris à son propre piège, le doute sceptique une fois posé étant en quelque sorte indépassable. Mais notre réflexion est bien entendue rétrospective ; Descartes va nous proposer, une fois le doute hyperbolique évacué, une méthode pour progresser dans la recherche de la vérité... Une méthode pour surmonter le doute ? Cette difficulté du doute méthodique mis à part, et sur lequel nous reviendrons, rappelons que le projet cartésien est de pouvoir fonder la vérité. Preuve en est son Discours de la Méthode, dont la fonction est précisément d’établir un ensemble de règles qui garantissent l’établissement de la vérité, une fois sorti du doute hyperbolique grâce au roc » de l’existence du cogito et à la véracité divine. Quelles sont ces règles qui doivent désormais nous sortir du doute, et qu’en penser ? La règle de l’évidence est le seul critère indubitable non soumis au doute de la vérité l’évidence de l’idée est fondée sur sa clarté contraire d’obscure et sa distinction contraire de confuse. Les deux obstacles à la recherche de l’évidence la prévention bâtir son jugement sur des préjugés ; admettre des énoncés sans examen et la précipitation. Clarté impression que produit la perception directe de l’idée elle-même lorsqu’elle est immédiatement présente à l’entendement Distinction idée suffisamment précise pour n’être confondue avec aucune autre. L’évidence repose sur un acte d’intuition rationnelle. La règle de l’analyse décomposer un tout en ces éléments constituants pour résoudre une difficulté. Aller du complexe au simple en divisant, décomposant. La règle de la synthèse à partir du simple – saisi en dernier ressort intuitivement – procéder par déduction et remonter la chaîne des raisons jusqu’au plus complexe. La règle du dénombrement parcourir par un mouvement continu de la pensée l’ensemble de ces chaînes de raisons pour voir si on n’a rien oublié et vérifier la vérité de la démonstration. Cette opération de l’esprit, si elle est assez rapide, équivaut pratiquement à une intuition. Nous avons précédemment montré qu’il était difficile de sortir du doute sceptique quand il était posé dans sa radicalité. Avec ses règles de la méthode, Descartes pense désormais se prémunir méthodiquement et rigoureusement de l’erreur et de la fausseté, une fois dissout le doute hyperbolique. Ces règles qui étaient censées avoir valeur de programme méthodique pour la démarche scientifique ont probablement eu un impact considérable dans le développement des sciences, même si elles sont aujourd’hui considérées comme insuffisantes. Edgar Morin et sa pensée de la complexité » est un de ceux qui les met le plus fortement en question le doute est permanent ! mais dans quelles limites ?? le point de départ de la pensée complexe est en effet la critique de l’idée rationaliste classique dont Descartes, dans le Discours de la Méthode, est le fondateur, selon laquelle il serait nécessaire d’aller méthodiquement, par degré, en suivant la chaîne des raisons », du simple au complexe. Selon le nouveau paradigme de la pensée complexe, il faut au contraire partir du complexe, qui est une réalité irréductible à la somme de ses éléments. Cette pensée systémique est en lien avec le concept d’émergence ». Il ne s’agit pas de renier la pensée rationaliste, mais de la dépasser, en ne privilégiant plus la séparation des éléments aux dépens de leur conjonction. Il faut désormais promouvoir une pensée en conjonction plutôt qu’une pensée disjonctive... D’où d’autres principes de la méthode » élaborés par Edgar Morin. Des vérités » relatives et provisoires... Mais Edgar Morin est un homme du XXème siècle, formé à l’aune de la crise des fondements de la connaissance, telle qu’elle a été identifiée à partir de Kant, et analysée au cours des deux siècles qui l’ont suivi Toutes les avancées de la connaissance nous font approcher d’un inconnu qui défie nos concepts, notre logique, notre intelligence ; celle-ci se trouve du coup condamnée à porter en son cœur une béance irrefermable ». Le projet cartésien, malgré son doute méthodique, repose sur une conception réaliste naïve posant une adéquation naturelle entre la connaissance humaine et son objet la réalité du monde. Nous nous accordons aujourd’hui sur le fait de penser que seule est accessible une réalité phénoménale, à partir d’un dialogue intersubjectif en vue d’un consensus, et en dehors de toute prétention à saisir la chose en soi » ou la réalité ultime de ces phénomènes... Et même cet accord des consciences, fondée sur la raison, et garantissant l’universalité du jugement, est aujourd’hui interrogé la raison, appuyée solidement sur le principe de non-contradiction, risque d’être bien euro-centrée » pour prétendre à une telle universalité cf. par exemple De l’universel, de l’uniforme et du commun », François Jullien. Comme le dit Peter Unger, on ne peut jamais dire en toute rigueur que l’on sait » quelque chose... Ne serait-ce que parce que le propre d’une connaissance scientifique est d’être falsifiable » principe dit de falsifiabilité ». Le grand philosophe des sciences Karl Popper a montré qu’une connaissance scientifique était toujours en sursis en attendant d’être réfutée. Selon lui, il est impossible de prouver qu’une proposition est vraie ; il est seulement possible de prouver qu’elle est fausse. La connaissance scientifique se résume ainsi en hypothèses et en réfutations. Autrement dit nous ne pouvons jamais vérifier qu’une hypothèse est vraie, mais nous pouvons seulement l’infirmer à l’aide de l’expérience réfutation expérimentale. C’est le propre d’un énoncé scientifique... Méfions nous donc des énoncés qui ne sont pas susceptibles d’être infirmés expérimentalement comme par exemple tous les énoncés qui ne sont pas scientifiques, en particulier nombre d’énoncés philosophiques !, car ils sont plus soumis que d’autres au risque de dogmatisme. Edgar Morin a souvent évoqué comment des théories se transforment en dogmes... Ne pouvant pas être l’objet de réfutation expérimentale, ces énoncés sont en dehors du champ de la vérité, ni vrais ni faux. Un autre argument, qui est d’ailleurs pour la première fois exposé par le pyrrhonisme une des fameuses tropes » sceptiques, et n’est pas étranger au principe de falsifiabilité de Popper, est la régression à l’infini dans l’administration de la preuve. De quoi s’agit-il ? Les premières propositions nécessaires à une démonstration, axiomes ou hypothèses expérimentales par exemple ne peuvent pas, en dernière analyse, être démontrées. Aristote admet à ce sujet que si on devait toujours produire de nouvelles prémisses pour démontrer celle qu’on utilise pour démontrer, la démonstration serait impossible Il est absolument impossible de tout démontrer on irait à l’infini, de telle sorte qu’il n’y aurait pas encore de démonstration » Métaphysique, Livre IV. Cela est vrai quelque soit le domaine d’application, et donc aussi pour les mathématiques. Le mathématicien Gödel, surtout connu pour le théorème qui porte son nom, a montré que la systématisation définitive des systèmes hypothético-déductifs ne pouvait pas être achevée. Il existe toujours des vérités mathématiques impossibles à démontrer à l’intérieur d’un système donné Théorie de l’imcomplétude. Sur le seul plan de la logique, cela signifie notamment que la raison ne peut se fonder elle-même car alors elle utilise ses propres principes principe du tiers exclu, principe de non-contradiction, principe d’identité pour y parvenir, et tombe sous le coup de l’accusation de pétition de principe ». Ce cercle de la connaissance l’empêche de prétendre à l’absolu Les yeux humains ne peuvent apercevoir les choses que par les formes de leur connaissance » Montaigne, et nous ne pouvons les penser que par les formes de notre esprit. C’est précisément l’objet du travail de Kant dans la Critique de la Raison Pure, qui va s’attacher à montrer l’illégitimité d’un certain usage de la raison, responsable de ce qu’il appelle l’illusion transcendantale » Le principe d’incertitude n’est pas le nihilisme. De nouveau la valeur du doute... La crise des fondements de la connaissance ne condamne pas au scepticisme. Elle est compatible avec la quête d’une certaine vérité » ou objectivité » du savoir. L’incertitude n’équivaut pas au scepticisme nous habitons l’entre-deux de l’erreur et de la vérité. Si la vérité ultime n’est pas accessible, et que nous avons une impuissance à prouver invincible à tout le dogmatisme », en revanche nous avons une idée de la vérité invincible à tout le pyrrhonisme » Pascal, Les Pensées. La vocation de l’homme, en tant que porteur de la raison, mais aussi grâce ou à cause de sa finitude, est de combattre l’erreur partout où elle peut être débusquée. Même si le monde-vérité » de Platon, lieu de l’intelligible absolu, est inaccessible et n’existe probablement pas, en revanche il est possible et souhaitable de tenter de sortir de la caverne où nous sommes prisonniers, et le philosophe ne peut qu’y prendre une part active ; Socrate torpille certes les faux savoirs de ses interlocuteurs, et affirme ne pas savoir grand-chose avec certitude, mais refuse l’attitude sceptique que l’on peut résumer ainsi ne sachant pas si je sais ou non, tout est douteux et je dois donc m’abstenir de tout jugement et par conséquent aussi de toute action. Certes, comme nous l’avons noté, il y a bien un danger inhérent à la pensée qui est le nihilisme. Tous les examens critiques doivent passer par un stade de négation, au moins hypothétiques, des opinions et des valeurs admises pour découvrir leurs implications et leurs présupposés tacites. Mais en même temps le nihilisme poussé jusqu’à son terme conduit à la suppression de la pensée, et peut être l’autre face du conformisme, comme nous l’avons également évoqué au début de cette réflexion. Il est en effet une manière de s’arrêter de penser on obtient un résultat, qui est il n’y a pas de vérité, la vérité n’existe pas », et donc nous pouvons nous abstenir de penser... Or penser doit continuer d’être dangereux pour tous les credos, et ne donne lieu, en soi, à aucun nouveau credo, pas même celui-là Hannah Arendt. Pensées et considérations morales, 1971, dans Responsabilité et jugement, Payot, 2005. L’incertitude, le travail du doute, est le carburant de la philosophie et lui donne sa valeur ; l’homme étranger au questionnement philosophique est le prisonnier de la Caverne ; ses chaînes, dit fort bien Bertrand Russel Problèmes de philosophie », 1912, sont les préjugés du sens commun, les croyances de son temps et de son pays, les habitudes qui rendent familières le monde environnant. Il épingle à ce sujet la fatalité de l’enfance qui nous fait absorber avec le lait maternel une quantité de croyances auxquelles la raison n’a pas concouru, cet impensé se donnant à tord pour une pensée personnelle. Un esprit passif et imperméable au doute est borné, adhérent, étroit », et oppose une fin de non recevoir méprisante vis-à-vis d’autres manières de pensée. Il dénonce ainsi la suffisance, la sottise, le manque d’imagination du dogmatisme. Le doute, en nous affranchissant de la tyrannie de l’habitude, est libérateur, aussi bien intellectuellement que moralement. Le principe d’incertitude peut servir à départager, selon Clément Rosset A l’école du réel », véritables et faux philosophes un grand penseur est toujours réservé quant à la valeur des vérités qu’il suggère, alors qu’un philosophe médiocre se reconnaît, entre autres choses, à ceci qu’il demeure toujours persuadé de la vérité des inepties qu’il énonce L’école du réel ». Et il rajoute l’intérêt principal d’une vérité philosophique consiste en sa vertu négative, je veux dire sa puissance de chasser des idées beaucoup plus fausses que la vérité qu’il énonce à contrario. » L’incertitude est ni l’indifférence, ni l’ignorance L’incertitude n’est pas une raison pour s’arrêter de penser ou prétendre que tout se vaut et à chacun sa vérité ? » Ce n’est parce que tout est incertain que nous ne nous devons pas de continuer à chercher la vérité. Et puis, comme le disait Pascal, il n’est pas certain non plus que tout soit incertain ! Penser que rien n’est certain n’est pas la même chose que de penser que rien n’est vrai. Car alors, que resterait-il de notre raison ? Comment pourrions-nous discuter, argumenter, connaître ? » A. Comte-Sponville, in Présentations de la philosophie ». A chacun sa vérité » est contradictoire dans les termes, car la condition de la vérité est son universalité. Il est facile de montrer la contradiction contenue dans la phrase rien n’est vrai », puisque si c’est vrai, c’est faux puisque rien n’est vrai. S’il n’y avait pas de vérité, il ne serait pas vrai qu’il n’y ait pas de vérité. Par ailleurs, si rien n’était ni vrai, ni faux, il n’y aurait aucune différence entre la connaissance et l’ignorance, ni entre la sincérité et le mensonge …. Entre l’ignorance absolue et le savoir absolu, il y a place pour la connaissance et pour le progrès des connaissances. ». Même quelqu'un comme Montaigne, qui se prétend sceptique, est amoureux de la vérité, tout en sachant qu’elle sera toujours relative Le relativisme de Montaigne, tel que je le lis, n'en fait pas plus un nihiliste, dans l'ordre pratique, que son scepticisme, dans l'ordre théorique, n'en fait un sophiste l'incertitude n'empêche pas d'aimer la vérité; la tolérance n'empêche pas de haïr l'intolérance, ni de la combattre»Sponville. Nous pouvons pratiquer le doute tout en étant amoureux de la vérité être de plus en plus exigeant vis-à-vis de sa propre pensée, tout en sachant que la certitude absolue ou le fondement dernier de toute connaissance est impossible ; mais cela n’empêche pas la quête, au contraire… C’est précisément par ce que j’ai conscience du fait que je ne sais vraiment » rien Socrate en toute certitude, que je développe les conditions pour me défaire au maximum de l’emprise de la fausseté et de l’ignorance. Rappelons-nous à ce sujet la phrase de Clément Rosset l’intérêt principal d’une vérité philosophique consiste en sa vertu négative, je veux dire sa puissance de chasser des idées beaucoup plus fausses que la vérité qu’il énonce à contrario. » Les objections principales à l’hypothèse sceptique ; l’impasse sceptique exemples de deux parades pertinentes au doute sceptique Wittgenstein et Rorty Le doute universel est impossible sur le plan logique La position sceptique affirme dans sa radicalité puisqu’il est impossible de savoir au sens fort de ce terme, celui de l’accès à une vérité absolue, que le point de vue varie selon l’observateur, que chaque thèse a son antithèse, que nous sommes condamnés à un régression à l’infini dans l’administration de la preuve, nous devons suspendre notre jugement sur toute chose et nous abstenir de chercher une quelconque vérité... Ces arguments, correspondant approximativement aux célèbres tropes » sceptiques, nous semblent d’une certaine façon imparables, et pourtant nous sentons bien que la position existentielle » du sceptique n’est pas satisfaisante et de toute façon peu crédible. Malgré la force logique » d’une telle argumentation, peut-on la critiquer, et quelles sont les objections que l’on peut lui faire ? L’argument sceptique repose sur l’idée que la connaissance doit être absolue ou n’est pas ; or nous savons aujourd’hui qu’aucune connaissance ne l’est. Comme lorsqu’on parle d’un frigo vide » il ne l’est jamais, il ya de l’air dedans..., ou du plat pays » il ne l’est jamais non plus. Le doute doit bien s’arrêter à un moment, car il est infini. Il est impossible de douter de tout Wittgenstein. Pour qu’une porte tourne, il faut que les gonds lui permettent de tourner. Pour douter de certaines choses, il faut que d’autres ne soient pas soumises au doute. Je suis aussi certain que pour des vérités mathématiques de la prononciation des lettres A » ou B », de la couleur du sang humain, que les hommes en ont et l’appellent sang » …etc. Ce qui est mise en cause, c’est la généralité et la radicalité du doute. L’exercice du doute ne peut pas ne pas reposer sur des certitudes élémentaires. Un doute n’est possible et sensé qu’à la condition que les certitudes fondamentales soient préservées il est inhérent à l’acte de juger, à la logique même qu’il n’y ait pas de doute sur certains points, que je commence quelque part à faire confiance. En lui-même, le doute pose donc la nécessité de certitudes premières, ou encore le jeu du doute présuppose la certitude. Le doute universel est donc impossible. La même objection vaut par rapport au langage. Pour douter, il faut que je pense, et pour que je pense, il faut bien que je m'exprime par des mots ; or, ces mots sont chargés de nombreux héritages en matière de significations. Peirce pense ainsi que le doute ne peut pas sortir du labyrinthe des mots en vue d’une soi-disant fondation. Prisonnier du langage, le doute sceptique serait un leurre. . Ce que W. nomme les jeux de langage » signifie que nous sommes exposé au langage et que nous avons passé instinctuellement selon lui un contrat avec les choses, qui nous empêche de pouvoir légitimement mettre en doute ce que l’on veut, sous peine d’être hors jeu » de ce même langage. On ne peut se tromper être dans l’erreur que si on a tacitement accepté toute sorte de choses, ne serait-ce que parce que nous sommes dans l’espace du langage. Le scepticisme est irréfutable mais dépourvu de sens, car je dois toujours commencer par ne pas douter. Il est obligatoire, si nous ne voulons pas douter à l’infini, de s’arrêter à une proposition indémontrable. Même en mathématique ; théorème dit d’incomplétude de Gödel une théorie mathématique ne peut rendre compte des présupposés de départ sur lesquels elle est construite. Il en va de même pour ces certitudes premières » sur lesquelles s’appuient nos raisonnements et nos conduites telles que par exemple avoir deux mains, être un homme qui vit sur la terre depuis sa naissance, l’existence du sang dans nos artères, ma présence ici…etc., qui sont pourtant mise en cause par le doute sceptique. Wittgenstein termine juste avant sa mort un ouvrage dont le sujet le préoccupe depuis longtemps comment critiquer de façon décisive l’hypothèse sceptique, malgré sa logique imparable De la certitude » ? Nous présentons brièvement son argumentation car elle prolonge et peut faire office de synthèse de ce qui vient d’être dit. La version la plus convaincante de cette hypothèse, celle qui a fait couler beaucoup d’encre chez ses prédécesseurs, et qui résume à la fois la radicalité et la logique implacable du propos, est celle du rêveur examiné par Descartes, ou de l’expérience de pensée encore plus spectaculaire » présentée par Putnam si nous faisons l’hypothèse que notre existence n’est pas ce qu’elle croit être, mais que nous sommes en réalité un cerveau dans une cuve reliée à un ordinateur, alors nous n’avons aucun moyen de savoir si cette hypothèse est vraie ou fausse, et nous sommes donc condamnés à savoir » bien peu de choses sur le monde, y compris concernant ces fameuses certitudes élémentaires déjà mentionnées ... Par exemple, rien ne peut répondre au doute que je peux avoir sur l’existence de mes deux mains, ou quelque autre certitude première de cet ordre... C’est sur cette hypothèse sceptique, qui selon eux résume toute la démarche, que tout un courant de la philosophie analytique, et Wittgenstein en particulier, a travaillé... Essayons de résumer sa critique répondre du tac au tac au sceptique, sans changer de niveau logique, n’a pas de sens ; dans ce cas, le je ne sais pas » ou le je doute » du sceptique n’a pas plus de sens que le je sais » que j’ai deux mains. Ce que Wittgenstein met en avant, c’est le non-sens du doute sceptique. Pourquoi ? Selon lui, l’utilisation de l’expression je sais » n’est légitime que lorsque je ne doute pas que le doute est possible ; mais, du même coup, illégitime quand la proposition est indubitable j’ai deux mains, je suis ici... », et les raisons de douter inexistantes il faut alors parler de certitude et non de savoir ; Autrement dit dans ce contexte, le je sais » n’a pas plus de sens que le je ne sais pas ». Comme l’avaient déjà noté les pragmatistes, le doute hyperbolique n’a rien de commun avec un doute motivé par un problème ou une difficulté particulière rencontrée qui justifierait que l’on justifie son savoir. Le doute doit être justifié comme on justifie le savoir. Si nous ne devons pas répondre du tac au tac que l’on sait » que l’on a deux mains au sceptique qui prétend douter ou ne pas le savoir, c’est parce qu’il ne peut pas y avoir de doute sans véritable raison de douter. De la même manière qu’un savoir doit être justifié, un doute doit l’être aussi ... un doute gratuit n’est pas un doute du tout. On peut donc répondre par la négative à la question suivante Puis-je douter de ce dont je veux douter ? » Jacques Bouveresse, in Le mythe de l’intériorité ». Wittgenstein critique ainsi la prétention sceptique à se prévaloir d’un droit de question » de quel droit ne douterais-je pas de l’existence de mes mains ? » dirait le sceptique. Parce que le scepticisme franchit les limites d’un indicible particulier, le questionnable. Ses questions sont vides ». Il ne s’agit pas de vraies questions, donc nous ne devons pas chercher à y répondre… Le sceptique en prétendant douter de ces certitudes élémentaires ne refuse pas telle ou telle certitude, mais le cadre logique de toutes nos affirmations et négations. Autrement dit, il refuse la logique. Le doute sceptique n’a pas de raison d’être ? réflexion s’appuyant sur un cours de Master de l’Université de Picardie en 2012, intitulé RATIONALITE & SCEPTICISME ; cf. aussi Objectivisme, relativisme et vérité » de Richard Rorty Une autre philosophie, à notre sens, propose une parade très convaincante au scepticisme, celle de Richard Rorty philosophe américain s’inscrivant dans la tradition pragmatique. Le doute sceptique suppose en réalité une certaine conception de la vérité selon laquelle elle est la propriété du discours ou de pensées qui se rapporte selon un certain degré de correction au monde. C’est ce que nous pouvons appeler depuis Aristote la théorie de la vérité-correspondance » est vrai le discours qui attribue au monde les qualités qu’il a réellement, ou encore qui correspond au monde tel qu’il est, selon un rapport de ressemblance plus ou moins proche. Pour Richard Rorty, il n’y a pas de sens à déterminer l'état intrinsèque des choses », qui serait indépendant de la description qu'on en donne, puisque nous ne pouvons précisément saisir que la façon dont les choses se donnent dans nos descriptions, aussi précises soient nos investigations. Ce qui l'amène à conclure que aucune proposition n'est vraie “en vertu de l'état des choses” », si par état des choses » on veut dire l'état supposé des choses indépendant de la façon dont nous le disons/saisissons. Car pour lui, celui-ci est insaisissable comme tel. L'idée de Rorty est donc que l'on dit qu'une proposition est vraie quand ce qu'elle dit du monde est corroboré par les relations causales que nous avons avec le monde ce n'est pas parce qu'elle représente parfaitement l'état du monde qu'elle est vraie, mais parce que ce qu'elle en dit colle avec ce qu'on en fait. Il ne nie pas, comme le font les idéalistes Berkeley par exemple l’existence du monde et son indépendance, mais il soutient qu’on ne peut rien en dire indépendamment de nos modes de description. La vérité est justifiée au sein de nos croyances et de nos pratiques ce qui suppose une forme d’ethnocentrisme indépassable, étant de façon incontournable dépendante de ces croyances et de ces pratiques, sans qu’elle doive être remise en cause, ou sans qu’on en doute, puisqu’elle est autant justifiée qu’elle peut l’être au sein de notre système par contre nous pouvons théoriquement choisir d’adhérer à une autre communauté... Nous parlons ici de doute au sens absolu de ce terme dans ce contexte, il n’y a pas de sens à douter de façon absolue ce qui est parfaitement compatible avec l’idée que la culture de nos démocraties libérales fournit encore une foule de possibilités d’autocritique et de réforme ». En effet, une fois posée l’idée qu’ une excursion hors de notre esprit » Rorty n’est pas possible, la question de savoir si nous pouvons ou non entrer en contact avec une réalité indépendante de notre esprit et de notre langage » Rorty n’a plus de sens. La conséquence d’une telle position antireprésentationnaliste » aucune description de ce que sont les choses du point de vue de Dieu », nulle voûte céleste offerte par quelque science contemporaine » ou à venir, n’est susceptible de nous affranchir de la contingence de notre appartenance culturelle. Les limites pratiques du doute Nous avons noté comment le doute pouvait dériver sur une pure spéculation théorique, et les impasses qui pouvaient alors être les siennes. Revenons donc pour terminer à l’examen des limites pratiques du doute, celles inhérentes à la vie pratique, en tâchant de repérer les incidences de la précédente réflexion théorique. Il y a là deux questions en une jusqu’où peut-on douter ? Jusqu’où doit-on douter ? Peut-on douter de tout ? Nous avons montré que la fragilité de nos certitudes ne nous empêche pas pour autant, individuellement et collectivement, d’essayer de nous caler sur des vérités partielles et provisoires, aux degrés différents d’assurance. Le tout se vaut » relativiste ne se situe donc pas nécessairement au bout de la reconnaissance de ces fragilités dans l’ordre du savoir. Par ailleurs, Tocqueville montre que la dimension du temps dans la vie empêchait absolument l’homme de pouvoir douter de tout comme il n’a pas le temps, à cause du court espace de la vie, ni la faculté, à cause des bornes de son esprit, d’en agir ainsi, il en est réduit à tenir pour assurés une foule de faits et d’opinions qu’il n’a pas eu ni le loisir ni le pouvoir d’examiner et de vérifier par lui-même, mais que de plus habiles ont trouvés ou que la foule adopte », et Il n’y a pas de si grand philosophe dans le monde qui ne croie un million de choses sur la foi d’autrui, et qui ne suppose beaucoup plus de vérités qu’il n’en établit. » ; Mais cela n’est pas seulement obligatoire, mais désirable, car s’il entreprenait de douter de chaque chose, il serait dans un état d’agitation permanent et ne pourrait approfondir la moindre vérité. Il est donc important de faire des choix et d’adopter beaucoup de croyances sans les discuter, afin d’en mieux approfondir un petit nombre dont il s’est réservé l’examen » De la naissance de la démocratie en Amérique » ; pensons par exemple à tel élève qui doute systématiquement des choses qu’on lui apprend en Histoire il susciterait immanquablement le courroux de son professeur ! Il n’est pas possible de tout vouloir établir pour son propre compte ! Ces rapports de confiance – qui s’appuient sur un certain nombre de garanties – par exemple la qualification d’historien du professeur – sont indispensables au quotidien, en particulier dans les apprentissages. Bien que certaines tendances des pédagogies nouvelles – qui ont été influentes dans les trente dernières années – prétendent que l’enfant doit reconstruire pour lui-même le savoir, et donc refaire en quelque sorte tout le parcours de l’histoire de la connaissance, ce qui est bien sûr impossible. Il faut donc toujours, quoiqu’il arrive, que l’autorité se rencontre quelque part dans le monde intellectuel et moral. Sa place est variable, mais elle a nécessairement une place... Ainsi, la question n’est pas de savoir s’il existe une autorité intellectuelle dans les siècles démocratiques, mais seulement où en est le dépôt et quelle en sera la mesure » Tocqueville, même ouvrage. Mais que penser alors des douteurs professionnels ? Poser la question, c’est maintenant y répondre, en vertu de ce qui vient d’être dit... Il y a en effet aujourd’hui dans certains courants de l’opinion une propension à douter de tout ; cette critique systématique, qui porte préférentiellement sur les institutions et les personnels politiques, et qui consiste à mettre en doute systématiquement ce qui est dit, est parfois élevé à la hauteur d’un sport national et devient une autre forme de dogmatisme. En réalité, il ne s’agit pas de l’exercice du doute puisque les opinions sont déjà faites, et la contestation de ce qui se dit est systématique. Pensons aussi à ceux qui vont jusqu’à douter des versions communément admises sur des évènements comme par exemple le 11 septembre Bigeard mais aussi bien Chomski. Sur le nombre très important de choses qu’ils n’ont pas pu vérifier ou connaître vraiment par exemple, la connaissance de tous les paramètres de la construction du pont qu’ils ont traversé pour s’assurer qu’il est assez solide..., pourquoi choisir de douter sur cet évènement là ? Pour terminer sur les raisons pour lesquelles l’exercice du doute n’est pas possible de façon illimitée le texte de Tocqueville étant ici sans défaut, rappelons simplement l’impossibilité logique décrite par Wittgenstein la nécessité de gongs » - c’est-à-dire de points fixes - sur lesquels tournent nos doutes et nos questions, et qui rend le doute universel impossible. Mais si nous ne pouvons pas douter sans limites, à quelles conditions doit-on en revanche pouvoir le faire dans les limites déjà évoquées ? Cette dernière question est de nature éthique et politique Doit-on pouvoir douter de tout ? Peut-on remettre en cause le bien-fondé des lois, des mœurs, ou des dogmes religieux, sans remettre en danger l'existence de cette société ? La question ne porte plus vraiment, ici, sur la capacité qu'aurait l'homme à douter de tout ; il s'agit de savoir si l'homme a le droit et peut-être le devoir de douter de tout. Mais n’est-ce pas la raison des déboires de Socrate, accusé de corrompre la jeunesse en la faisant sans cesse douter du bien fondé du fonctionnement de la Cité ? La cigüe a été le prix à payer… Nous avons évoqué également la possibilité d’un doute systématique qui rejoint une forme de dogmatisme... Comment donc se situer ? La critique résolue à l’époque de l’Ancien régime et de l’obscurantisme coûtait » beaucoup à celui qui la portait et attestait d’un courage certain ... Descartes se réfugie, comme d’ailleurs bon nombre d’intellectuels de cette époque, à La Haye, pour échapper à cette censure quasi-systématique... L’exercice du doute est souvent légitime, en particulier dans ces époques où la liberté d’expression est encore à conquérir. Peut-elle avoir le même sens aujourd’hui ? Sans doute. A condition que chacun puisse se poser la question, en son for intérieur, de la nature de cette critique... La question concerne l’éthique de la pensée le doute participe-t-il d’un authentique travail de la pensée, ou cède-t-il au politiquement correct », à l’adhésion facile à une opinion dominante insuffisamment questionnée je pense par exemple à la suspicion généralisée à l’égard des élites ? Le doute ne peut nous prémunir d’une pensée indigente ; loin s’en faut. Une autre question se pose même éthiquement justifié, jusqu’où faire usage du doute ? Nous voyons ici poindre à l’horizon la question de la désobéissance civile... Mais avant même de réfléchir à ses conditions de légitimité, nous formulerons le problème suivant peut-on tirer les conséquences pratiques d’un doute concernant par exemple le bien-fondé d’un commandement ou d’une loi ? Kant ici est précieux, car il distingue usage privé et usage public de la raison Qu’est-ce que les Lumières ? » si un fonctionnaire par exemple un enseignant exerce son droit à l’examen critique de tel ou tel ordre émanant du Ministère, en revanche ce droit ne va pas jusqu’à discuter la tâche à accomplir, ce qui risquerait de porter une atteinte très grave à l’ordre public usage privé de la raison. Par contre, cet homme peut et même doit, en tant que citoyen, mettre en cause le point de vue de son Ministre manifestation publique, article dans la presse, engagement syndical... etc. usage public de la raison. Cet usage public de la raison n’a pas cessé de se développer et représente un des acquis fondamentaux de la démocratie. Seul un droit de réserve » peut limiter ce droit à l’usage de sa raison pour certaines catégories professionnelles Armée, Police, Haute Administration...... Quant à la désobéissance civile, nous ne pouvons l’examiner ici, mais nous pourrions poser simplement cette question qui nous paraît bien circonscrire le problème qu’elle pose et son champ éventuel de légitimité à quelles conditions un individu ou un groupe d’individus peuvent-ils rompre le contrat implicite contenu dans cette articulation des usages privé et public de la raison ? Daniel Mercier, le 20/09/2013 Ilva falloir renoncer à la prétention de détenir une vérité et opter pour la prudence maximale et la vérification perpétuelle de ce que nous croyons savoir. Devant l’effort colossal que cela implique, on comprend l’attrait du dogme, beaucoup plus reposant. Le monde autour de nous est là. Qu’on le veuille ou non. Ce que je peux apprendre de ce monde, chacun doit pouvoir le
Lui, n'a pas eu quatre heures pour réfléchir sur le sujet. Mais, il a eu cinq ans pour l'étudier et le mettre à l'épreuve. Avant qu'il entame un marathon de 2 h 30, dans la librairie Point-Virgule, à Aurillac, pour dédicacer son livre Les leçons du pouvoir Stock, on a demandé à François Hollande de se pencher, comme les lycéens lundi 18 juin, sur un sujet du bac de philosophie "Peut-on renoncer à la vérité ?" Qui plus est lorsque l'on est président de la République. "Le mensonge mérite la pire des sanctions" François Hollande "Non, je pense que la vérité, c'est encore la meilleure pédagogie. On peut essayer avec le mensonge mais ça ne tient pas. On peut biaiser la vérité mais il y aura à un moment un retour de la sincérité. Et puis il faut assumer la vérité." Avant de rejoindre la libraire, rue des Carmes, l'ex-président s'est offert un bain de foule. L'ancien chef de l'Etat est même allé plus loin que la question posée aux lycéens littéraires en évoquant deux faits marquants de son mandat 2012-2017. Le rejet de sa politique, dans les sondages, et l'affaire Cahuzac, qui a conduit au départ du ministre du Budget, en mars 2013 "Est-ce que toutes les vérités sont bonnes à dire ? C'est une autre question. Non, et ça se paye parfois par l'impopularité. Mais, le mensonge mérite la pire des sanctions. Et d'ailleurs, dans le quinquennat, ceux qui ont menti, et il y en a eu devant le Parlement et l'opinion, l'ont payé cher. Et à juste raison." Malik Kebour Photos Louis Fayet
Etaujourd’hui, à l’occasion d’un conflit qui ne les concerne nullement, vous osez leur demander de renoncer à encore plus de ce qui leur revient de droit. Non, Monsieur le Président, je refuse de payer le prix que vous nous demandez de payer. Ce prix est celui de vos erreurs et de vos imprévoyances. Il est celui de la soumission à
Introduction On oppose généralement la discussion, l'échange d'arguments à l'échange de coups, c'est-à-dire à la violence. Ainsi, Il y aurait une différence de nature entre la discussion et la violence. La discussion serait pacifique et la violence ne le serait pas. Mais est-ce bien le cas ? On oppose également la discussion au dialogue. Une discussion peut être violente et déboucher sur un échange de coups, alors que le dialogue du grec dia, deux et logos, discours exclut normalement la violence. La parole serait immatérielle ; parler, ce n'est pas la même chose qu'agir ou faire, donc la discussion exclurait la violence. On dit que deux personnes ont eu une violente ou une vive discussion, mais non qu'ils ont eu un dialogue violent. Il n'y a pas la violence d'un côté et les mots de l'autre, mais la violence peut résider également dans les mots, d'ailleurs elle commence avec les mots. Il y a des mots violents, les insultes ou les moqueries par exemple qui constituent des violences psychologiques. Le harcèlement moral ne s'accompagne pas forcément de violences physiques, mais peut entraîner des conséquences tout aussi graves. Selon l'OMS, la violence est l'utilisation intentionnelle de la force physique, de menaces à l'encontre des autres ou de soi-même, contre un groupe ou une communauté, qui entraîne ou risque fortement d'entraîner un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de développement ou un décès. La violence est observable chez les humains comme chez les animaux, ce qui indique sa dimension évolutive et biologique. Chez l'animal, la violence est limitée par l'instinct, alors qu'elle est illimitée chez l'être humain, d'où la nécessité de réguler la violence. Dans les sociétés traditionnelles, cette régulation s'opère par le sacré. Dans les sociétés modernes, marqués par la division du travail entre individus fortement différenciés, elle se fait pas le droit. Discuter, est-ce renoncer à la violence ? Dans un premier temps, nous verrons que la discussion peut s'apparenter à la violence, puis que le vrai dialogue implique la renonciation à la violence et nous chercherons enfin quelles sont les conditions d'un dialogue authentique et non violent. 1. Discuter n'est pas forcément renoncer à la violence Discuter n'est pas forcément renoncer à la violence. On peut échanger des paroles aussi violentes que des coups. Dans ce cas, les deux interlocuteurs demeurent des adversaires. Il s'agit de rendre parole pour parole, coup pour coup. Dans les "scènes de ménage", les amants ou les époux ne cherchent pas à développer des arguments, mais à blesser et à avoir le dernier mot. Et le dernier mot peut être "une parole qui tue", qui vous détruit psychologiquement, ce qui montre bien que la discussion peut être une forme de violence. Selon René Girard La violence et le sacré, la violence provient d'un désir d'appropriation d'un objet qui n'a de valeur que par le fait d'être désiré par l'autre, que René Girard appelle le médiateur. Cette mimesis d'appropriation mimesis vient du grec imitation parce que les "doubles" s'imitent l'un l'autre engendre mécaniquement la mimesis de rivalité, du fait que les deux protagonistes se détournent de l' objet qu'ils désirent pour s'intéresser au médiateur qu'ils sont l'un pour l'autre. Cette mimesis d'appropriation existe aussi chez les animaux, comme on le voit par exemple dans le marquage du territoire ou la rivalité sexuelle. La différence avec l'homme, c'est que chez l'homme elle n'est pas régulée par l'instinct, si bien qu'elle peut aller jusqu'à la mort de l'autre et de proche en proche de la communauté tout entière, d'où les précautions extrêmes prises contre la violence mimétique dans les sociétés traditionnelles interdiction de l'inceste, exogamie, etc. et des pratiques qui nous paraissent incompréhensibles et contradictoires comme les tabous qui prohibent totalement tout ce qui pourrait entraîner la violence et les rituels qui la permettent sous la forme limitée du sacrifice. On peut rapprocher l'analyse de la violence que fait René Girard de la "lutte pour la reconnaissance" de Hegel dans le passage de Phénoménologie de l'Esprit où il est question de la "dialectique du maître et de l'esclave". Dans L'art d'avoir toujours raison Schopenhauer explique ironiquement comment s'y prendre pour avoir toujours le dernier mot. Il expose une série de stratagèmes permettant de l'emporter lors de controverses, indépendamment de la vérité du point de vue que l'on soutient. Schopenhauer cherche à distinguer ces stratagèmes afin de pouvoir les dénoncer. Schopenhauer nomme l'art d'avoir toujours raison "la dialectique éristique" éristique vient d'un mot grec qui signifie combat. La dialectique éristique est une technique de controverse qui repose sur la distinction entre la vérité et l'apparence de la vérité. Son but est de convaincre les auditeurs que l'on a raison, même si l'on a objectivement tort en faisant passer l'apparence de la vérité pour la vérité elle-même. Selon Pierre Bourdieu, notre manière de parler reflète les positions de force et de domination qui traversent la société. Il ne suffit donc pas de renoncer à la force dans la discussion pour échapper à la violence qui peut être symbolique. 2. Le vrai dialogue implique la renonciation à la violence Dans le Gorgias, Calliclès affirme que "le beau et le juste selon la nature, c'est que pour bien vivre, il faut entretenir en soi-même les plus fortes passions au lieu de les réprimer, et qu'à ces passions, quelques fortes qu'elles soient, il faut se mettre en état de donner satisfaction par son courage et son intelligence, en leur prodiguant tout ce qu'elles désirent". Autrement dit, le beau et le juste consistent à se passer de la morale et à faire ce qui nous plaît. Calliclès n'apprécie pas la philosophie et considère le dialogue comme un jeu, c'est-à-dire qu'il ne peut déboucher sur aucune vérité. Il ne croit pas à la maïeutique. Il ne veut pas se laisser accoucher par Socrate de cet enfant plus beau que la violence, de cette vérité plus haute que la violence verbale au service de l'égoïsme et de la volonté de puissance. il n'est pas convaincu par les démonstrations de Socrate et demeure dans son opinion initiale. Calliclès s'oppose donc à la discussion comme au dialogue et son refus est une forme de violence car il correspond bien au point de vue qu'il défend le juste et le beau consistent à se passer de la morale qui ne vaut que pour les faibles et à faire ce qui nous plaît. La discussion s'oppose à la guerre et la guerre lui fait place sous la forme de pourparlers de paix, qui laissent la parole aux diplomates. Mais pour que les discussion débouchent sur une paix durable, il faut que les interlocuteurs soient de bonne volonté et n'aient pas "une idée derrière la tête", comme à Munich en 1938. La discussion implique la volonté sincère de se mettre d'accord, de faire des concessions et de renoncer à la violence. 3. les conditions d'un dialogue authentique et non violent Le philosophe Jürgen Habermas développe de son côté l'idée d'un principe de discussion capable de remplacer l'Impératif catégorique. Kant pense qu'il est possible de se mettre d'accord rationnellement sur ce qui est juste et injuste, mais que l'évaluation des normes s'opère dans la conscience de chacun. Habermas considère que l'accord rationnel sur le juste et l'injuste passe par le dialogue. Nous déterminons si une règle de conduite et d'action ou un comportement sont moraux par une discussion qui doit ressembler autant que possible à une situation de liberté de parole absolue et de renoncement aux comportements "stratégiques" apparentés à la "dialectique éristique" que développe Schopenhauer dans l'art d'avoir toujours raison. Au lieu d'imposer mon point de vue personnel aux autres comme une vérité qui vaut aussi pour les autres, je dois soumettre mon opinion à tous les autres afin d’examiner par la discussion sa prétention à l’universalité, explique Habermas dans Morale et communication, ainsi s’opère un glissement le centre de gravité ne réside plus dans ce que chacun souhaite faire valoir, sans être contredit, comme étant une vérité universelle, mais dans ce que tous peuvent unanimement reconnaître comme une vérité universelle. Karl-Otto Appel se demande comment mettre en place une discussion où les échanges ne soient pas dominés par l'instrumentalisation stratégique de la communication, mais plutôt orientés vers l'entente et l'intercompréhension. Comment un responsable politique peut-il continuer à faire valoir les exigences d'une discussion argumentée face à la menace de l'usage de la violence ou à l'instrumentalisation cynique du discours ? Pour Apel, il faut fonder une éthique de la discussion. Le principe moral de la discussion permet de domestiquer par le dialogue public les violences et les rapports de force propres au système politique. Le nom de Karl-Otto Apel est souvent associé à celui de Jürgen Habermas. Les deux hommes étaient amis et s'estimaient mutuellement, mais n'étaient pas toujours d'accord, témoignant du fait qu'une communication authentique repose avant tout sur une exigence de vérité qui dépasse la personne, les intérêts, les convictions et l'amour propre des deux interlocuteurs. Jaspers nommait l'absolu de la recherche de la vérité dans la communication existentielle "le combat par amour" liebender Kampf. Apel et Habermas mettent l'accent sur la notion de "communication" qu'ils placent au cœur de leur réflexion sur la morale, sur la politique et sur le droit. Puisque l'homme est un "animal parlant", "zoon logikon" Aristote dont le comportement n'est pas réglé par l'instinct, mais par la pensée et le langage, c'est à travers la réflexion sur le langage que l'on pourra trouver les normes d'un conduite authentiquement humaine. Une telle conduite ne saurait être fondée, comme l'a montré Kant, sur la nécessité les lois de la nature, mais sur le devoir, non sur l'intérêt ou même le bonheur comme dans la pensée antique, mais sur la raison et la liberté. Kant évoque un individu seule face à sa conscience, confronté à la nécessité de se décider en fonction de l'impératif catégorique - le même, formulé de quatre façons différentes - et non d'un impératif hypothétique centré sur l'intérêt personnel "Agis seulement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle." Fondements de la métaphysique des mœurs. L'impératif catégorique est indissociablement centré sur soi même et sur autrui, comme le montre sa deuxième formulation "Agis de telle façon que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans toute autre, toujours en même temps comme fin et jamais simplement comme moyen." Apel et Habermas développent cet aspect de la morale kantienne en montrant que le devoir moral s'inscrit dans un dialogue intersubjectif qui suppose la sincérité au moins dans l'intention, l'authenticité, la véracité et la justesse de la parole et dont ils se proposent de montrer les conditions de possibilité. Ils affirment par ailleurs que le "point de vue moral" ne concerne pas seulement les relations intersubjectives, mais aussi les relations entre les personnes en tant que citoyens, entre les citoyens et l'Etat pour la constitution et le maintien d'un authentique Etat de droit, ainsi qu'entre les Etats, comme l'avait fait Kant dans son Projet de paix perpétuelle. Apel et Habermas mettent donc l'accent sur le langage et sur la communication, en insistant sur la dimension intersubjective parce qu'elle est au cœur de la réalité humaine, sur l'importance de la notion d'autrui, presque inexistante dans la pensée traditionnelle, y compris chez Descartes et qui va devenir essentielle à partir de Hegel le conflit des consciences dans la dialectique du maître et de l'esclave - , dans la phénoménologie de Husserl et de ses continuateurs Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty et Emmanuel Lévinas. Les deux hommes ont manifesté un intérêt commun pour la philosophie analytique Peirce, Russel, Ayer, Wittgenstein... et les théories des actes de langage Austin, Searle selon lesquelles tout acte de parole implique une prétention à la vérité et se sont aventurés sur un chemin esquissé par Wittgenstein d'une éthique fondée sur l'examen du langage et sur la valeur de vérité des propositions. Récusant la neutralité ou le scepticisme axiologique de la démarche logico-scientifique, à la lumière des événements passés le nazisme et la seconde guerre mondiale et récents la guerre du Kosovo, ils ont résolument replacé l'éthique de la discussion au cœur de la pensée. 4. D'où provient le refus de discuter ? Mais d'où provient le refus de discuter ? D'après Hegel, d'une certaine forme de pensée qui considère a priori que le dialogue est inutile parce qu'on réduit l'autre à un seul de ses attributs. "Cet homme est mon valet" on peut dire que le maître du valet ne retient de son serviteur qu'un aspect particulier accidentel de sa personne. Il est un valet et toute autre chose qu'un valet, par exemple il possède la faculté d'observer et de raisonner qui peut être plus développée que celle de son maître, comme en témoigne Jacques le fataliste de Diderot, œuvre que cite favorablement Hegel. Hegel cite un autre exemple de pensée réductrice, celle du soldat que l'on peut rouer de coups car on l'a préalablement défini comme une "canaille". Il est par essence une canaille, même s'il n'a rien fait pour mériter d'être puni et on peut donc le rouer de coup. "La violence de l'abstraction, commente Ari Simhon débouche sur la violence réelle où un homme, parce qu'il est réduit à sa particularité de subordonné, à sa qualité de soldat ordinaire et donc bastonnable, ouvre droit, par cette qualité qu'il est, de ce point de vue, à la violence que peut exercer sur lui son supérieur. Ce faisant, c'est-à-dire en le bastonnant, cet officier pense abstraitement et, réduisant l'homme à sa qualité de subordonné, puis le subordonné à la qualité de bastonnable, se réduit lui-même à cette particularité d'être officier. Le mépris n'est pas voilé pour celui dont on devine qu'il n'est alors, hégéliennement, qu'une "espèce d'officier". Le refus de discuter provient du fait de ne pas considérer l'autre comme un interlocuteur valable. 5. Les enjeux actuels du problème La cause principale de la violence dans la discussion ou dans l'absence de discussion est le fait de classer celui que l'on considère comme un "adversaire" dans une catégorie bien définie. Toute détermination dit Spinoza est une négation. "Noir", "blanc", "femme", "LGBT", minorité opprimée, ces détermination sont pertinentes, mais incomplètes, unilatérales. Hegel nous invite à les intégrer dans un vision plus large qui les dépasse sans les supprimer, bref, à ne pas penser abstraitement, à ne pas réduire un individu à la couleur de sa peau, son genre, son orientation sexuelle. Le propre du discours raciste est de généraliser, mais aussi désormais celui d'un certain discours anti-raciste. "Tenaille identitaire. Pourquoi "tenaille" écrit Gilles Clavreul, parce que ces propositions que tout oppose politiquement par exemple celle des suprématistes américains et des celle des "wokes", s'articulent néanmoins autour d'un même axe. Elle prétendent rapporter ce que l'on dit à ce que l'on pense et ce que l'on pense à ce que l'on est. Ce faisant, le tout identitaire étouffe petit à petit la conversation démocratique, rabattant le citoyen sur l'individu et l'individu sur ses attaches, sa naissance, son genre ou encore la religion dans laquelle il a été élevé, il assigne à chacun des positions fixes et tue l'idée de délibération collective. Second attribut de la tenaille la pression de la pince gauche accentue celle de la pince droite, et réciproquement. Elles s'entre-alimentent dans une surenchère d'anathèmes et de procès en sorcellerie où chacun est sommé de prendre parti ou enrôlé de force dans l'un ou l'autre camp." Conclusion la violence ne s'oppose pas à la discussion car certaines discussion peuvent être très violences, même sans violence physique quand elles cherchent à imposer son point de vue et à discréditer ou à détruire l'adversaire. Schopenhauer nomme l'art d'avoir toujours raison la dialectique éristique et cherche à mettre en lumière ses procédés pour mieux les dénoncer. Comme le montre le Gorgias de Platon, tout dialogue authentique implique la renonciation à la violence et la volonté sincère de jouer le jeu du dialogue. Karl-Otto Appel et Jürgen Habermas, très marqués par les tragiques événements du XXème siècle tentent de mettre en place une éthique de la discussion. Une des causes de la violence verbale, mais qui peut déboucher sur la violence physique est le fait de classer l'autre que l'on considère a priori comme un "ennemi" dans une catégorie définie a priori. Selon Gilles Clavreul, "le tout identitaire étouffe petit à petit la conversation démocratique, rabattant le citoyen sur l'individu et l'individu sur ses attaches, sa naissance, son genre ou encore la religion dans laquelle il a été élevé, il assigne à chacun des positions fixes et tue l'idée de délibération collective."
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Grâceà huit émissions de France Culture, révisez vos connaissances philosophiques sur la notion de vérité, jusque dans ses acceptions très contemporaines. La vérité est la correspondance entre ce que je dis, et ce qui est : elle s’oppose donc à la fausseté – au sens d’erreur, mais aussi de mensonge. Détenir la vérité, c
Diffusion du débat enregistré le 6 octobre dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne à Paris, en public, à l’occasion de la 27e édition de la Fête de la science où France Culture organisait le forum Les idées claires. Les invités Jean-Claude Ameisen, médecin, chercheur, professeur d’immunologie à l’Université Paris Diderot et producteur de l'émission Sur les épaules de Darwin sur France Inter Frédéric Worms, philosophe, professeur à l'ENS et directeur du Centre international d’étude de la philosophie française contemporain Savez-vous quel mot a été élu mot de l’année en 2016 par le Dictionnaire d'Oxford ? Post-truth ». Et depuis, la post-vérité, qui traduit une situation où les émotions et les opinions supplantent la réalité des faits, accompagne tous les discours et alimentent les débats. Son utilisation a connu une explosion en 2016 avec le référundum du Brexit au Royaume Uni, et l’élection de Donald Trump aux Etats Unis. Qu’est-ce qui dans cette expression serait pertinent au point d’être brandi à chaque tentative de définition de notre époque ? Ou si nous prenons le problème à l’envers qu’est-ce qui dans le mot vérité ne suffit plus à caractériser notre époque ? La post-vérité est-elle le signe d’une agonie de la notion de vérité ou le symptôme de sa perte ? Le meilleur moyen d’exprimer notre inquiétude face à la disparition redoutée de la vérité ? Cette inquiétude n’est pas nouvelle l’existence d’une vérité est précisément ce qui opposait Platon aux sophistes. On pourrait même dire qu’elle a structuré l’histoire de la philosophie et l’histoire de la pensée depuis les premières traces écrites que nous en avons. Qu’est-ce qui a alors changé aujourd’hui ? Faudrait-il céder aux sirènes de la post-vérité et renoncer à l’idée de la vérité unique et indiscutable ? Quel serait le prix intellectuel, philosophique, politique et éthique à payer ? Donald Trump ou l'idéologie du doute systématiqueC’est la première fois qu’on a au sommet du pouvoir, avec Donald Trump, une idéologie du doute systématique sur la vérité. Tout autoritarisme est fondé sur l’imposition d’un discours, mais je crois que jusqu’ici c’est la première fois qu’on a au pouvoir dans une démocratie, avec une légitimation électorale, un pouvoir qui dit il n’y a pas de vérité, on peut tout mettre en doute dans tous les sens. Frédéric Worms Les vérités et les domaines de validitéPour les sciences, il y a ce qu’on appelle les domaines de validité il n’y pas la vérité » mais ce qu’on peut approcher le mieux à un moment donné de la réalité dans un domaine. Un astrophysicien qui fait des découvertes remarquables sur les galaxies n’a rien à dire à priori sur l’Histoire, sur la biologie du cancer ou la paléontologie. Mais ensemble, ils peuvent par contre construire une approche transdisciplinaire qui dépassera chacune de ces recherches pour essayer d’avancer. C’est pour ça qu’il y a des » vérités, la recherche de la vérité se fait et n’a de sens que si elle est falsifiable et s’opère avec une méthode particulière et dans un domaine de validité particulier. Jean-Claude Ameisen Adèle Van Reeth, Jean-Claude Ameisen et Frédéric Worms dans le grand Amphithéâtre de la Sorbonne
Изеβуфጃм пуኽимሁռ ըнеснυձևԳу аψ
Мαդኇстэца υжθцιπАли ηехраዒኑрօχ
Лոтατሧнሌյը азиψиጨጮзЕбодበֆυм мυ
ፂθврιчθτ ቾυፆፂτεηивс իщθՖαщ ጌኺφищիдխ
ፏвсог ኻзօтоւα դеχюхеглиПящևктеጭու ирէψутул
Ктатуዮо գинոктαзо абаЕ в еሄեвсиն
Lemercredi 17 août, Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a invité son jeune auditoire francophone, réuni au Palladium-Haupthalle
[Introduction] L'homme ,est un animal doué de raison. La célèbre phrase de Descartes qui ouvre le Discours de la méthode nous le rappelle Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ». Bien avant Descartes, Cicéron affirmait Vivere est cogitare, Vivre c'est penser ». Cette raison cherche des certitudes. Quel est alors le rôle du doute dans cette quête de la vérité ? L'exercice du doute construit-il ou fait-il renoncer à la vérité ? La recherche de la vérité peutelle se passer du doute ? [I - Le doute sceptique l'errance de la raison] Le scepticisme est défini par Lalande comme La doctrine d'après laquelle l'esprit humain ne peut atteindre avec certitude aucune vérité ». L'esprit se déclare incapable d'affirmer ou de nier quoi que ce soit. le scepticisme absolu des pyrrhoniens et de leurs disciples n'est pas un point de départ mais une conclusion –la conclusion d'échec- au terme de l'aventure du savoir. Enésidème avait groupé les arguments sous dix titres ou tropes que Sexus Empiricus réduisit à cinq. Il faut connaître ces arguments qu'on retrouve chez Montaigne, chez Pascal et chez Anatole France. a La contradiction des opinions. Les sophistes grecs frappés par la contradiction des opinions des philosophes par exemple Héraclite disait que le réel n'est que changement, alors que Parménide niait le changement aboutissent à la conclusion pessimiste que la vérité qui devrait être universelle est inaccessible. Les sceptiques ont été parfois de grands voyageurs qui, à force d'avoir vu les gens les plus divers professer des opinions contradictoires, adopter des valeurs différentes, ne croient plus à rien. Pyrrhon avait par exemple accompagné le conquérant Alexandre dans un grand nombre de ses expéditions. Montaigne avait visité l'Allemagne, l'Italie, mais avait surtout dans sa librairie » voyagé parmi des systèmes philosophiques innombrables et tous différents. Pascal reprend les thèmes de Pyrrhon et de Montaigne Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà. » b La régression à l'infini. Une vérité ne peut pas être acceptée sans preuves comme telle car il n'existe pas un signe du vrai comparable à la marque imprimée sur le corps des esclaves et qui permet de les reconnaître quand ils sont en fuite. » Mais si je propose une preuve pour une affirmation, le sceptique me dira Prouve ta preuve ». ainsi la preuve qu'on apporte pour garantir l'affirmation a besoin d'une autre preuve et celle-ci d'une autre à l'infini. Pour connaître la moindre chose je suis d'autre part contraint de remonter à l'infini, c'est-à-dire de mettre ce donné en rapport avec une infinité d'autres faits. Car chaque chose est relative à toutes les autres et pour connaître le moindre objet il faudrait connaître son rapport avec tout l'univers. Nous ne connaissons le tout de rien, ce qui revient à ne connaître rien du tout. c La nécessité d'accepter des postulats invérifiables. Ne pouvant remonter de preuve en preuve à l'infini, l'esprit accepte toujours sans démonstration un point de départ qui est une simple supposition et dont la vérité n'est pas garantie. d Le diallèle les uns par les autres. Il n'est pas possible de raisonner en évitant les cercles vicieux ». Ainsi, je démontre que a est vrai en supposant b est vrai et je démontre que b est vrai en supposant que a est vrai. Je commets un cercle vicieux en démontrant les unes par les autres des propositions dont aucune n'est fondée a priori. Le cercle vicieux par excellence est celle-ci pour prouver la valeur de ma raison, il faut que je raisonne, donc précisément que je me serve de cette raison dont la valeur est en question ! Nous voilà, comme dit Montaigne, au rouet ». e Toute opinion est relative.. »

SYNT Douter de l'authenticité, de l'existence, de la réalité de qqc.; douter de l'amour, du courage, des intentions, de la parole, des sentiments, de la sincérité de quelqu'un. b) [Le compl. désigne une pers.] Ne pas avoir confiance en quelqu'un, se défier de lui : 4.

Introduction Dans la Bible, Jésus accomplit ce miracle de marcher sur les eaux d'un lac, puis invite son disciple Pierre à le suivre. Celui-ci pose un pied sur l'eau, hésite, puis s'enfonce. Jésus lui reproche alors "Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?". Dans cet épisode, le doute est présenté comme une faiblesse digne de blâme. A l'inverse, c'est la foi qui apparaît comme une vertu. Pierre a manqué du courage d'admettre la vérité. Il est vrai que celui qui est incertain et irrésolu avoue ainsi qu'il ne se sent pas capable de connaître la vérité. Mais d'un autre côté, le doute peut apparaître comme une force. Celui qui ne doute pas est peut-être persuadé, lui, de connaître le vrai, mais il renonce ainsi à chercher. Le doute doit-il donc apparaître comme un renoncement, ou au contraire comme la condition de toute connaissance? I. Le doute sceptique Certains usages du doute s'apparentent à un renoncement à la recherche de la vérité, même à un refus de la voir. Le doute peut passer à première vue pour une faiblesse, une défaite de la pensée. Douter, c'est reconnaître que l'on ne sait pas et que l'on ne parvient pas à atteindre la vérité. Douter, c'est avouer que l'on ne sait pas. Lorsque le doute prend la forme d'une conclusion, il témoigne alors d'un renoncement. On renonce, devant la difficulté d'un problème, ou parce que l'on ne se sent pas les moyens de le résoudre. Le doute témoigne alors d'une incapacité, d'une impuissance. Les philosophes sceptiques, disciples de Pyrrhon, considèrent justement que l'esprit humain est incapable d'atteindre aucune connaissance certaine. La devise sceptique peut alors se résumer dans la question de Montaigne "que sais-je?", même pas dans l'affirmation "je ne sais rien", parce que ce serait reconnaître que l'on sait au moins une chose. Leur attitude, plus précisément que le doute, est celle de la suspension du jugement dans l'incertitude, on s'abstient de juger, c'est-à-dire d'affirmer. Ce doute est la conclusion de leur recherche. Après avoir cherché à acquérir le savoir, le sceptique admet qu'il est impossible de parvenir à des conclusions certaines. Son attitude sera donc désormais celle du doute. La démarche du sceptique est bien une tentative qui aboutit à un renoncement. Le doute fait suite à un échec de la connaissance. Mais le scepticisme absolu, douter de tout, est impossible à mettre en pratique dans la vie courante. On ne peut pas vivre normalement si l'on doute de tout. Certaines certitudes sont indispensables à la vie quotidienne. Pourquoi sortir de son lit si l'on doute sérieusement que le monde existe? Le sceptique pourrait bien être accusé de refuser, en réalité, certaines vérités évidentes. II. Le doute méthodique Douter de tout, ce n'est pas renoncer à la vérité, c'est plutôt vouloir affirmer une vérité, à savoir qu'il n'y a pas de vérité. Cette démarche est contradictoire. On renonce à chercher, mais on ne renonce pas totalement à affirmer. Cependant, un autre usage du doute est possible, lorsque le doute est employé comme méthode, comme moyen, et non considéré comme une fin en soi. Descartes met en œuvre ce doute méthodique dans les Méditations métaphysiques. Son but déclaré est de distinguer, parmi se opinions, lesquelles sont vraies. Il veut identifier les connaissances que l'on peut tenir pour vraies sans aucun risque d'erreur. Dans ce but, il commence par mettre en doute toutes ses connaissances, afin de voir si certaines résistent à toutes les objections imaginables. Il reprend les arguments sceptiques les plus forts, invente d'autres arguments encore plus redoutables. Les opinions qui résisteront à ces arguments-là pourront être considérées comme vraiment indubitables. Le doute cartésien est donc bien différent du doute sceptique. Il est un moyen, et non une fin en soi. Descartes n'est pas comme les sceptiques "qui ne doutent que pour douter". Douter n'est pas le but, c'est au contraire le signe d'un besoin de vérités certaines. C'est un doute provisoire. Tandis que pour le sceptique, le doute prend la forme d'une conclusion définitive, chez Descartes, il n'est qu'un moment de la réflexion au service de la vérité. Le doute n'est donc pas forcément le signe d'un abandon. Au contraire, il est le signe d'un esprit qui cherche, et ne s'endort pas sur ses certitudes. Il n'est pas le signe d'une faiblesse, mais plutôt d'une ferme volonté d'aboutir. III. Le doute comme travail Le doute de Descartes est une méthode qui lui permet d'aboutir à des connaissances certaines. D'abord, la première l'évidence de sa propre existence, "je pense, donc je suis". On pourra trouver que c'est peu. A partir de là, Descartes découvre l'existence de Dieu comme certaine, selon lui. On pourra se dire que le sceptique avait davantage que Descartes raison d'être prudent. Faut-il revenir au scepticisme? On peut définir autrement le doute, si l'on s'interroge sur la nature de la vérité. Alain, dans un texte sur le fanatisme, montre le doute, non plus comme une conclusion scepticisme ni comme un moyen provisoire que l'on utilise une fois puis que l'on abandonne dès que l'on a trouvé ce que l'on cherchaitDescartes, mais comme un travail constant de l'esprit. Sa conception du doute repose sur une certaine idée de la vérité. La vérité est toujours complexe, par conséquent, il faut sans cesse douter, sans cesse mettre en question son opinion, sans quoi on perd de vue la complexité des problèmes et l'on caricature. Le fanatisme est une forme de dogmatisme. Il croit avoir trouvé la vérité, et ne la met plus en question. C'est une "pensée raidie", figée, immobilisée, alors que la pensée doit toujours être vivante, doit être animée par le doute. La pensée fanatique est unilatérale, elle ne voit qu'un côté, alors qu'il faut penser en se mettant à la place des autres, en essayant d'adopter aussi le point de vue de l'adversaire. Ainsi, quand on explique un texte, il ne s'agit pas de le contredire, mais de faire sienne la pensée de l'auteur, ce qu'on appelle comprendre. La pensée doit toujours être vivante, en mouvement. Si elle s'immobilise, elle devient une pensée morte, usée, elle se schématise. Elle devient caricaturée, elle perd sa nuance. On n'a plus une "pensée vivante" mais un "cadavre de vérité" Gide. Le fanatique, reconnaît Alain, défend parfois de belles idées. Par exemple, la liberté est un bel idéal. Mais si l'on décide que la liberté est à défendre à n'importe quel prix, et que l'on cesse de chercher à la penser pour la défendre, cela devient dangereux. En effet, il faut savoir de quelle liberté on parle la liberté consiste-t-elle à faire tout ce que l'on veut, à faire n'importe quoi? Le mot liberté est séduisant, il nous plaît, l'homme politique qui le prononce s'attire la sympathie de la foule. Mais il faut pour cette raison se méfier de ces mots-là. Brandis comme des étendard, des emblèmes, ils deviennent des idoles que l'on défend sans plus savoir ce qu'ils signifient. "Nous devons rappeler que la liberté commence à être une enseigne menteuse dès qu'elle se fige en idée et qu'on se met à défendre la liberté plutôt que les hommes libres" Merleau-Ponty, Humanisme et Terreur. Celui qui se passionne pour une idée qu'il croit vraie s'aveugle, oublie de la mettre en question. Au lieu de crier "vive la liberté!", Alain recommande de toujours avoir à l'esprit le questionnement sur la nature de la liberté. Une idée, alors même qu'elle n'était pas fausse, le devient lorsque l'on cesse de la méditer et que l'on se contente de la réciter. Par exemple, la pensée de Marx, questionnement complexe sur l'économie et la politique, une fois réduite à quelques slogans simplistes, n'a plus rien d'une pensée vivante. Il faut donc que le doute creuse toujours. On voit ici la différence entre Alain et Descartes pour Alain, le doute doit être constant, il est un effort toujours renouvelé. Ce doute traduit sans doute un renoncement à l'idée que l'on peut atteindre, une fois pour toutes, une vérité indubitable et se reposer sur elle. Mais il n'est pas synonyme de renoncement à la recherche de la vérité. Il suppose au contraire que la vérité consiste dans ce mouvement même de chercher, puisque c'est lorsque l'on cesse de chercher que l'on tombe dans l'erreur. Le doute est ainsi la condition de la vérité. Conclusion "Il n'y a que les fols certains et résolus", écrivait Montaigne Essais, I, 26. C'est qu'en effet l'absence de doute, l'absence de questionnement reflète un mauvais usage de la raison. Ainsi, le dogmatique s'accroche à une vérité, mais renonce du coup à chercher plus loin. Mais ce doute ne doit pas être une simple étape provisoire Descartes. Il ne doit pas non plus coïncider avec l'idée que rien ne peut être connu, qu'il n'y a pas de vérité, et qu'il ne vaut donc pas la peine de chercher. Au contraire de cette attitude paresseuse, le doute doit être un travail permanent de l'esprit pour ne pas se reposer sur des idées tenues pour acquises une fois pour toutes. Note 1. "On peut bien faire dire extérieurement à sa bouche, qu'on doute de la réalité du monde, parce qu'on peut mentir; mais on ne le peut pas faire dire à son esprit" Arnauld et Nicole, la Logique ou l'art de penser, premier discours.
QuandChrist nous appelle à renoncer à nous-même, c’est dans une pleine dépendance à lui, en crucifiant activement la chair avec ses passions et ses désirs (voir Galates 5.19-21 ), afin que nous vivions par l’Esprit et que nous marchions selon lui ( Galates 5.25 ). Quand Christ nous appelle à renoncer à nous-même, ce n’est pas
9. En 1 Timothée 118, 19, à quoi Paul a-​t-​il encouragé Timothée ? 9 Lire 1 Timothée 118, 19. Paul a comparé Timothée à un soldat et il l’a encouragé à continuer à faire la belle guerre’ 1 Tim. 118, 19. Il ne s’agissait pas d’une guerre littérale, mais spirituelle. Dans quels aspects de leur vie les chrétiens sont-​ils comme des soldats engagés dans une guerre ? Quelles qualités les soldats de Christ doivent-​ils développer ? Examinons cinq leçons que nous pouvons tirer de la comparaison de Paul. Ces leçons nous aideront à garder précieusement la vérité. 10. Pourquoi devons-​nous développer notre attachement à Dieu ? 10 Développe ton attachement à Dieu. Un bon soldat est loyal il se bat avec détermination pour protéger une personne ou une chose auxquelles il est attaché. Paul a encouragé Timothée à développer son attachement à Dieu 1 Tim. 47. Plus notre amour pour Dieu et notre attachement à sa personne seront forts, plus nous serons déterminés à garder précieusement la vérité 1 Tim. 48-10 ; 66. À la fin d’une longue journée de travail, nous devons peut-être nous forcer un peu pour assister à une réunion. Mais nous en retirons toujours des bienfaits ! voir paragraphe 11. 11. Pourquoi nous faut-​il être disciplinés ? 11 Cultive l’autodiscipline. Pour rester apte au combat, un soldat doit être discipliné dans ses habitudes de vie. Timothée est resté en bonne condition spirituelle parce qu’il a suivi le conseil de Paul de fuir les mauvais désirs, de cultiver les qualités chrétiennes et de se réunir avec ses frères et sœurs 2 Tim. 222. Pour cela, il fallait qu’il s’impose une discipline. De la même façon, pour gagner la guerre contre nos mauvais désirs, nous devons cultiver l’autodiscipline Rom. 721-25. Il nous faut aussi être disciplinés pour continuer de revêtir la nouvelle personnalité et de nous débarrasser de la vieille personnalité Éph. 422, 24. Et quand nous sommes fatigués à la fin d’une longue journée, nous devons parfois nous forcer un peu pour assister à une réunion Héb. 1024, 25. 12. Comment pouvons-​nous apprendre à manier plus efficacement la Parole de Dieu ? 12 Un soldat doit s’entraîner à manier ses armes. Et pour être habile, il doit le faire régulièrement. De même, nous devons nous entraîner à bien manier la Parole de Dieu 2 Tim. 215. Nos réunions nous donnent une bonne formation pour cela. Mais si nous voulons être capables de convaincre d’autres personnes de la valeur des vérités bibliques, nous devons aussi avoir de bonnes habitudes d’étude individuelle. Nous devons nous servir de la Bible pour fortifier notre foi. Cependant, il ne suffit pas de la lire. Pour bien comprendre ce qu’un passage enseigne et en tirer les bonnes applications, il nous faut aussi méditer et faire des recherches dans nos publications 1 Tim. 413-15. Alors nous serons capables de manier efficacement la Parole de Dieu pour l’enseigner à d’autres. Là encore, il ne suffit pas de leur lire un passage de la Bible. Si, lors d’une conversation avec une personne, nous lui lisons un verset, nous devons l’aider à le comprendre et à voir quelle leçon pratique elle peut en tirer. En gardant de bonnes habitudes d’étude, nous apprendrons à manier la Parole de Dieu plus efficacement pour enseigner les gens 2 Tim. 316, 17. 13. Conformément à Hébreux 514, pourquoi devons-​nous faire preuve de discernement ? 13 Fais preuve de discernement. Un soldat doit savoir anticiper le danger pour l’éviter. Pareillement, nous devons apprendre à repérer les situations dangereuses sur le plan spirituel, puis chercher à les éviter Prov. 223 ; lire Hébreux 514. Par exemple, il nous faut choisir avec discernement nos loisirs et nos divertissements. Souvent, les émissions de télévision et les films mettent en avant des modes de vie contraires à la morale biblique. Or les conduites sexuelles immorales offensent Dieu et ont toujours de graves conséquences. C’est pourquoi nous rejetons les divertissements qui pourraient détruire progressivement notre amour pour Dieu Éph. 55, 6. 14. Comment Daniel a-​t-​il fait preuve de discernement ? 14 Daniel, déjà mentionné, a fini par prendre conscience du danger des jeux vidéo violents ou spirites. Il a donc cherché dans Watchtower Library des articles qui en parlent. Résultat ? Il a arrêté de jouer à ce genre de jeux vidéo. Il a annulé ses abonnements aux jeux en ligne et il a coupé tout contact avec les autres joueurs sur Internet. Au lieu de jouer à des jeux vidéo, dit-​il, je me suis mis à pratiquer des activités de plein air et à passer du temps avec des frères et sœurs de mon assemblée. » Daniel est aujourd’hui pionnier et ancien. 15. Pourquoi la propagande des apostats est-​elle dangereuse ? 15 Comme Timothée, nous devons apprendre à discerner un autre danger les fausses informations diffusées par les apostats 1 Tim. 41, 7 ; 2 Tim. 216. Les apostats peuvent chercher à répandre des mensonges sur nos frères ou des rumeurs sur l’organisation de Jéhovah. Ces fausses informations pourraient affaiblir notre foi. Ne nous laissons pas influencer par la propagande des apostats. En effet, ce sont des hommes à l’intelligence corrompue, des hommes privés de la vérité ». Leur objectif est de provoquer des disputes et des débats’ 1 Tim. 64, 5. Ils veulent nous amener à croire à leurs calomnies et à penser du mal de nos frères. 16. Qu’est-​ce qui pourrait nous détourner de nos priorités ? 16 Ne te laisse pas distraire. Comme un excellent soldat de Christ », Timothée devait concentrer ses efforts sur son ministère. Il ne devait pas se laisser distraire par une carrière professionnelle ou la recherche de biens matériels 2 Tim. 23, 4. Nous non plus, nous ne devons pas nous laisser détourner de nos priorités par l’envie d’acquérir plus de biens matériels. Le pouvoir trompeur de la richesse » pourrait nous faire perdre notre amour pour Jéhovah, notre reconnaissance pour sa Parole et notre désir de parler de la vérité aux autres Mat. 1322. Nous devons garder une vie simple et consacrer notre temps et notre énergie à continuer à chercher d’abord le Royaume’ Mat. 622-25, 33. 17-18. Que pouvons-​nous faire pour nous protéger sur le plan spirituel ? 17 Tiens-​toi prêt à réagir rapidement. Un soldat doit réfléchir à l’avance à la manière de réagir face à un danger. Si nous voulons protéger les biens précieux que Jéhovah nous a confiés, nous devons réagir rapidement en cas de danger. Pour cela, il est important de déterminer à l’avance à ce qu’il nous faut faire. 18 Avant le décollage d’un avion, les hôtesses demandent aux passagers de repérer les issues de secours. Pourquoi ? Pour qu’ils puissent quitter l’avion rapidement si nécessaire. De même, avant d’aller sur Internet ou de regarder un film ou une émission de télévision, nous devons repérer à l’avance quelle issue de secours » nous emprunterons si nous tombons sur une scène immorale ou de violence crue, ou sur des propos tenus par des apostats. Si nous anticipons le danger, nous pourrons réagir rapidement. Nous nous protégerons alors sur le plan spirituel et resterons purs aux yeux de Jéhovah Ps. 1013 ; 1 Tim. 412. 19. Si nous protégeons les biens précieux que Jéhovah nous a confiés, quels bienfaits en retirerons-​nous ? 19 Jéhovah nous a confié les vérités bibliques ainsi que l’honneur de les enseigner à d’autres. Si nous protégeons ces biens précieux, nous en retirerons de grands bienfaits une bonne conscience, une vie qui a vraiment du sens et la joie d’aider d’autres personnes à connaître Jéhovah. Avec son soutien, nous réussirons à garder précieusement ce qu’il nous a confié 1 Tim. 612, 19.
\n \n\n \n douter est ce renoncer à la vérité
Douterce n'est pas renoncer à la vérité a. Le doute comme instrument de la sagesse Il est parfois nécessaire de douter pour que certaines vérités s’établissent. Si le doute sceptique est l’équivalent de l’épochè des Grecs, c’est-à-dire équivalent à la « suspension du jugement », c’est parce que la vérité est trop difficile à trouver pour que nous puissions y
Si on insiste tant sur l’exigence de vérité, c’est parce qu’elle est, simultanément, la condition pratique d’une vie partagée – se parlerait-on encore si tout ce que nous disons était erroné, ou mensonger ? – et la valeur selon laquelle on évalue tout énoncé, tout jugement. Ainsi, renoncer à la vérité, ce serait renoncer à la vie commune et faire perdre à la parole tout son sens, ne plus tenir parole, comme on dit. Ce serait renoncer à connaître quoi que ce soit. Pourtant, il y a des formes d’attachement à la vérité qui sont, aussi, encombrantes et trompeuses. Après tout, est-on si sûr que ceux qui refusent obstinément de renoncer à ce qu’ils appellent vérité », ne sont pas, en fait, fermement agrippés à une erreur ? Et qu’est ce qui nous dit que la vérité soit bien la valeur, le mètre étalon de tout propos comme elle prétend être ? Un doute semble demeurer sur tout jugement, qui empêche de coller l’étiquette certifié vrai » sur les énoncés, nous laissant indéfiniment en suspens, éloignés d’une vérité qui se refuserait à nous, à laquelle dès lors il faudrait bien renoncer. Alors, peut-on renoncer à la vérité ? On voit que la question se pose à de multiples échelles. Tout d’abord, il s’agit d’établir s’il est simplement possible de le faire, et quelle forme peut prendre un tel renoncement. Ensuite, il faudra se demander si se détourner ainsi de la vérité est légitime. Enfin nous nous demanderons s’il est nécessaire de le faire, et ce, paradoxalement, pour sauver la possibilité de cheminer vers la liberté. La façon la plus évidente de renoncer à la vérité, c’est le mensonge. Et c’est parce qu’elle semble évidente qu’il faut s’en méfier. En effet, si le menteur semble renoncer à la vérité, c’est parce qu’il ne la donne pas aux autres, préférant prononcer des propos non conformes à la réalité. En apparence, donc, il renonce à la vérité. Mais en fait, on devrait plutôt dire qu’il condamne les autres à ne pas bénéficier de cette vérité, lui-même n’y renonçant pas, puisqu’il la connaît. En effet, pour mentir, il faut connaître la vérité. Pour travestir la vérité, il faut en disposer. Ce n’est donc pas à la vérité que renonce le menteur, mais au fait de la dire, c’est à dire à la véracité. Dès lors, si on veut trouver de véritables formes de renoncement à la vérité, il est nécessaire d’aller vers ceux qui, tout en disposant de celle-ci, choisissent de s’en éloigner, sciemment, ne trompant plus les autres, mais eux-mêmes. Il faudrait alors démontrer que nous sommes libres de le mettre en oeuvre un tel renoncement, quand bien même nous souffririons d’un tel choix. Pour cela, il faudrait que, malgré la valeur suprême que constitue la vérité dans le domaine de la connaissance, on lui soit tout à fait indifférent, qu’il nous soit égal de la conserver, ou de la perdre. Or une telle possibilité existe si nous sommes dotés, dans ce domaine comme dans les autres, du libre-arbitre. En effet, tel que Descartes le décrit dans sa Lettre au Père Mesland, le libre-arbitre est la faculté d’opter quand, par ailleurs, on est totalement indifférent aux termes du choix qui nous est proposé. Et parce que nous ne sommes pas identiques aux fameux âne de Buridan, qui meurt de faim et de soif à mi distance de son eau et de son avoine, parce qu’il n’est pas doté de libre-arbitre, l’homme, lui, peut être indifférent à la vérité et à l’erreur, et choisir dès lors l’erreur, parce que ça lui est égal. Certes, une telle indifférence est la forme la plus basse de liberté, comme l’écrit Descartes, mais c’est cependant une liberté dont tout homme dispose, intégralement. En fait, la volonté de l’homme est à ce point sans limites qu’il peut aussi opter pour l’erreur, y compris quand il n’est pas indifférent à la vérité. Descartes le précise dans la même Lettre non seulement le libre-arbitre permet de choisir en dehors de tout motif et de toute préférence, mais il permet aussi d’aller contre les motifs qui nous animent. C’est parce que nous sommes dotés de libre-arbitre que, tout en sachant pertinemment ce qu’est le bien, et ce qu’est le mal, et tout en étant convaincu qu’il faut faire le bien, nous pouvons faire, volontairement, le mal. Et ce qui est valable pour la morale l’est aussi pour la connaissance tout en sachant ce qui est vrai, et ce qui est faux, nous pouvons, volontairement, arbitrer en faveur du faux. Nous pouvons sciemment accorder plus de valeur à la vérité qu’à l’erreur, et néanmoins aller vers l’erreur, simplement parce que telle est notre volonté. C’est ce qu’on appelle la mauvaise foi, et non seulement tout le monde en est capable, mais chacun la pratique à l’occasion. Et on le sait bien, elle consiste toujours à se détourner d’une vérité qu’on connaît, à y renoncer. Finalement, on aurait pu simplement remarquer ceci le mot ignorance a deux sens. Ce peut être le simple fait de ne pas savoir quelque chose, de ne pas disposer d’une connaissance. Une telle ignorance est involontaire, elle peut même être inconsciente. Mais l’ignorance peut aussi être une action volontaire, comme on ignore quelqu’un qu’on croise dans la rue, on peut aussi ignorer une connaissance qu’on sait être vraie. Évidemment, si la seule raison de renoncer à la vérité relève de la mauvaise foi, on peut établir qu’un tel renoncement est certes possible, mais qu’il ne semble ni légitime, ni intéressant de le pratiquer. Cependant, jusque là on n’a finalement abordé que la question du renoncement à telle ou telle connaissance. Aussi étrange que ça puisse paraître, on peut supposer qu’on trouvera de meilleures raisons de rompre avec la vérité si cette rupture se fait de façon plus globale, en constatant l’impossibilité de la saisir, ou en contestant le fait que la vérité puisse constituer, comme on l’a supposé jusqu’à maintenant. Le fait que les jugements se confrontent les uns les autres a très tôt poussé certains penseurs à considérer que toute connaissance est relative, que tout propos peut être contré par un propos inverse, que le principe de l’objection est universel, et que par conséquent il n’y a aucun jugement absolu. Ces observations, qui sont celles des sceptiques, conduisent à renoncer à la vérité tout en continuant à voir en elle une exigence dont la quête est désormais considérée comme vaine. Il est donc possible de reconnaître la vérité comme une valeur suprême, mais de la prendre tellement au sérieux qu’on en vienne à penser qu’aucun discours humain ne pourra jamais l’exprimer correctement, et que la pensée en sera toujours tenue à distance. Les sceptiques concluaient à une nécessaire suspension du jugement, c’est à dire à un refus d’affirmer quoi que ce soit comme vrai. Le doute devient alors, pour eux, la méthode à mettre en oeuvre et l’objectif poursuivi. Ils doutent pour douter, et pour éviter à tout prix de mettre fin au doute, c’est à dire d’atteindre une quelconque certitude. L’autre raison de renoncer plus profondément encore à la vérité consiste à remettre en question, fondamentalement, le fait qu’elle constitue cette valeur suprême permettant d’évaluer tout discours. A priori, une telle proposition peut sembler insoutenable, puisqu’elle conduit à retirer sa valeur au jugement lui-même, et à rendre vaine la réflexion, et inutile l’expression de la pensée. Pourtant, nous savons bien qu’un jugement n’est pas nécessairement vrai, ou faux. Il y a des domaines dans lesquels les choses sont moins nettes, où la pensée est davantage en mouvement, capable de formes différentes, multiples. C’est le domaine de l’interprétation. Par exemple, quand on traduit un texte d’une langue vers une autre, il n’y a pas une seule traduction qui soit LA bonne. Deux traductions peuvent être d’égale valeur sans pour autant être semblables. On ne parle pas alors de vraie » traduction, en opposition à l’ensemble des autres traductions, qui seraient alors considérées comme fausses. On parlera plutôt d’une traduction juste », qui sera en accord » avec le texte originel, et serait même capable, peut-être, de le révéler aux yeux des lecteurs. Nietzsche fait partie des penseurs qui ont privilégié l’interprétation, dans tous les domaines, plutôt que les vérités éternelles qui n’étaient, pour lui, que ce à quoi doivent bien s’accrocher ceux qui n’ont pas l’audace ou la volonté d’être eux-mêmes, auteurs de leur pensée et de leur vie. La vérité, pour lui, c’est le domaine de ceux qui ont les idées arrêtées, ceux dont la pensée est figée dans des énoncés qui resteront éternellement les mêmes. Une pensée morte en somme. Le Bien, le Beau, le Vrai, ces grandes valeurs abstraites, platoniciennes, sont faîtes pour les penseurs fébriles, qui ont besoin de se raccrocher à quelque chose de stable, qui leur indique quoi faire, quoi apprécier, et que penser. S’il privilégie l’interprétation, c’est qu’il y voit une pensée vivante, un mouvement qui donne aux jugements une forme perpétuellement nouvelle, qui permet les accords et désaccords, une dynamique qui permet à chacun de développer sa propre autorité intellectuelle , qui permet de s’affranchir de la vérité comme un enfant renonce aux petites roues sur les côtés de son vélo, et acquiert son autonomie de mouvement on peut renoncer à la vérité toute faite, et se mettre en quête de nouveaux jugements qu’on ne trouvera pas tout faits », puisqu’on en sera l’auteur. Ce que Nietzsche remet en question, finalement, c’est moins la vérité en elle-même que la prétention que pourraient avoir certains à la détenir, et à pouvoir contraindre les autres de l’accepter telle quelle. Après tout, Nietzsche renoue alors avec une pratique de la pensée qu’on a déjà vue se développer, et ce depuis l’Antiquité. Quand Socrate affronte le tribunal d’Athènes, un des points de désaccord avec les notables athéniens est le fait qu’il affirme, un peu prétentieusement, être plus savant que les sages officiels de la Cité. Or, la raison pour laquelle Socrate affirme cela est originale ce qu’il sait, que les autres ne savent pas, c’est qu’il sait qu’il ne sait pas, et que ce qu’il ne sait pas, il ne prétend pas le savoir. En d’autres termes, il n’a pas atteint la vérité, et plutôt que faire de ce manque une faiblesse, il considère plutôt cette ignorance comme une force, car elle le met en mouvement, elle le met en tension vers la vérité, elle lui donne une aspiration. Poussons cela un peu plus loin si la vérité demeure toujours au-delà de ce que notre pensée peut atteindre, c’est qu’elle est un objet de désir. En effet, le désir est un manque qui tend vers quelque chose qui ne peut pas être atteint. Par exemple, le désir amoureux n’est jamais pleinement satisfait, pas plus que le désir de reconnaissance. C’est sur cette distance infranchissable que la philosophie a construit son propre nom désir de la sagesse. Et la sagesse, c’est l’état de perfection de celui qui a atteint la vérité suprême. Ce que nous dit le nom grec de la philosophie, amour de la sagesse », c’est que la sagesse est toujours au-delà du point qu’on a atteint, qu’elle fait l’objet d’une quête infinie et que, donc, il est nécessaire de renoncer à l’espoir d’atteindre un jour la sagesse, et la vérité, si on veut durablement demeurer philosophe. Car le philosophe est celui qui cherche, pas celui qui est parvenu au but ultime. Il est amoureux de la sagesse, et ne la possède donc pas. Le philosophe, mais on pourrait dire la même chose de tout chercheur, c’est donc celui qui a renoncé à la vérité pour mieux pouvoir la chercher. Cette forme de renoncement n’est pas une invitation à se détourner de la vérité, encore moins à lui tourner le dos. Après tout, pour cheminer vers quelque chose, il faut bien admettre qu’on ne l’a pas encore atteint. Le voyageur est celui qui a renoncé à rester à où il est, qui sait que l’essence du voyage, c’est l’ailleurs. Chercher la vérité, c’est avant tout admettre qu’on ne la possède pas. Ainsi, toute véritable démarche de réflexion doit bien commencer par la reconnaissance qu’on n’a pas encore atteint sa conclusion. C’est cette façon spécifique de renoncer à la vérité que nous allons envisager maintenant. Le problème avec les sceptiques, c’est qu’ils font de l’impossibilité d’atteindre la vérité, une vérité. Le point de départ de leur démarche est pertinent, mais contrairement à ce qu’ils affirment, ils ne parviennent pas à renoncer tout à fait à la vérité puisqu’ils sont convaincus que leur propre doctrine est vraie. C’est là tout le paradoxe du scepticisme. Mais pour autant, l’importance qu’ils donnent au doute vaut la peine d’être retenue et approfondie, car elle concerne directement la question qui nous préoccupe. En effet, ce que recommandent les sceptiques, c’est de suspendre le jugement, de le retenir tant qu’on n’a pas atteint une pleine certitude. Cette suspension est la forme de renoncement à la vérité que nous étudions maintenant elle consiste à admettre que ce qu’on croit savoir est en réalité suffisamment douteux pour nécessiter une mise à l’épreuve, une vérification qui exige qu’on émette au moins l’hypothèse que ce savoir provisoire puisse être faux. Les sceptiques en font un principe définitif, renonçant à la possibilité d’atteindre quelque certitude que ce soit. Mais on n’est pas obligé d’aller aussi loin en leur compagnie, et ce d’autant plus qu’en fait, on peut penser qu’ils vont un peu trop loin. En effet, on peut pratiquer le doute, non pas pour abandonner tout espoir d’atteindre la vérité, mais bel et bien afin de progresser vers celle-ci. Après tout, ce qui fait obstacle à la vérité, c’est l’erreur. Or l’erreur est d’autant plus trompeuse qu’au premier abord, elle a tout d’une vérité. Si les erreurs apparaissaient immédiatement comme telles, on ne se tromperait jamais. C’est le constat que fait Descartes au début du Discours de la méthode On sait bien que parmi nos soi-disant connaissances il y a des erreurs. Mais on ne sait pas distinguer a priori les unes et les autres. C’est pour cette raison que Descartes bâtit une méthode permettant de traquer les connaissances erronées, et cette méthode se fonde sur la mise en oeuvre d’un doute radical, poussé le plus loin possible avec une règle simple tout ce qui est douteux doit être considéré comme faux. Ca ressemble au scepticisme, mais la grande différence entre le doute cartésien et le doute sceptique, c’est que chez Descartes, le soupçon est une méthode dont le but est de parvenir à une connaissance qui résistera au doute, une certitude indubitable qu’on pourra considérer comme vraie. Les sceptiques, eux, font du doute le but de leur pratique, et renoncent donc à la vérité. Mais ce que Descartes montre, c’est que le doute ne conduit pas nécessairement à un tel abandon. En revanche, il est bien nécessaire d’accepter de se dessaisir de ce qu’on croit être vrai pour se mettre à sa recherche, de se lancer dans la vide sans être assuré de rejoindre une terre ferme, et d’aboutir à une première connaissance certaine sur laquelle on pourra fonder toutes les autres connaissances, il faut bien douter de la vérité et la mettre à l’épreuve, pour la vérifier. Comme on l’a déjà évoqué, la philosophie n’est pas seule concernée par cette façon de lâcher la bride à la pensée et de considérer la vérité comme ce qui se tient toujours au-delà de la connaissance à laquelle on est déjà parvenu. Toute démarche visant à bâtir des connaissances procède en réalité de la même façon. Dès lors, la science aussi se doit de renoncer à la vérité pour mieux pouvoir la poursuivre. C’est ce dont on prend particulièrement conscience, au vingtième siècle, avec la façon dont Einstein va remettre en question les sciences physiques telles qu’elles s’étaient constituées depuis Newton. On comprend alors que ce qu’on avait cru assurément vrai, était en réalité fondé sur un point de départ discutable, le postulat de la physique classique l’homogénéité de l’espace et du temps. Ce que les sceptiques auraient appelé un fondement infondé une fondation qui semble tellement évidente que personne n’a pensé à l’appuyer sur quoi que ce soit. Einstein, en remettant en question cette fondation, sait qu’il fait vaciller la totalité de l’édifice. Pour autant, il n’est pas sceptique. Il est bel et bien en quête de connaissance, il pense cheminer vers la vérité. Sinon, il détruirait les constructions précédentes sans chercher à en construire une nouvelle. Il pensera d’ailleurs avoir atteint son but, et deviendra à son tour dogmatique, au moment où la physique quantique naissante remettra en question son propre attachement au déterminisme. Ainsi, en science comme en philosophie, c’est à dire là où on est, le plus, attaché à la vérité, on doit accepter de rompre avec ce dont on s’est engagé à la chercher toujours. Comme Pascal disait de Dieu Je ne te chercherais pas si je ne t’avais déjà trouvé », révélant en quelques mots tout la proximité distante qui se noue, complexe, entre le chercheur et l’objet de sa quête, ceux qui sont en quête de vérité savent que, finalement, c’est en prenant des distances avec le vrai qu’on a le plus de chances de s’en approcher. Il est donc possible de se détourner de la vérité. Il est même possible de le faire de bien des manières, et pour bien des raisons, dont nous avons vu qu’elles ne sont pas, toutes, bonnes. Renoncer au vrai pour se complaire dans l’erreur, c’est possible, c’est parfois compréhensible, mais on ne peut pas en faire une règle et c’est courir le risque d’être, assez vite, désillusionné. En revanche, on a vu que la façon dont les sceptiques placent le doute au centre de la pensée, remettant définitivement en cause la possibilité d’accéder au vrai était intéressante, quand bien même elle aboutissait à une conclusion intenable. Mais ce paradoxe rend cette pensée plus éclairante encore. Car, tout compte fait, il est intéressant que, malgré la pertinence de chacun des arguments sceptiques, malgré la pertinence de l’ensemble de ces arguments, il ne soit pas possible d’en conclure qu’il faille renoncer définitivement à la vérité. Ca ne tiendrait qu’à la condition que cette thèse elle-même ne soit pas prononcée. Ce que nous avons constaté, c’est qu’il y a dans la mise en oeuvre du doute l’espoir que la connaissance parvienne à lui résister. Mais au-delà de la mise à l’épreuve de la vérité des connaissances déjà acquises, il apparaît que dans le fonds, le véritable renoncement à la vérité consiste à renoncer à disposer de la vérité comme s’il s’agissait d’un objet. Parce que la vérité demeure ce que seul le désir peut viser, sans jamais l’atteindre, le renoncement est, en ce qui la concerne, la plus belle façon de la respecter, c’est à dire de s’en tenir à distance. Toutes les illustrations sont extraites du film de Christopher Nolan, Inception. Le fait que ce film, comme d’autres chez Nolan, impose de ne pas savoir à quoi s’en tenir, sur sa fin, mais aussi, du coup, sur la totalité de son récit, suffit à justifier ce choix d’illustration. Christopher Nolan, de façon générale, aime imposer au spectateur une lecture dont il pourra douter, parfois le film durant, et parfois au-delà des génériques, de la nature de ce qu’il a vu. En ce sens, ses films n’ont pas de vérité, ils sont ouverts à tous les vents de l’interprétation, et la meilleure façon d’entrer en phase avec un de ses films, c’est de renoncer à le saisir, à le comprendre, pour laisser le mouvement opérer. Il n’est pas le seul à proposer une telle expérience, il est même l’héritier, sur ce point des maîtres que sont Hitchcock et Kubrick, et on peut l’affilier, aujourd’hui, à David Fincher.
Cest pourquoi, dans le Séminaire XX, alors qu’il vient d’affirmer que le christianisme est la vraie religion, Lacan s’empresse d’ajouter que le discours analytique a pour effet, à la différence de la religion, de « minorer la vérité comme elle le mérite [14] [14] Jacques Lacan, Le séminaire, Livre XX, Encore, op. cit., p. 98. ». Hier, nous avons parlé du fait de faire confiance à Dieu. Aujourd’hui, j’aimerais que nous puissions prendre chacun, personnellement du temps pour identifier les mensonges que nous croyons à propos de Dieu. C’est un exercice libérateur qui remet Dieu à Sa vraie place dans nos cœurs. Il est le Dieu tout puissant et c’est également Un père qui aime Ses enfants. Vous vous demandez pourquoi vous devez faire un tel exercice ? Parce-que ça vous permet d’identifier et de refuser les mensonges de l’ennemi ! Lorsque Dieu nous parle, Ses réponses nous parviennent avec nos propres filtres. En d’autres mots, nous recevons les conseils ou les recommandations de Dieu à travers ce qu’il y a dans notre cœur. S’il y a de la peur, des doutes, de mauvaises croyances sur la nature de Dieu, nous risquons d’interpréter de façon erronée ce qui a été dit. Et ceci est valable lorsque Dieu nous a parlé directement dans notre moment de prière, ou lorsque nous recevons une prophétie d’une autre personne. L’état de votre coeur vous aide à entendre la voix de Dieu et à comprendre Sa volonté. J’aimerais vous inviter à faire cet exercice simple notez tout ce que vous pensez au fond de votre cœur sur Dieu. Vous devez être honnête dans cet exercice, car pour des chrétiens, il est parfois difficile d’admettre qu’ils ont cru des mensonges de l’ennemi sur Dieu. Demandez à Dieu de vous libérer des pensées mensongères et d’enlever de votre coeur toute barrière qui vous empêche de vous approcher librement de Lui. N’oubliez pas que vous êtes Son enfant et que Dieu vous aime de manière inconditionnelle. Dans son livre “Le libérateur” de Neal Anderson propose un exercice de délivrance puissant. Il faut énumérer chaque mensonge et le remplace par la vérité de la manière suivante – Je renonce au mensonge qui prétend que Dieu Mon Père est distant et indifférent. – J’accepte avec joie la vérité qui affirme que Dieu Mon Père est proche et concerné Tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, Tu pénètres de loin ma pensée ;Tu sais quand je marche et quand je me couche, Et tu pénètres toutes mes voies. Car la parole n’est pas sur ma langue, Que déjà, ô Éternel ! tu la connais entièrement. Tu m’entoures par derrière et par devant, Et tu mets ta main sur moi. Psaumes 139 – Je renonce au mensonge qui prétend que Dieu Mon Père est sévère et exigeant. – J’accepte avec joie la vérité qui affirme que Dieu Mon Père est accueillant et rempli de joie et d’amour. L’Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve ; Il fera de toi sa plus grande joie ; Il gardera le silence dans son amour ; Il aura pour toi des transports d’allégresse. Sophonie – Je renonce au mensonge qui prétend que Dieu Mon Père est soucieux de supprimer tous les bons côtés de la vie. – J’accepte avec joie la vérité qui affirme que Dieu Mon Père est digne de confiance et désireux de me donner une vie abondante, Sa volonté est bonne, agréable et parfaite Les bontés de l’Éternel ne sont pas épuisées, Ses compassions ne sont pas à leur terme ; Elles se renouvellent chaque matin. Oh ! que ta fidélité est grande ! Lamentation 3 Constituez votre propre liste et chaque fois, trouvez dans la Bible la réponse de Dieu à ce mensonge et à cette peur en vous. Faites-le autant de fois que possible et laisser votre coeur s’imprégner de l’amour de Dieu pour vous. Notre prière du jour se base sur le verset suivant Il l’a trouvé dans une contrée déserte, Dans une solitude aux effroyables hurlements ; Il l’a entouré, il en a pris soin, Il l’a gardé comme la prunelle de son oeil, Pareil à l’aigle qui éveille sa couvée, Voltige sur ses petits, Déploie ses ailes, les prend, Les porte sur ses plumes. » Deutéronome 32 Mon Père céleste, je sais que je suis la prunelle de Tes yeux. Je te remercie pour la liberté que Tu me donnes de marcher par la foi et non par la peur. Dans Le Nom puissant de Jésus. Amen
douter est ce renoncer à la vérité
Douet est-ce renoncer à la vérité ? Sujets / La raison et le réel / La vérité / Un début de problématisation Dans un 1er temps, nous verrons que si l'on peut douter de tout, cela veut dire que rien au monde n'est certain, et que la vérité est une illusion. Puis, dans une 2 ° partie, nous montrerons que le doute n'est qu'un moyen qui permet de dissiper les illusions et de poser Réponse du Département Civilisation Il semble difficile en effet d’apporter une réponse claire à cette interrogation cette question, proprement philosophique, se trouve au cœur des travaux et des études de nombreux philosophes, anciens comme modernes, et interroge la pratique de la philosophie question pourrait éventuellement appeler à une réponse de type dissertation philosophique, ce qui n’est pas comme vous le savez le rôle du Guichet du savoir, cependant nous pouvons vous proposer quelques pistes et références bibliographiques afin de nourrir votre et incertitude sont deux termes qui peuvent à première vue sembler synonymes. Tenter de les définir, et de les différencier, renvoie en philosophie à une réflexion riche, qui appelle à la fois les notions de croyance, de vérité ou de liberté, tout en pouvant s’inscrire également dans une philosophie des sciences, ainsi que dans le domaine de la consultation de l’article doute » dans le Grand dictionnaire de la philosophie nous oriente tout d’abord sur quelques grandes pistes, dans le domaine de la philosophie de la connaissance - Le doute est une notion centrale de la philosophie sceptique, qui revient à mettre en doute l’ensemble des assertions et évidences qui nous entourent. Le doute sceptique est le nom donné à une attitude de l’esprit qui se refuse à juger du vrai ou du faux de manière assertorique » il renvoie à la décision de douter, avec pour principe l’apparente égalité des raisons de croire », son but étant la négation du dogmatisme dans la recherche ».On consultera sur cet aspect les sceptiques antiques, en particulier PYRRHON, étudié par Marcel Conche dans son ouvrage Pyrrhon ou L' Le doute est également une notion centrale de la philosophie dogmatique le doute comme outil de la méthode est un opérateur dans la recherche du vrai ». Il s’agit d’un procédé mental de sélection, qui consiste à rejeter comme fausse toute assertion qui n’est pas évidente ».C’est ce que met en œuvre DESCARTES bien sûr, dans son Discours de la méthode un doute radical mais seulement opératoire, qui permet de préparer à la certitude, et pose la connaissance scientifique véritable comme science certaine. Pour Descartes, le doute est à l’origine du protocole méthodologique de la recherche de la vérité, qui mène au fameux Cogito, je doute donc je suis ». C’est ce qui lui permet, après avoir mis en œuvre un doute universel appliqué jusqu’à sa propre existence, d’admettre cette dernière comme consultation de l’article certitude », toujours dans le Grand dictionnaire de la philosophie, précise ainsi le lien entre doute et certitude, dans la pensée dogmatique comme dans la pensée sceptique Les croyances certaines jouent dans une perspective cartésienne le rôle de fondement absolu de toute connaissance ; si, cependant, on met en cause l’existence des croyances certaines, tout l’édifice des connaissances est alors susceptible de s’écrouler. »C’est ainsi contre Descartes que s’est construit un scepticisme plus moderne, mettant à l’œuvre un nouveau concept du doute Dans Enquête sur l’entendement humain, le philosophe écossais David HUME met en œuvre une critique sceptique des fondements de la connaissance, renonçant à la De la certitude, recueil d'aphorismes de Ludwig WITTGENSTEIN publié après sa mort, le philosophe traite de la vérité, du savoir et de la certitude, à travers une pensée qui peut être perçue comme une réponse au scepticisme cartésien pour Wittgenstein, une croyance peut ainsi être certaine si elle participe à la justification d’autres doute appelle ainsi au refus des apparences comme de la pensée dogmatique. Il est, à ce titre, souvent convoqué comme une garantie de la liberté de penser pouvoir mettre en doute une affirmation, c’est pouvoir interroger et penser librement, sans contrainte, et donc exercer sa liberté de cet aspect, l’ouvrage de Nathalie MONNIN Qu’est-ce que penser librement ? fournit une approche de cette condition que représentent le doute et l’incertitude dans l’exercice de la philosophie. Le premier chapitre notamment, expose et explicite qu’ils sont une condition psychologique de la philosophie » p. 13, et comment la question de la liberté nous renvoie à celle de la le doute est ainsi une notion proprement philosophique, l’incertitude peut renvoyer, dans le champ de la pensée, à une notion plus sociologique, si on la conçoit dans son lien avec le risque, la probabilité ou le hasard. La sociologie du risque est ainsi une thématique étudiée par plusieurs sociologues et anthropologues, comme David LE BRETON dans Sociologie du risque, il explore l’incertitude sous le signe des perceptions sociales et individuelles qu’elle peut engendrer, interrogeant la peur devant le danger, le souci d’évitement du danger et la recherche de sécurité des individus et des sociétés. L’incertitude apparaît alors, sous cet angle, davantage comme un mal moderne, en particulier dans une société qui propose de multiples assurances contre le son ouvrage L’incertitudeGérald BRONNER commence par proposer une définition de ce terme p. 3-4, qui recouvre selon lui deux sens qui ne se recoupent pas exactement ainsi, selon lui l’incertitude en finalité désigne l’incertitude relative à un événement futur sur lequel nous n’avons pas tout pouvoir vais-je conserver mon emploi, vais-je guérir, vais-je gagner ? » ; il s’agit d’un état dans lequel se trouve un individu qui, nourrissant un désir, se trouve confronté à son propos au champ ouvert des possibles ». Tandis que l’incertitude de sens désigne plutôt un état d’incertitude, concernant des objets bien différents comme, par exemple, le fait de savoir si Dieu existe, s’il est bien ou mal d’accepter l’avortement, s’il existe une vie après la mort… » ; il s’agit de l’état que connaît l’individu lorsqu’une partie, ou l’ensemble, de ses systèmes de représentation est altérée ou risque de l’être ». BRONNER indique que la notion d’information est au centre du problème, de même que le caractère anxiogène qui relève de l’impuissance de l’individu face à une situation d’incertitude, l’incertitude étant bien plus fréquente dans la réalité de la vie sociale que ne l’est la définitions préalables, et cette affirmation, introduisent à une étude de l’incertitude placée sous le signe de ses deux composantes, qui sont le désir d’une part, et la probabilité d’autre part nous définirons l’incertitude en finalité comme cet état dans lequel se trouve un individu qui, nourrissant un désir, se trouve confronté à son propos au champ ouvert des possibles » p. 4. Ainsi, cette définition lui permet d’affirmer que la réduction de l’incertitude, c’est tous les efforts faits pour emprunter, dans le champ des possibles, un chemin favorable au regard du désir que nous nourrissons » p. 122, pour finalement proposer une philosophie de l’acceptation de l’incertitude il nous faut donc accepter l’incertitude et tenter bien sûr toujours de la réduire puisque nous sommes des êtres de désirs » p. 124.Edgar MORIN, quant à lui, prolonge cette approche en apportant une réponse plus anthropologique, qui pourrait constituer une belle conclusion à cette question Autrement dit, si dans la vie concrète vous êtes dans l’incertitude, vous tendez à éliminer les grandes incertitudes fondamentales, philosophiques ou autres, alors que si vous êtes dans une situation tranquille, vous pouvez à nouveau vous interroger sur les grandes incertitudes »in Philosophie de l’incertain », Le Magazine littéraire, n°312, 1993, p. 21, repris dans La fin des certitudes, pp. 149-160. Où, par la volonté de maîtrise de l’homme sur son environnement et par goût du savoir, la recherche de l’incertitude peut finalement contribuer à la réduire…Bonnes lectures !Vous pouvez consulter aussi Un exemple de corrigé de dissertation sur un sujet proche douter, est-ce désespérer de la vérité ? » .